‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 1 sur 81 · M. N.-E. HENRY · texte numérisé non relu

M. N.-E. HENRY

CHEF DE LÀ PHARMACIE CENTRALE DES HÔPITAUX ET HOSPICES CIVILS DE PARIS, EX-PROFESSEUR DE CHIMIE A L’ÉCOLE SPÉCIALE DE PHARMACIE, MEMBRE TITULAIRE DE l’aCADÉMIE ROYALE DE MÉDECINE, DE LA SOCIÉTÉ DE PHARMACIE, DE LA SOCIÉTÉ CENTRALE D’AGRICULTURE DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE, etc. , etc.

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INTRODUCTION

De toutes les parties de l'Histoire naturelle , la Minéralogie est sans contredit celle qui, par ses nombreuses applications dans les arts et l’économie domestique , mérite le plus de fixer l’attention des personnes même étrangères aux sciences; aussi depuis un demi-siècle compte-t-on une multitude d’auteurs qui ont tour à tour fait éprouver à cette science des accroissemens considérables. D’abord réduite à un petit nombre de faits mal connus , et entravée dans sa marche par une méthode empirique qui a retardé les progrès de toutes les sciences naturelles, elle s’est élevée peu à peu au rang des autres parties de ces connaissances humaines (la Botanique et la Zoologie) , depuis surtout qu’empruntant à la Géométrie et aux Mathématiques la précision des calculs, à la Chimie et à la Physique les lois qui régissent la nature et les propriétés de la matière, elle a marché, avec leur appui, d’un pas plus assuré et, pour ainsi dire, gigantesque. Nous ne chercherons pas à prouver combien son étude est nécessaire à celui qui s’occupe des sciences physiques et naturelles : assez d’autres avant nous ont fait ressortir son utilité dans des écrits remplis de justesse et d’éloquence ; nous dirons seulement qu’il n’est aucun des arts chimiques qui ne lui soit redevable de ses matières premières ou de ses instrumens ; que , sans le secours de son flambeau , l’homme serait encore privé de ces métaux précieux dont la cupidité s’est emparée, ou que le soin de sa conservation lui a appris à transformer en ustensiles et en armes, et qu’il fait servir ainsi tout-à-la-fois à l’entretien de sa vie et à sa destruction. Mais en Minéralogie, comme dans tout, l’art a précédé la

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science ; la pratique a été connue avant que la théorie ait e'tabli ses bases scientifiques. Déjà des applications multipliées avaient eu lieu , qu’on ignorait encore qu’elles se rattachaient à une branche des connaissances humaines ; déjà des corps nombreux et variés avaient été découverts , des faits particuliers et exacts établis avec habileté , qu’on se doutait à peine qu’ils pourraient un jour faire partie d’un corps de doctrine. C’est avec la lenteur des siècles que la Minéralogie est sortie du sein des ténèbres : ce n’est qu’au milieu du 17e siècle qu’011 a commencé à envisager l’ensemble des corps bruts cl’une manière un peu systématique , et c’est de cette époque seulement que le nom de règne minerai, fut affecté aux nombreuses substances privées de la vie , dont la terre est couverte ou qu’elle recèle dans ses entrailles.

Depuis cette époque, l’impulsion ayant été donnée aux sciences naturelles par un homme dont le génie embrassait la nature entière (*) , la Minéralogie a partagé avec la Zoologie et la Botanique , mais non avec le même avantage , le soin des hommes adonnés à l’étude des productions de notre globe. Une suite d’observateurs et de savans ont cherché à l’envi à étendre son domaine et à mieux faire connaître ses lois. Depuis Waliérius, qui, parmi les modernes, est un des premiers qui aient tenté de soumettre les minéraux à un arrangement méthodique, il a paru un grand nombre d’ouvrages qui ont tous servi, avec plus ou moins de succès , à propager le goût de cette science et à faciliter son étude. Il serait hors de propos de les énumérer tous , et d’ailleurs ce que nous pourrions dire n’ajouterait en rien à la réputation dont ils jouissent : nous n’indiquerons que ceux d’entre eux qui , dans ces derniers temps, ont le plus contribué aux progrès de la Minéralogie , tels sont ceux de Werncr, d’Haiiy, de MM. Brochant de Vil-

Liane.

