Essai par la voie humide
Les essais par la voie humide ne conduisent pas à des résultats aussi prompts que les précédens , mais ils ont aussi pour eux d’être plus décisifs. Leur emploi exige des connaissances très étendues en Chimie, car ils mettent à contribution la plus grande partie des réactifs dont le chimiste fait usage pour ses analyses inorganiques. Ce sont, en effet, de véritables analyses, approximatives, il est vrai, mais souvent très minutieuses. Ces réflexions doivent déjà faire penser qu’il n’est pas de notre devoir d’entamer un sujet qui touche de si près à la Chimie expérimentale, et si nous entreprenions d’indiquer les réactifs nécessaires à la pratique du minéralogiste , nous ferions un véritable traité de Chimie. Nous nous bornerons à donner quelques principes généraux sur la manière de procéder à ce genre de recherches, en renvoyant, pour plus de détails , aux ouvrages de Chimie qui traitent plus particulièrement de la partie analytique. {V . le Ve vol. du Traité de Chimie de M. Thénard : le Traité, des Réactifs de MM. Payen et Chevallier. )
De même que dans les essais par la voie sèche, les quautUés de substances sur lesquelles on opère dans ceux - ci sont très faibles. C’est toujours après les avoir dissoutes dans un véhicule approprié, qu’on fait réagir sur elles les corps que 1 on croit susceptibles de déceler la nature de leurs coin— posans. Ces dissolutions s’opèrent dans un très petit malras , semblable à celui dont nous avons déjà parlé, et à l’aide de la chaleur procurée par la flamme d’une bougie ou d’une lampe à esprit-de-vin. Pour liltrei ces dissolutions , on se sert d
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très petits entonnoirs coniques. Ce n’est jamais que sur une ou deux gouttes de dissolution, étendues, s’il est nécessaire, de plusieurs gouttes d’eau distillée, que s’opèrent les précipitations parles divers réactifs. Le vase où l’on doit les faire est un verre de montre ou une plaque de verre. Nous croyons qu’il serait avantageux d’avoir, dans ce cas , des verres démontré ou des lames de verre colorées, par exemple, en bleu , car le précipité étant toujours en si faible proportion, lorsqu’il est blanc surtout, il est souvent difficile de l’apercevoir en regardant meme de très près, sur une lame de verre blanc, tandis que sur une lame de verre bleu , la coloration blanche du précipité apparaît très bien sur le fond du verre. Pour évaporer les dissolutions, on expose ces petits verres à la flamme de la lampe ou de la bougie , à l’aide d’un fil de fer à deux branches, oumieux d’un appareil fort simple. (PI. II, fig. 3A.) Quand les quantités de liqueur à évaporer sontplus considérables, on peut faire usage d’une petite capsule de platine ou de porcelaine, de la grandeur d’une pièce de cinq francs, et de quelques lignes de profondeur.
Toutes ces dispositions, en apparence si futiles, sont cependant nécessaires à la réussite de ces analyses en miniature. Nous avons dit que les corps devaient toujours être dissous ; on connaît trois moyens d’arriver à ce but : l’eau, les acides et les alcalis. Les minéraux qui se dissolvent dans l’eau sont en très petit nombre ; ce sont généralement des substances salines assez pures. On obtient, tantôt des dissolutions incolores, tantôt des dissolutions colorées. Les minéraux insolubles dans l’eau , mais attaquables par les acides, sont bien plus nombreux : on peut les partager en plusieurs groupes , d’après les phénomènes qu’ils présentent pendant la dissolution ; mais avant, disons que c’est ordinairement l’acide nitrique que l’on emploie de préférence, par la raison qu il donne toujours des sels solubles : i°. il y a des corps qui pro-
DK MINÉRALOGIE.
duisent une effervescence plus ou moins vive, à froid ou à chaud, due à un gaz incolore, acide et susceptible de précipiter l’eau de chaux : ce sont des carbonates ; 20. d’autres donnent lieu à un dégagement plus ou moins fort de vapeurs rutilantes ou de gaz nitreux , reconnaissable à son odeur : ce sont les métaux ou leurs alliages , les sulfures, les arséniures, quelques oxides peuoxigénés , et dans quelques circonstances, les bitumes, lesuccin, etc. ; 3°. il en est qui se dissolvent lentement dans l’acide nitrique, sans aucun dégagement sensible, mais qui, au bout de quelque temps , forment une gelée plus ou moins abondante. Ce caractère remarquable appartient , en général , aux hydrosilicates , et aussi à quelques silicates de diverses bases; mais pour qu’il se manifeste, il faut éviter que la proportion d’acide soit trop considérable par rapport à la niasse du corps mis en dissolution , et il est souvent a propos que ce corps soit réduit en poudre; 4°- enfin, certains minéraux se dissolvent lentement , sans émission de gaz, sans production de gelée ; ce sont quelques oxides, des sulfates, des phosphates, desarséniates, des chromâtes et des chlorures.
Lorsque les substances que l’on veut essayer ne sont pas attaquables par l’eau et les acides, on a recours aux alcalis , aidés de la chaleur, pour en opérer la dissolution. C’est presque toujours le carbonate de soude dont on fait usage. Ce sel agit de deux manières différentes : ou il divise simplement le corps , et le rend ainsi susceptible cl’être dissous par les acides, ou il le décompose et le transforme en sel soluble ou en sel insoluble , mais plus attaquable que le corps par un acide. Pour obtenir ce dernier effet, on broie parties égales de carbonate de soude et de ce corps , on place le mélange sur la feuille de platine dont les bords sont un peu relevés, et l’on chaufle au chalumeau. On traite ensuite par l’eau , qui dissout une partie du résidu, ou bien ne l’attaque en aucune manière : dans ce dernier cas, on le traite par l’acide hydrochlo-
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«que. Mais il peut arriver que le corps n’ait pas été attaqué suffisamment par le carbonate tic soude ; alors on ajoute de nouveau un peu de ce sel , et on chauffe fortement et pendant plus de temps que la première fois. On obtient une espèce de fritte qui se dissout en partie dans l’eau et en totalité dans un acide.
Nous venons de donner les moyens d’obtenir les corps en dissolution : il ne s’agit plus maintenant que de rechercher, à I aide des réactifs, la nature de ces liqueurs; mais nous nous arrêterons ici, le reste appartient entièrement à la Chimie ; ce que nous dirions sur ce sujet important serait trop incomplet , et alors ne remplirait pas le but que nous nous serions proposé; il vaut donc mieux ne pas 1 entreprendre, et, comme nous I avons déjà fait plus haut, renvoyer aux ouvrages qui traitent exprofesso de cette matière.
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