Tome î
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dégagement de gaz lorsqu’il a lieu , la même odeur et la même température. On sait que les grands froids, les grandes chaleurs , les grandes sécheresses et les pluies abondantes ont beaucoup d’influence sur les propriétés des eaux minérales ; mais les tremblemens de terre sont les causes qui modifient le plus essentiellement leur manière d’ètre. Ils les ont quelquefois fait disparaître entièrement, ou bien ils ont changé les eaux thermales en eaux froides ; mais souvent aussi ces altérations n’ont été que momentanées , et au bout de quelques semaines, de quelques jours , de quelques heures même, la source a repris son cours et sa température ordinaires.
IIe ORDRE. MK TAUX ÉLECTRO-NÉGA TIFS.
Comprenant les métaux dont les oxides, dans leur combinaison avec d’autres corps oxides, ont une plus grande tendance à jouer le rôle d’acide que celui de base salifiable.
Ire FAMILLE. ARSENIC.
124. Les minerais de cette famille sont très reconnaissables par l’odeur d’ail qu’ils donnent, soit par la combustion, soit par le traitement au feu avec la poussière de charbon. On ne pourrait les confondre qu’avec ceux de cobalt , qui présentent presque toujours le caractère que nous venons d’indiquer, mais ils s’en distinguent en ce qu’ils ne colorent aucunement le verre de borax , tandis que ces derniers le colorent en bleu.
Cette famille comprend quatre espèces qui toutes sont volatiles.
Ire ESPÈCE. ARSENIC NATIF.
i?.5. Caractères physiques. Ce minéral, très cassant, sonore, se laisse rayer par la chaux fluatée et entamer par le couteau. Sa couleur est le gris d’acier, mais bientôt sa surface se ternit
à l’air, et devient d’un noir grisâtre, qui est la couleur habituelle de ses morceaux. Dans sa cassure fraîche , il oiï're l’éclat métallique; sa raclure, qui présente le même éclat, est d’un gris bleuâtre, et sa poussière est d’un noir mat. Sa cassure est inégale , à petits grains; quelquefois elle est imparfaitement lamelle use. Sa pesanteur spécifique varie de 5,7 à 5, g.
Caractères chimiques. Traité au chalumeau , il se fond en dégageant une fumée blanche qui a une odeur d’ail ; il manifeste cette même odeur par le choc du briquet; il brûle avec une flamme bleuâtre, et se volatilise peu à peu en donnant des vapeurs d’acide arsenieux.
Composition. Corps simple. Son signe chimique est As. Il “ est que très rarement pur dans la nature; il renferme le plus souvent de l’argent, de l’antimoine, de l’or, du cobalt, etc., à l’état d’arseniures.
Caractères cristallographiques. On n’a point encore rencontré ce métal cristallisé régulièrement. Quelques auteurs admettent cependant , pour sa forme primitive , l'octaèdre à bases carrées. , L’arsenic fondu forme des masses qui paraissent composées d’aiguilles prismatiques , lamelleuses , dont la forme semble écarter l’idée de l’octaèdre.
7 arides de structure. Les variétés de structure les plus remarquables que présente l’arsenic natif, sont :
V arsenic concrétionnè ou tes lacé. Formé de lames convexes superposées comme les écailles d’une coquille. Il renferme souvent un noyau d’argent antimonié sulfuré.
L ai suuc bacillaire. Il est en prismes très déliés, réunis en rayons divergens.
L ai sente spéculaire. Formé de lames qui , malgré la facilite avec laquelle l’arsenic se ternit à l’air, conservent un certain éclat, même avec le contact de cet agent. Le plus souvent cette variété se trouve à la surface de schistes, sous forme de petites couches.
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L'arsenic granulaire ou globuliforme.
126. Gisement. L’arsenic natif ne se trouve jamais en liions particuliers, et il est presque toujours associe' à d’autres substances métalliques , surtout des terrains primordiaux , tels cpie le cuivre gris, l’argent antimoine sulfuré, le fer carbonate, le cobalt arsenical, le plomb sulfuré, etc. Généralement il accompagne les minerais de cobalt et ceux d’étain , parfois aussi les minerais de plomb. Ses principales gangues sont le quarz, la chaux carbonatée, le spath perlé et la baryte sulfatée. Quoique peu abondant dans la nature, il est encore assez commun dans les dépôts métallifères que nous venons de nommer, et surtout dans ceux qui se trouvent répandus en Bohème, en Saxe, en Souabe, au Hartz, en Hongrie, et en France, à Allemont , dans le Dauphiné, à Sainte-Marie-aux— Mines, dans les Vosges.