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Tiers, Brongniart, Berzélius, Beudant, etc. Ces divers auteurs, mus par des idées différentes, ont, envisagé la Minéralogie sous des points de vue quelquefois très opposés, mais leurs efforts ont toujours été dirigés vers le même Lut, celui de mieux faire connaître les merveilleuses productions de la nature inorganique et de les présenter dans un ordre aussi scientifique que le permettait l’état actuel des connaissances. Tous ont rempli l’objet qu’ils s’étaient proposé, tous ont fait époque , tous sont encore et seront toujours les guides les plus fidèles et les plus profitables à suivre.

Mais, malgré tant de savans traités sur un sujet aussi bien connu que l’est actuellement la Minéralogie, on aurait peine à s’imaginer qu’il manquât un ouvrage, d’un ordre bien inférieur, il est vrai , à ceux que nous venons de mentionner, puisqu’il n’en doit être, pour ainsi dire, que le résumé, mais cependant d’une utilité réelle : nous voulons parler d’un ouvrage de Minéralogie élémentaire appliquée aux sciences chimiques. Ce livre , tel que nous nous en formons une idée , doit avoir pour but de présenter un exposé succinct des principales especes minérales , d’en faire connaître les propriétés caractéristiques, la manière d’être dans le sein de la terre ou à sa surface, de dire les moyens que l’on emploie pour les extraire de leurs mines , d’indiquer les procédés à l’aide desquels on les amène à l’état le plus propre à leurs usages dans les arts , la Médecine ou l’économie domestique; enfin , de rassembler en un seul corps d’ouvrage tout ce qu’il est important de savoir sur les corps inorganiques qui ont droit à notre étude , soit à cause de leur abondance dans la nature , soit à cause des services qu’ils nous rendent. Un pareil livre doit être entrepris particulièrement pour tous ceux qui s’occupent de Chimie , de Métallurgie , de Pharmacie , etc. , ou pour les personnes qui, étrangères aux sciences par leur position , veulent cependant prendre une idée de celles qui sont les plus

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éminemment utiles, ou r qui présentent le plus d’agrémens à l’esprit. S’il est fait d’après le plan que nous venons d’esquisser, il doit abréger singulièrement l’étude de la Minéralogie appliquée, puisqu’il évitera de longues et fastidieuses recherches. Nécessairement il ne pourra tenir lieu des ouvrages généraux de Minéralogie pure, mais, tout en faisant suffisamment connaître ce que ceux-ci renferment de plus essentiel , il aura sur eux l’avantage de présenter une masse de faits non moins nécessaires à savoir et dont ils ne pouvaient traiter, en raison même de leur nature. Parmi ceux que nous avons cités plus haut, un seul présente les conditions que nous venons d’établir pour un ouvrage de Minéralogie appliquée , c’est le savant traité de M. Brongniart. Mais depuis qu’il a paru des années se sont écoulées; il est toujours resté parfait (car un pareil ouvrage n’a rien à craindre du temps), mais les sciences chimiques ont été continuellement en augmentant, les procédés ont changé ou ont été améliorés, de nombreuses espèces ont été découvertes; en un mot, il est arrivé ce qui se présentera toujours pour les ouvrages de sciences, il ne se trouve plus en rapport avec les connaissances actuelles. 11 est vrai que de vastes dépôts de savoir se sont formés depuis; des encyclopédies périodiques, telles que le Dictionnaire des Sciences naturelles et de Technologie, ont paru, et jamais rien de plus complet n’a été offert, et avec plus de talent. Mais les élèves, dont le temps est si précieux , mais les amateurs, n’ont pas toujours le loisir ou la patience de compulser tant de volumineux ouvrages, en sorte qu’ils ne sont réservés qu’à une certaine classe, celle des savans et des hommes entièrement adonnés aux sciences.

Ce sont ces divers motifs qui nous ont enhardis à entreprendre le livre élémentaire que nous offrons, persuadés d’avance que nous ne pourrons avoir atteint le but que nous avons assigné nous-mêmes plus haut ; mais, déterminés par cette

