MORALITÉS
Dans la moralité de V Homme juste et du mondain , un ange promenant une âme dans l'autre monde lui fait .voir Tenfer , dont Toîcî la description , un peu différente d« celle de l'Enëi^e et de la Henriade ;
JEq cette montagne et haut roc ,
Pendus au croc , Abbé y a', et moine en froc ; Empereur, roi , duc , comte et pape.
Bouteiiler , arec son broc ,
De joie a poc.
Laboureur aussi ô son soc ; Cardinal , évêque ô sa chape.
Nul d'eux jamais de là n'échappe.
Que ne les happe Le Diable , «tcc un ardent broc.
Mis ils sont en obscure trappe ,
Puis fort les frappe Le Diable , qui tous les attrappe
Avec sa rappe , Au feu les mettant en un bloc.
La moralité de Y Enfant ingrat devait être u^ excellent drame pour le temps. Il y a de rintérêt , de la conduite et une catastrophe qui devait faire «lors la plus terrible impression. Cet enfant, pour lequel ses père et mère se sont dépouillés de leurs biens , lès riecoit avec dureté , lorsque , réduits à Tindigence ,
. MORAI<IT£S. 3o5
'ils vealent recourir à lui, et les menace de les méconnaître 9'ils se présentent de nouveau.
Après les avoir chapes de chez lui , il se met à table , se fait apporter un pâté , et comme il est prêt à Fouvrir , ap« père , une seconde fQÎs , vient lui demander Taumôme. Ce fiis dénaturé le méconnaît et le chasse de sa maison. Le désespoir s'empare de l'âme du père; il sort et rend compte à sa femme 4u traitement qu'il a reçu. L'un e,t l'autre prononcent contre leur fils les plus terribles malédictions.
Le fils , après le départ du père , veut ouvrir le pâté , et à l'instant il en sort uii' crapaud qui s'élance sur lui et qui lui couvre le visage. Comme personne ne peut l'en détacher ^ on s'adresse au curé , à l'évèque , et enfin au pape ; et comme le coupable est vraiment repentant, le souverain pontife ordonne au crapaud de se détacher de sa face.
Le crapaud tombe, J'enfant ingrat recouvre l'usage de la parole , et accompagné de son beau-père , de sa femme , de ses amis et de ses domestiques , il va se jeter aux pieds de son père et de sa mère , et il en obtient son pardon. On voit , par cet exemple , que la moralité était une leçon de mœurs , comme
%eS MOITTEHSirf
son nom même l'annonce. Mais à la fin on * s'aperçut du ridictde des allégories qeà étaient en usage dans la momlité. Dans le prc^o^e d'Sugène , lodelle en fût sen^ Tabos .*
On mamlise un cMiseil, un «crifc.
Un ten\p$, un tont , une cbair^ un esprit.
Voyez ALLKGOmE.