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CHAPITRE IL

Opérations préliminaires de la Chimie .

§. Ier-

De la Dissolution (i).

Q u’est-ce que la dissolution?

La dissolution est une opération par laquelle les parties d’un corps solide sont séparées

(1) Comme il est essentiel que les jeunes élèves auxquels nous consacrons spécialement notre ouvrage, aient des notions exactes sur les opérations primitives de la chimie qui se rapportent à l’analyse et à la synthèse, nous croyons qu’il est important , avant de procéder à l’examen des autres matières, d’exposer sommairement la théorie de celles qui offrent des applications multipliées j telles sont la dissolution , la précipitation , la sublimation, et la filtration. Plusieurs autres opérations de ce genre, que nous passons sous silence, présentent cependant le plus grand intérêt , et sont même d’une indispensable nécessité pour les commençans. Parmi cellesci, nous distinguerons, par exemple, la torréfaction, la fusion, la vitrification , l’incinération, l’évaporation, pour les opérations qu’on pratique à l’aide du feu 5 la lixiviation, la macération, l’infusion, la digestion, la décoction et l’extraction, pour celles qui s’opèrent par l’intermède de l’eau et des différens liquides. Quoi

DE CHIMIE. Oï

les unes des autres , et fondues dans un liquide.

Y a-t-il quelque différence entre la solution et la dissolution ?

Quelques chimistes distinguent encore ces deux opérations l une de l’autre ; ils considèrent la solution une opération mécanique , au moyen de laquelle les corps sont réduits en molécules extrêmement fines , sans changement de nature ; et la dissolution , une operation qui donne naissance à un compose qui diffère du corps dissolvant et du corps dissous» Ainsi , dans la solution , la cohésion du corps sur lequel on opère étant seulement vaincue par l’attraction du liquide , le résultat est un corps homogène. On peut se convaincre de cette vérité par une expérience fort simple. Si , dans une solution de sulfate de potasse dans l’alcohol , on verse de l’eau , le sel se précipite en raison de l’affinité de l’alcohol pour

qu’il en soit, toutes ces opérations, dont nous admettons l’extrême importance, n’ont pas été traitées en détail ici , parceque leur exposition aurait été en quelque sorte étrangère au but que nous nous sommes proposé, et que, d’ailleurs , on les Irouye on ne peut mieux définies dans les Elémens de Pharmacie de M. CarlonelL

N O U V E AU X U L E M ENS

l’eau plus grande qu’avec îe se]. Le précipité , recueilli et examiné , présente tous les caractères qui lui appartiennent ; on a même assuré que chacune de ses molécules avait la configuration naturelle au sel.

Quelles sont les conditions nécessaires pour que la dissolution ait lieu?

Il faut que les deux corps que l’on met en contact aient de 1 affinité entre eux; que l’un des deux soit liquide , et que le solide soit en petits fragmens , afin qu’il présente plus de surface; car on a remarqué que certains corps, indissolubles en masses , deviennent très solubles lorsqu on a multiplié leur point de contactj c esna-dire qu’on les a disgrégés , réduits en molécules fines (i).

Quels sont les phénomènes qui ont lieu pendant la dissolution ?

Les phénomènes qu’on remarque pendant la dissolution varient , et dépendent de la nature et de l’état des solides ou des liquides; c’est

(i) Les corps ne sont pas seulement liquéfiés dans les liquides par rapport au point de contact qu’ils présentent, mais encore par leur consistance plus ou moins solide. Ceux dont les molécules intégrantes sont peu rapprochées, ou sont déjà saturées d’une certaine quantité d eau, se dissolvent très facilement, en raison de leur peu de cohésion.

ainsi , par exemple , que , quand on met un métal dans un acide , il s’oxide d’abord , et ensuite se dissout ; mais il y a , pendant l’opération , un mouvement d’effervescence assez considérable; tandis que, "si ce métal a été primitivement oxidé , la dissolution a lieu beaucoup plus lentement , et sans effervescence apparente. L’effervescence qui se manifeste dans la dissolution des métaux , provient de l’absorption qu’ils font de l’oxigène qu’ils enlèvent à un principe qui prend la forme de fluide élastique , ou est le résultat de la décomposition partielle des acides , ou de l’eau qu’ils contiennent , et assez souvent aussi celui de la décomposition de l’un et de l’autre de ces deux liquides.

Quel est le mode d’agir des corps pendant la dissolution ?

Dans la dissolution , l’action combinante des corps est égale, et la distinction des anciens chimistes, en corps dissolvant et corps dissous , n’est pas exacte , parcequ’eile suppose dans le liquide une force, une puissance supérieure à celle qui existe dans l’agrégé solide; ce qui n’est certainement pas. Ainsi donc , dans toutes dissolutions, il n’y a pas plus d’efforts de la part du liquide que de la part du solide : la tendance à l’union est égale ?

réciproque ; et les expressions de co?ys actif et corps passif y doivent être bannies pour toujours du langage chimique (i).

Quels sont les principaux dissolvans (2) ?