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considération , qu’au moins notre livre permettra d’attendre un traite' parfait de Minéralogie appliquée. N’ayant pour tout mérite que la seule volonté de bien faire, et ne voulant élever en notre faveur que ce seul genre de recommandation, nous espérons qu’on ne verra dans notre essai qu’un motif d’utilité générale, et non l’envie de faire parler de nous; et d’ailleurs, pour dissiper tout doute sur ce point, nous avertissons d’avance que ce que la critique pourra trouver de bon dans notre ouvrage, nous le rapporterons aux maîtres qui nous ont servi de guides , et que ce qu’elle condamnera, nous le supporterons comme venant entièrement de nous. Cet ouvrage, en effet, ne nous appartient réellement pas; ce n’est qu’une suite d’extrails des meilleurs auteurs de notre époque : il n’y a que le plan que nous puissions revendiquer, et la coordonuation du sujet. Si la véracité et l’abnégation de tout amour-propre sont des titres capables d’inspirer l’intérêt et l’indulgence des lecteurs , nous croyons , par la déclaration que nous venons de faive, mériter ces deux genres de faveur, les seuls que nous ambitionnions.

Disons maintenant quelques mots de la marche que nous avons cru devoir suivre dans la disposition des matièi’es. Nous divisons l’ouvrage en quatre livres. Le premier renferme les prolégomènes de la Minéralogie. Là nous avons exposé avec le plus de clarté possible les caractères que présentent les minéraux à l’observation , caractères que nous avons distingués en physiques et chimiques. On verra que nous avons donné la prééminence à ces derniers , et en effet ils la méritent à plus d’un titre. Sans leur secours , il est impossible d’acquérir une idée précise des corps que l’on veut reconnaître : ils peuvent bien varier par quelques légères nuances, mais ils ne se perdent jamais. Il n’en est pas de même des caractères que l’on perçoit par l’action des sens, et qui ont été nommés, pour cette raison , caractères phvsiques. La cause la plus faible peul le*

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changer totalement , et d’ailleurs la manière de percevoir les sensations étant, pour ainsi dire, personnelle, il en résulte que leur emploi se trouve encore singulièrement restreint. La Chimie analytique, qui, dans les mains des savans de notre siècle , a acquis flans ses résultats une certitude que l’on pourrait appeler mathématique, a permis d’affecter aux diverses substances inorganiques des signes plus cons tans et d’une aussi facile vérification que les caractères physiques , en sorte que ce dernier avantage, que ceux-ci pouvaient revendiquer en leur faveur, a cessé enfin d’exister.

C’est encore par suite des progrès de la science de l’analyse que la composition chimique des corps a été mieux connue et soumise à des lois aussi simples que générales dans leur application. Nous avons tâché de donner une idée précise de ces lois lumineuses à l’aide desquelles on peut rapprocher les uns des autres, sans crainte d’errer, des corps qui, au premier abord, très différons, sont reconnus bientôt, parles caractères chimiques et leur composition , pour n’appartenir qu’à un seul groupe : tels sont les grenats, les amphiboles, les pyroxènes, etc. Le système atomistique, que nous avons développé d’après les principes si savans et si sages du célèbre Berzélius, a fourni les moyens d’arriver à de tels résultats. C’est surtout par ce côté que la Minéralogie est tellement liée maintenant à la Chimie , qu’on ne peut espérer de faire quelques pas fructueux dans la première de ces sciences sans posséder des connaissances assez étendues dans la seconde. C’est aussi ce que sent la presque universalité des naturalistes modernes , et l’impulsion communiquée par notre illustre Ilaiiy , répétée par le chef de l’école suédoise, s’est étendue sur tous les points du monde savant. C’est encore à M. Berzélius que nous avons emprunté les signes ingénieux à l’aide desquels on parvient à exprimer, avec quelques lettres majuscules , la composition des minéraux même les plus compliqués. Les for-

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mules qu’il a fait connaître nous ont exemptés de présenter avec détail les résultats fournis par la Chimie , et qui déterminent la nature des corps que l’on étudie. Nous avons, par ce moyen, ménagé bien du temps et beaucoup simplifié un sujet si important. On verra que nous n’avons fait que représenter par des signes la composition des substances inorganiques ; et nous prévenons que nous avons choisi les formules qui ont été présentées par les hommes les plus connus par leur exactitude et les plus propres à entraîner la conviction : c’est assez dire que ce sont celles de MM. Berzélius, Beudant, H. Rose , etc.

