‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 22 sur 81 · SECONDE CLASSE · texte numérisé non relu

SECONDE CLASSE

Elle renferme les corps composés d’après le principe de la composition organique, c’est-à-dire dans lesquels les molécules composées du premier ordre contiennent plus de deux élémens.

1er genre. Corps provenant d'une décomposition plus ou moins lente de substances organiques.

Humus.

Tourbe.

Lignite.

2e genre. Corps résineux.

Ambre jaune ou succin.

Rotin-asphalte.

Bitume élastique.

3« genre. Substances liquides.

Naphte.

Petrolæum.

genre. Substances bitumineuses

Bitume mou Asphalte.

5* genre. Substances charbonnées .

Anthracite.

Houille ou charbon de terre.

6* genre. Sels.

Sulfate d’ammoniaque.

Muriate d’ammoniaque.

Mellatte d’alumine. (Mellite.)

Tel est l’exposé de la méthode de M. Berzélius. Nous l’avons, en général, conservée telle qu’il l’a donnée en 1819; nous n’y avons fait que de légères modifications, nécessitées par de nouvelles analyses qui ont changé la formule de composition de quelques espèces , et par l’intercallation de plusieurs substances découvertes postérieurement à son travail.

Tout récemment, M. Berzélius vient de modifier ses premières idées dans la nouvelle classification qu’il a publiée ( Ann . des Sciences naturelles, t. Y, p. 235, et Ann. de Chimie et de Physique , t. XXXI, p. 5.) Les changemens qu’il a apportés dans le système de Minéralogie chimique sont ceux qui doivent nécessairement résulter de la propriété que possèdent les corps isomorphes, de se remplacer mutuellement en proportions indéfinies. Nous avons déjà fait

con-

ÉLÉMENS

naître plus haut une partie des principes qui ont servi de hase à sa nouvelle méthode, principes puisés dans les belles recherches de M. Mitscherlich sur l’isomorphisme ; nous ne reviendrons pas sur ce sujet : nous nous contenterons de dire que M. Berzélius a disposé les minéraux , dans sa nouvelle classification, d’après le principe électro-négatif; disposition qui , selon lui , ale grand avantage de rompre beaucoup moins de rapports naturels entre les espèces, et de laisser subsister les analogies si marquées que la forme cristalline établit entre elles. Elle permet, en outre, de laisser ensemble , dans un même groupe toutes celles que les anciennes méthodes confondaient et identifiaient sous le même nom ; de rapprocher le plus qu’il est possible les espèces mélangées des espèces pures dont elles proviennent, enfin, de grouper naturellement l’une auprès de l’autre les combinaisons où les bases isomorphes se remplacent. Dans cette classification , lorsqu’elle est strictement suivie, les composés, surtout dans les grandes familles , se rangent d’une manière si frappante dans l’ordre de leurs caractères extérieurs, qu’ils n’auraient pu l’être mieux d’après le système de Werner, où cette analogie des caractères extérieurs était le principe dominant; circonstance , dit M. Berzélius, qui doit certainement favoriser beaucoup l’adoption de cette méthode.

M. Berzélius a conservé sa grande division en deux classes; celle des minéraux de composition inorganique, et celle de composition organique. La première comprend dix-huit familles qui se suivent, depuis la plus positive jusqu’à la plus négative, dans l’ordre suivant : fer, cuivre, bismuth, argent, mercure, palladium, platine, osmium, or, tellure, antimoine, arsenic, carbone, azote, sélénium, soufre, oxigène et chlore (*). Les

(*) L’iode venant d’étre découvert dans le règne minerai par M. à amjuelin , on doit le placer entre l’oxigène et le chlore.

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fouit premières ne se composent que d’une ou deux espèces; mais les suivantes en comprennent un grand nombre, et sous l’oxigène sont rangés tous les minéraux oxides. L’auteur n’a pas cru devoir subdiviser ces dix-liuit familles, et la distinction entre les corps oxidés et inoxidés s’ensuit d’elle-même. La seconde classe n’a éprouvé aucun changement. {Voir pour plus de détails, le Mémoire même de M. Berzélius, loc. cit.)

Si nous n’avons pas fait usage de cette classification, nous sommes loin cependant de regarder celle que nous avons suivie comme se rapprochant le plus de la vérité et plus conforme à l’esprit de la science. Nous pensons au contraire que, considérée sous le point de vue théorique , la nouvelle méthode est peutêtre le seul moyen d’arriver à une distribution naturelle des êtres inorganiques, un des buts principaux vers lesquels doivent tendre tous les efforts des minéralogistes, mais nous récusons qu’elle soit plus commode et plus avantageuse dans son application à la pratique. En effet, tandis que, dans la classification d’après l’élément positif, chaque métal proprement dit y compose une famille qui embrasse toutes ses combinaisons , ce qui permet de grouper autour de cette famille toutes les considérations géognostiques et métallurgiques qui s’y rattachent immédiatement, il faut renoncer à cet avantage immense dans la classification d’après l’élément négatif, car les diverses espèces d’un même métal se trouvent dispersées dans plusieurs familles. Notre ouvrage étant destiné à faciliter l’étude des minéraux , nous avons cru ne devoir rien négliger pour remplir ce but; et nous avons dû, guidés par de pareilles considérations , faire choix d’une méthode qui offrît le plus ces avantages auxquels nous pensons qu’il faut, dans un ouvrage élémentaire comme le nôtre, sacrifier en partie la philosophie de la science.

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