ENVOI
Pour faire plutôt mal que bien , Frère Lubiu le fera bien ; Mais si c*est quelque bonne affaire, Fère Lubin ne le peut faire.
Le temps de la galanterie fut celni de la ballade^ ainsi que de tous ces. petits poëmes qui composaient, nous dit M arot , le Bréviaire du temple de TAmour.
Ce sont rondeaux, htdlades, virelais.
Mots à plaisir, rimes et triolets , Lesquels Vénus apprend à retenir A un grand tas d'amoureux nouTelets , Pour mieux savoir dames entretenir.
La régularité sévère de ces petites pièces de poésie en a fait abandonner le genre , et c'est ce qui aurait dû le rendre intéressante
Le sentiment de la difficulté vaincue entre plus qu'on ne pense dans le plaisir que nous font les arts ; et lorsque cette difficulté n'est pas trop gênante, qu'il y a de l'adresse à la vaincre, et qu'il en résulte un agrément de plus; elle est précieuse à conserver. Cest peutêtre ce qui nous rend si chère l'habitude des vers rimes ; c'est aussi ce qui nous doit faire
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regretter ces petits'poëmes qui dans leur forme prescrite avaient de réléganoe et de la grâce ^ et dan^ lesquels la facilité unie à la contrainte était un objet de surprise , et par conséquent un plaisir de plus. Tels étaient le sQnnet, le rondeau , le virelai , le triolet , le chant , et labaliade.
Le sonnet est peut-être le cercle le plus par-' fait qu'on ait pu donner à une grande pensée , et la division la plus régulière que l'oreille ait pu lui prescrire. Le couplet ne peut guère avoir de plus jolie forme que celle du triolet. Le tour du rondeau et du virelai donne de ia saillie au badinage et à Tépigr^mme. La hallade , comme le chant /donne , par son refrain, de Télégance et de la grâce aux stances qui la composent. Chacun de ces petits poë-mes avait son caractère particulier et ses règles prescrites , c'est-à-dire des guides sûrs pour le talent et pour le goût.
Ce qu'on appelle au^oxïxdLYïm poésies fugifives n'a plus ni -forme ni dessein : elles sont libres^ mais trop libres. La facilité, que suit la négligence . en fait produire avec une abondance qui ajoute encore au dégoût de leur insipidité. Des hommes de génie , dont ces poésies légères sont les délassemens , y cxcellei'ont
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toiigours; Mais le génie estram; et k talent médiocre, qui aoeait peut-étse réossi à Inen tourner une ballade on un rondean, ne fera, dans un» pièce de vers Ubres, qif enfiler des rimes jeomnimtes et des idées pins communes encore y san^aueune peine, il est Vrai> mais aussi sans aucun mérite, ni du côté du goût, niducdté de l'art.
FIK DU TOME PItESnER.