ACCORD DES PARTICIPES
Participe présent : aimant, finissant, recevant, rendant.
Règle. Le participe présent ne varie jamais, c'est-à-dire qu'il ne prend ni genre, ni nombre.
EXEMPLES
Un homme lisant. I Une femme lisant.
Des hommes lisant. \ Des femmes lisant.
Remarque. Ce qu'on appelle gérondif, n'est
autre chose que le participe présent devant, lequel on met le mot en, comme : les jeunes gens se forment V esprit en Usant de bons livres (1).
Participe passé : aimé, fini, reçu, rendu.
Le participe passé s'accorde avec son nominatif, ou avec son régime.
Accord du participe passé avec son Nominatif.
Première règle. Le participe passé, quand il est accompagné du verbe auxiliaire être, s'accorde en genre et en nombre avec son nominatif ou sujet, c'est-à-dire que l'on ajoute e, si le sujet est féminin, et s, si le sujet est pluriel.
exemples.
Mon frère a été puni.
Mes frères ont été punis.
Mon frère est tombé.
Mes frères sont tombés.
Ma sœur a été punie.
Mes sœurs ont été punies (2).
Ma sœur est tombée.
Mes sœurs sont tombées,
Exception unique. Dans les temps composés des verbes réfléchis, le participe ne s'accorde pas avec son nominatif: on dit d'une femme : elle s'est mis cela dans la tête (et non pas mise) ; quelques païens se sont donné la mort (et non pas se sont donnés).
(1) il ne faut pas confondre avec le participe présent, certains adjectifs verbaux (c'est-à-dire qui viennent des verbes). On dit : un homme obligeant, une femme obligeante ; ce ne sont pas des participes, parce qu'ils n'ont pas de régime ; mais quand je dis : cette femme est d'un bon caractire, obligeant tout le monde quand elle le peut ; obligeant est ici participe, puisqu'il a le régime tout le monde.
(2) Le participe élé n'a ni féminin, ni pluriel, on dit elle a été, ih ont et,'.
Deuxième règle. Mais quand le participe passé est accompagné du verbe auxiliaire avoir, il ne s'accorde jamais avec son nominatif.
EXEMPLES
Mon père a écrit une lettre. j Ma mère a écrit une lettre. Mes frères ont écrit une lettre. \ Mes sœurs ont écrit une lettre.
(Le participe écrit ne change point, quoique le nominatif soit masculin ou féminin, singulier ou pluriel.)
Accord du participe passé avec le régime.
Première règle. Le participe passé s'accorde toujours avec son régime direct, quand ce régime est devant le participe.
EXEMPLES
La lettre que vous avez écrite, je l'ai lue. Les livres que j'avais prêles, on les a rendus. Quelle affaire avez-vous entreprise ?
Combien d'ennemis n'a-t-ïl pas vaincus ? Quand la race de Caïn se fut multipliée...
On voit que le régime mis devant le participe est ordinairement un des pronoms que, me, te, se, le, la, les, nous, vous, quels, (1).
(1) Autrefois on admettait deux exceptions 1 °. quand le nominatif est après le participe, comme : la leçon que vous ont donné vos maîtres; 2 ° . quand le participe est suivi d'un adjectif qui fait partie du régime ; comme : Adam et Eve que Dieu avait créé innocens. Mais c'est à tort : il faut dans le premier exemple donnée et dans le second créés. (Essai de Grammaire, par d'Oliyet).
Deuxième règle. Mais quand le régime n'est placé qu'après le participe, ce participe ne s'accorde pas avec son régime.
EXEMPLES
J'ai écrit une lettre. I Pai écrit des lettres,
Vous avez acheté un livre. j Vous avez acheté des livres.
(Ecrit, acheté ne changent pas quoique le régime soit singulier ou pluriel, masculin ou féminin, parce que ce régime est après le participe.)
Remarque. On dit sans faire accorder : les vertus que f ai entendu louer : les vices que f ai résolu d'éviter : que n'est pas ici le régime des participes entendu, résolu, mais des infinitifs suivans, louer, éviter. Pour connaître si le régime dépend du participe, il faut voir si l'on peut mettre ce régime immédiatement après le participe. On ne peut pas dire ici : fai entendu les vertus ; j'ai résolu les vices.