(1) On a jusqu’à ce jour attribué la disgrégalîon des solides à la puissance dissolvante des liquides; mais c’est par erreur. Si l’on met sur un solide une petite quantité d’eau, l’attraction moléculaire ne sera pas détruite ; le liquide sera absorbé, et, par cela même, la disgrégation du solide plus prochaine ; mais sa puissance sera encore prédominante. Si l’on ajoute progressivement de nouvelles quantités d’eau , l’attraction des parties constitutives du solide sera de plus en plus diminuée , et , en ne mettant que les proportions d’eau convenables pour ne point détruire entièrement la force de cohésion , les corps prendront un état d’équilibre qui subsistera tant que les conditions propres à le maintenir ainsi ne seront point détruites, c’est-à-dire que la température, ou la quantité de liquide ne seront pas augmentées; car, alors , il en résulterait un autre état , et l’action du liquide vaincrait la puissance agrégative du solide.

Ce court exposé prouve qu’une petite quantité d’eau ajoutée sur un solide tend à en écarter les molécules , sans cependant les désunir entièrement ; qu’une plus grande quantité établit deux forées opposées, mais qui restent en équilibre jusqu’à ce que l’harmonie soit détruite; et, enfin, que le solide a autant de puissance que le liquide, et que ce 11’est que par une plus grande proportion de ce dernier, que sa disparution entière a lieu dans le liquide.

(2) iNous faisons observer que nous n’attachons d’autre

Ceux qui agissent avec le plus d’énergie soin le calorique et les acides; ces derniers ont particulièrement de l’action sur les substances terreuses, alcalines et métalliques , et forment des dissolutions qui , rapprochées , laissent déposer des sels. Les alcalis sont aussi des dissolvans puissans , qui ont particulièrement de l’action sur une infinité d’oxides. L’eau a été appelée par les anciens le dissolvant universel : elle a de l’action sur presque tous les corps de la nature; et sous ce rapport, elle est fréquemment employée dans les opérations du laboratoire.

L’énergie des liquides dissolvans est-elle la même à l’égard des différentes substances?

L’effet des corps dissolvans est plus ou moins énergique, et dépend de leurs attractions avec les matières à dissoudre ; de là viennent les opérations lentes que l’on remarque assez souvent. Dans ce cas , on augmente l’action d’un des corps parle calorique , comme quand on fait une dissolution de mercure dans l’acide nitrique , en l’exposant à l’action

signification au terme dissolvant , que celle de désigner le corps liquide, qui, comme nous l’avons déjà remarqué, ne doit plus être considéré comme }e seul agent qui donne lieu à la dissolution.

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du soleil ou d’une douce chaleur. Souvent aussi l’effet est plus ou moins actif, et dépendant de l’état où se trouvent les acides. On a remarqué que ceux qui sont très concentrés étaient inhabiles à opérer la dissolution des

métaux ; et que ceux qui , au contraire , contenaient une certaine quantité d’eau , les dissolvaient avec une très grande énergie.

Le mode d’agir des acides dans la dissolution, dépend encore de l’état de la substance sur laquelle l’action a lieu. C’est ainsi , par exemple , que , si l’on met en contact un acide et un alcali , après les avoir préalablement exposés , pendant un certain temps , dans de la trlace , la combinaison est très lente à se faire , parceque les corps sont au minimum de leur température ; mais que , si cette température , par une cause quelconque , se trouve élevée , les corps s’unissent, se pénètrent avec une très

grande facilité.

On observe encore que les combinaisons des oxides métalliques, dans l’opération, de la dissolution , ne sont susceptibles de s’effectuer qu’ autant qu’ils contiennent des proportions déterminées d’oxigène capables d’établir un état d’équilibre qui favorise l’union , de manière que l’absorption plus ou moins considérable de ce principe s’oppose à la combi-

naison, ou la favorise. C’est ainsi que les dissolutions métalliques , exposées au contact de l’air , perdent leur transparence , et laissent précipiter l’oxide qui était dissous , à mesure que celui-ci absorbe l’oxigène , et qu’il devient; au maximum. Il est des cas même où des oxides , dissous dans les acides , et privés du contact de l’air , s’en séparent sous la forme de précipité , par suite de la réaction que ces corps ont opérée sur les acides.

Comment concevez-vous l’action dissolvante des acides?

Les acides , ainsi que tous les liquides , n’agis- $entsurles solides quepareequ’ils ontbeaucoup d’affinité avec eux; qu’ils ont une grande tendance à se combiner, et à détruire la cohésion des corps. Il n’y a pas long-temps que cette opinion est admise. Les anciens ont cru que les acides étaient formés de petites pointes , et les corps à dissoudre remplis de pores , et que les pointes ou épées des premiers s’introduisaient dans les intervalles ou fourreaux dès seconds ; d’autres ont dit que les pores des acides étaient capables de recevoir, de nicher les molécules des corps ; et que c’était pour cette raison que ces liquides n’augmentaient pas de volume en raison des substances qu’ils di ssolvaient. Cette explication mécanique, aussi

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paradoxale que ridicule, est aujourd’hui généralement abandonnée.

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