Mais ici nous croyons devoir répondre à une objection qu’on ne manquera pas de nous faire. Pourquoi employer des signes dont l’usage n’est pas encore bien répandu, et qui offrent une certaine difficulté à traduire en langage ordinaire? Pourquoi exiger par là une nouvelle étude qui peut paraître fastidieuse, lorsqu’à l’aide de la composition en chiffres, on pare à un pareil inconvénient? Notre réponse est toute faite à cette objection , plus spécieuse que fondée. L’utilité des formules chimiques ne sera véritablement sentie que par ceux-là mêmes qui auront essayé d’en faire usage , et nous ne balançons pas à dire que l’avantage qu’elles présentent est immense , si on le compare aux inconvéniens qu’elles entraînent. Et , pour fortifier cette assertion par un exemple , comment faire apercevoir les différences qui existent entre les nombreux silicates d’un même oxide, ou entre les divers oxides d’un même corps simple , lorsqu’on se borne à présenter seulement en poids le résultat de leurs analyses? Nécessairement l’esprit ne pourra saisir de suite les véritables rapports de composition que ces analyses sont destinées à faire connaître ; et ce n’est qu’aprcs les avoir discutées pendant fort long-temps qu’on parviendra peut-être a en déduire la composition exacte de ces corps , en supposant toutefois qu’on soit déjà assez versé dans la science de 1 analyse. Ces analyses en poids font bien voir que les coin-

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poses dont il s’agit sont des silicates ou des oxides diffe'rens les uns des autres, mais elles n’expriment nullement dans quels rapports leurs élémens sont combinés entre eux. Les formules chimiques, au contraire, basées sur le poids relatif des atomes, principe qui ne peut jamais varier, indiquent à l’instant même la nature des combinés , et désignent quels sont les corps que l’on doit considérer comme essentiels à la composition , et ceux qui ne sont qu’accidentels. Elles font connaître , en outre , la répartition exacte de ces élémens les uns avec les autres, en sorte que leur simple lecture apprend et la nature de leurs élémens et leur proportion respective. Il suffira de retenir une fois pour toutes les signes affectés à chaque corps simple , ce qui n’exige qu’un bien faible travail de mémoire , et la valeur que l’on est convenu d’affecter aux exposans en chiffres qui les précédent ou qui les suivent. Cette discussion , que nous ne faisons qu’effleurer maintenant, recevra de plus amples développemens dans le courant de l’ouvrage : nous avons voulu seulement exposer ici les motifs qui nous ont engagés à faire usage de signes abréviatifs si utiles. Revenons maintenant à notre premier sujet.

Le livre Ier est terminé par l’exposé des principes généraux de la classification , où nous avons cherché à établir d’une manière lucide et succincte ce que l’on doit entendre, en Minéralogie , par les mots individus , espèces, genres, familles et classes. Nous avons ensuite présenté une analyse rapide des divers systèmes ou méthodes suivis en Minéralogie, et discuté les raisons qui nous ont engagés à préférer celui que M. Berzélius a publié en 1819. Tout récemment , le même auteur a fait connaître un nouvel Essai de classification, établi sur un principe entièrement opposé à celui sur lequel repose son ancien Essai, guidé par des idées théoriques que les belles expériences de M. Mitscherlich , sur la substitution des bases entre elles, ou Y isomorphisme , lui ont suggérées. Il 11e nous appar-

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tient pas de juger les travaux d’un homme aussi profond; mais puisqu’il faut ([lie nous exposions les raisons qui nous ont déterminés à suivre l’un de ces systèmes plutôt que l’autre, nous dirons que , tout en reconnaissant que celui proposé en dernier lieu est peut-être plus en rapport avec les idées les plus généralement admises en ce moment, et par cela est plus scientifique que le premier, il nous a paru que celui-ci offrait plus d’avantage dans l’application à la pratique , et nous n’avons pas balancé un seul instant. Cherchant les moyens d’arriver à un but unique , la connaissance des espèces, il importe peu , au reste , d’adopter telle ou telle méthode ; seulement il est préférable de suivre la plus simple et la plus facile : c’est ce que nous avons fait.

