‹ Élémens de chimie théorique et pratiqueChapitre 16 sur 56 · SIXIÈME LOI · texte numérisé non relu

SIXIÈME LOI

Deux : ou plusieurs Corps qui se soiit unis par V Attraction de composition , forment un être diffèrent par la saveur ? la couleur? V odeur > la forme ? la consistance ? etc.

La connaissance de cette loi , très remarquable en chimie , est infiniment précieuse aux pharmaciens, car souvent, de F union de deux corps innocens , il résulte un composé actif, vénéneux; comme aussi la combinaison de quelques substances inertes ou insipides , donne des produits spécifiques , et d’un effet très opposé à la nature des matières constituantes.

i°. Par la saveur, la combinaison de l’acide oxi-muriatique avec la potasse , donne un corps d’une saveur très caustique, et qui est un poison violent ; il résulte cependant de deux substances qui ne peuvent être préjudiciables à l’économie animale.

2°. Par la couleur , la combinaison de l’acide gallique avec le sulfate de fer , produit , comme on sait, l’encre; cependant ces corps sont transparens et peu colorés,

5°. Par l’odeur, l’acide muriatique, uni à

l'ammoniaque , donne naissance à un corps qui ne jouit d’aucune odeur marquée; cependant ilprovientde deux substances très pénétrantes.

Le mélange du soufre et de la potasse humectée , forme , au contraire , un corps d’une puanteur effroyable , quoiqu’il résulte de deux matières qui n’ont presque point d’odeur.

4°. Par la forme. Elle varie à l’infini , et dépend de la nature des corps qu’on a combinés , comme on peut s’en convaincre à l’égard de l’opération qu’on nomme cristallisa don des sels .

5°. Par la consistance. Elle est solide dans la combinaison de l’acide sulfurique concentré avec une solution concentrée de potasse; liquide dans l’amalgame en proportion convenable de bismuth et de mercure (i).

(i) D’après rénoncé de cette loi, cm voit combien était ridicule l’opinion des anciens, qui croyaient que les propriétés des corps étaient moyennes de celles des composants, et cpie Ton pouvait, à Faide de l’observation, deviner les vertus et les propriétés d’un composé par les qualités qu avaient les matières qui entrent dans sa composition. On sent combien cette erreur a dû être funeste aux progrès de la science, et combien la sagacité des chimistes modernes a dû s’exercer pour détruire cette vieille théorie, qui a été d’ailleurs préconisée par plusieurs chimistes recommandables , et notamment par le célèbre Stalh.

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