Le second livre comprend la description des espèces minérales. On peut les diviser en deux groupes bien distincts, les espèces métalliques et les espèces pierreuses ou terreuses. Cette distinction grossière , empruntée pour un instant aux anciens ouvrages de Minéralogie, nous permet de démontrer l’importance de chacun de ces groupes. Le premier est, sans contredit, celui qui fournit le plus de corps usuels ; car il comprend les métaux anciens dont les arts réclament l’assistance, et la Médecine les propriétés curatives. Parmi les espèces terreuses, un petit nombre d’entre elles sont employées. Aussi avonsnous cru devoir traiter avec détail des substances métalliques, dont cependant nous avons omis des espèces de peu d’importance, et , au contraire , insisté beaucoup moins sur les substances non métalliques. Yoici l’ordre que nous avons adopté dans l’exposé des caractères des espèces : synonymie, caractères PHYSIQUES, CARACTÈRES CHIMIQUES et COMPOSITION; CARAC- TERES tirés de la Cristallographie , variétés déstructuré , caractères d’élimination, cisement, extraction ou préparation des corps composés fournis par les espèces décrites ;

USAGES DANS LES ARTS, LA MÉDECINE, LA PlIARMACIE , LES SCIENCES

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CHIMIQUES ET PHYSIQUES, l’ÉCONOMIE DOMESTIQUE, etc. ; OBSER- VATIONS particulières, et appendice, lorsqu’il s’en trouve. Quelquefois il nous est arrive' d’intervertir cet ordre pour la facilite' des descriptions, et rendre par cela même le style plus concis.

Le troisième livre est consacré à des notions générales de Géognosie , appliquées à la Minéralogie. Restreints par la nature de cet ouvrage , nous n’avons pu donner que des aperçus généraux sur les points principaux qui se rattachent immédiatement à notre sujet; ainsi nous avons exposé le tableau des principales roches, rangées d’après la même méthode que les espèces minérales, donné leur manière d’être dans la nature, ce qui constitue les couches, décrit la manière d’être de celles-ci ou les terrains , énuméré les clérangemens et accidens qui se présentent dans la stratification des terrains , tels que les amas, 'les fdons , etc.; enfin, nous avons terminé par l’âge relatif des terrains et leur structure extérieure. Peut-être aurions-nous dû placer ces élémens de Géognosie avant la description des espèces dont nous donnons le gisement immédiat, comme nousl’avons déjà dit, àlasuite deleurs caractères, ou , en suivant une marche opposée, aurions-nous dû rejeter tout ce que nous avons dit sur leur manière d’être par rapport aux corps qui les environnent , à la suite de la description des roches et des terrains. Pour justifier la distribution que nous avons crue la plus convenable, nous dirons seulement que , voulant donner un ouvrage à la fois commode et élémentaire , nous avons cherché autant que possible à éviter à nos lecteurs l’ennui de feuilleter les diverses parties des volumes pour compléter l’histoire générale d’une substance minérale : nous avons réuni en un seul groupe tout ce qui peut se lier à l’étude de chacune d’elles , en sorte que , par ce moyen , nous avons encore épargné une foule de redites. Que ceux qui n’ont aucune idée de Géologie commencent par lire le troisième livre ou nous en

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traitons ; lorsqu’ils auront acquis la connaissance des détails qui sont nécessaires pour bien entendre la description des espèces, qu’ils retournent à celles-ci; ils auront alors toutes les données propres à leur en faciliter l’étude.

Dans le quatrième livre , nous avons compris les détails relatifs à la Métallurgie et à la Docimasic. Savoir reconnaître à l’aide d’essais très simples et prompts la nature des minerais exploités en grand, et par cela même apprécier leur valeur intrinsèque , c’est un des points les plus importans de la Minéralogie appliquée aux travaux des mines. Nous avons cru indispensable de traiter avec quelque soin un sujet d’une application si utile , d’autant plus que les procédés que nous avons rapportés sont, grâce aux lumières fournies par la Chimie , d’une très facile exécution. Les essais docimastiques sont suivis des diverses préparations métallurgiques que l’on fait subir aux matières métallifères avant de les soumettre au. traitement direct des fourneaux ; elles ne sont pas d’une moindre importance que les premières , et souvent la réussite des opérations subséquentes tient à la manière plus ou moins fidèle et soignée dont on les a pratiquées. Dans le chapitre suivant , nous traitons des agens chimiques et des appareils employés pour obtenir les métaux réduits et convenablement appropriés aux besoins du commerce ; c’est bien certainement la partie la plus essentielle de la Métallurgie : ce que nous en disons sert comme de complément aux notions générales que nous avons cru devoir donner sur cette branche intéressante de la Minéralogie appliquée.

Enfin nous terminons l’ouvrage par un tableau des formes cristallines sous lesquelles se présentent les différentes substances artificielles employées dans les arts chimiques , et qui par conséquent ne se trouvent pas décrites dans le cours de l’ouvrage. Ce tableau sera, nous le pensons, d’un usage commode aux élèves en Pharmacie et en Médecine, qui trouve-

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ront réunis, sous un seul coup d’œil, des détails minutieux épars dans une foule de livres.

Ici se termine l’exposé du plan et de la distribution de l’ouvrage que nous offrons. Peut-être l’ordre que nous avons suivi paraîtra-t-il arbitraire , et peu en harmonie avec les matières diverses dont nous traitons; mais sans répéter les motifs qui nous ont fait agir, et que nous avons exposés plus haut , nous dirons qu’il est impossible d’en suivre un plus conforme à l’esprit de cet ouvrage élémentaire ; en effet, nous avons été toujours progressivement dans l’étude des diverses parties qui complètent le cercle des connaissances minéralogiques: ainsi, après la description des substances minérales simples , nous avons dû nécessairement placer celle des substances minérales mélangées ou roches, faire succéder à celles-ci les notions de Géognosie , qui ont pour objet de faire connaître la situation respective et des unes et des autres dans le sein de la terre : de là les terrains, les filons , etc. ; enfin , terminer par l’exposé des divers moyens que la Chimie procure pour arriver avec certitude à la connaissance des espèces simples , et les procédés qu’elle emploie pour les rendre propres aux nombreux usages auxquels l’industrie humaine est parvenue à les appliquer. Nécessairement ces diverses parties , à cause de la liaison intime qu’elles ont entre elles, ont dû empiéter fort souvent les unes sur les autres ; mais c’est la faute des choses, et non la nôtre. Il serait impossible, et même absurde , de vouloir y remédier; d’ailleurs toutes les redites auxquelles nous avons été forcés tournent encore à l’avantage des personnes qui nous liront ; car en présentant les faits sous plusieurs jours différens , elles les gravent bien plus sûrement dans la mémoire.

C’est le lieu d’indiquer les sources nombreuses où nous avons puisé la plus grande partie des matériaux qui ont servi à la rédaction de notre ouvrage. Nous n’avons eu d’autre me-

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rite que de présenter dans un ordre particulier les laits que nous avons empruntés pour la description des espèces aux savans ouvrages de MM. Haüy, Brochant de Villiers, Brongniart, Beudant, etc.; pour la disposition méthodique des espèces et leurs caractères chimiques, au Nouveau système de Minéralogie , de M. Berzélius , et à son traité sur Y Emploi du chalumeau. La Richesse minérale de Héron de V illefosse , la Minéralogie appliquée aux arts de M. Brard, nous ont servi pour les applications des minéraux aux usages de la vie, et leur valeur commerciale. Nous avons emprunté à la Géognosie de M. d’Àuhuisson de Voisins , aux savans articles de MM. de Humboldt et Brongniart , insérés dans le Dictionnaire des Sciences naturelles , à divers mémoires de M. Cordier, publiés dans le Journal de Physique les notions de Géologie que nous avons exposées. Pour les détails relatifs an traitement des métaux et aux essais docimastiques , nous avons eu recours aux articles de MM. Laugier et Gueny veau , si bien traités dans le Dictionnaire technologique et dans le Dictionnaire des Sciences naturelles . Enfin pour les préparations chimiques, et une foule d’autres détails trop longs à rapporter, nous nous sommes servis du Traité de Chimie de M. Thénard, des Annales de Chimie et de Physique, des Annales des Mines, où nous avons surtout mis à contribution les beaux travaux de MM. Berthier, Clievreul , Dufresnois, Laugier, Vauquelin, etc.

On voit , par cette liste des ouvrages que nous avons consultés, que nous n’avons rien négligé pour rendre notre livre aussi complet que possible. Nous ne croyons point avoir à redouter le blâme ou la critique, en avouant combien nous sommes redevables aux savans auteurs que nous venons de citer. Nous serions fiers d’être considérés comme leurs élèves ; et si notre faible production peut être de quelque utilité, c’est à eux que nous en rapporterons le mérite. Encore peu for-

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mes dans l’art d’écrire pour le public , nous avons sans doute laissé échapper bien des locutions qu’un goût sévère pourra rejeter, commis des négligences dans le style, des inexactitudes , ou omis des détails plus ou moins intéressans. Nous prions nos juges de traiter avec indulgence un ouvrage dont les auteurs n’ont été mus cjue par le seul motif d’être utiles, et qui , loin de compter sur les suffrages des savans , n’en attendent que les avis.

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TABLE DES MATIÈRES

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