127. Usages. Les usages de l’arsenic sont peu étendus. Allié au platine , au cuivre et à l’étain , il sert à faire des miroirs de télescope. Fondu avec parties égales de cuivre, il constitue l’alliage connu sous le nom de cuivre blanc , dont on fabrique, en Allemagne, îles ustensiles et des objets d’agrément. Jusque dans ces derniers temps, on l’a employé pour fondre le platine et le mettre en lingots; mais on a reconnu que sa présence était inutile. Il forme la poudre aux mouches, et il jouit de la singulière propriété de rendre émétique l’eau que l’on a mise en contact avec lui.
2e ESPÈCE. ARSENIC SULFURÉ ROUGE.
(. Bisulfure d'arsenic , vulgairement réalgar.)
1 28. Caractères physiques . Ce sulfure , d’une couleur rouge orangée en masse , jaune orangée en poussière , est sans odeur, translucide, très fragile, et d’une dureté qui tient le milieu entre celle du gypse et celle du talc. Sa cassure est vitreuse et
conclioide, éclatante lorsqu'elle est fraîche; elle perd bientôt, sa transparence et se couvre d’une couche opaque. Le frottement lui communique l’électricité résineuse.
Sa pesanteur spécifique est de 3,3 à 3,6.
Caractères chimiques . Traité au chalumeau, il se fond aisément, brûle ensuite avec une flamme bleuâtre, en répandant une odeur mixte d’ail et d’acide sulfureux , et il se vaporise entièrement. 11 pe rd sa couleur dans l’acide nitrique, est: soluble dans l’ammoniaque , et réductible par la potasse caustique en matière d’un brun marron.
Composition. D’après l’analyse de M. Laugier, formé cl’un atome d’arsenic et de deux atomes de soufre = AsS2.
Caractères cristallographiques . Quoique peu abondans, ses cristaux , nettement conformés , sont communément des prismes tétraèdres, hexaèdres, octaèdres, décaèdres et dodécaèdres , terminés par des sommets à quatre faces , et dérivant tous d’un prisme rhomboidal oblique de i o5° 4 5* et 74° i5/, dont la base est inclinée sur les pans d’environ io4°- Cette forme primitive ne peut être obtenue par le clivage, et l’on y ramène difficilement les variétés de forme peu nombreuses que présente cette espèce.
T anélés de structure. Les variétés de structure les plus communes se réduisent aux suivantes :
Arsenic, sulfuré rouge bacillaire,
compacte , pulvérulent.
j?.g. Caractères d’élimination. Sa volatilité, l’odeur qu’il répand quand il brûle, sa densité plus faible et sa solubilité dans 1 ammoniaque le distinguent facilement de V argent rouge. et du plomb chromaté.
Gisement. {V. plus bas, i33.)
i 'O. Préparation. Comme le sullure rouge naturel n’est
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pas en assez grande abondance pour fournir aux arts la quantité qu’ils en réclament, on en fait artificiellement, mais le procédé que l’on suit n’est pas encore connu.
1 3 1 . Usages. Le réalgar , connu des Grecs sous le nom de vuviïcipÛKi] (ce qui répond à sandaraque) , est employé dans la peinture. Les Chinois, et d’autres peuples orientaux, forment, avec des morceaux volumineux, de petites pagodes et différens vases élégans dont ils se servent pour se purger en buvant le jus de citron et le vinaigre qu’ils y ont laissés séjourner. C’est un poison à l’intérieur, mais dans un bien moindre degré que l’oxide blanc d’arsenic, par la raison qu’il n’est pas soluble.
3e ESPÈCE. ARSENIC S U LF V RÉ JAUNE.
( Tri-sulfure d’arsenic, vulgairement orpin ou orpiment).
132. Caractères physiques. Ce sulfure est d’une couleur jaune-citron en masse , et sa poussière offre un jaune de diverses teintes; il est inodore, transparent ou translucide, tendre, et se laisse couper au couteau; il jouit d’une structure lamellaire dans un sens; réduit en lames minces, il est flexible, mais non élastique. Sa cassure est lamelleuse, à lames courbes , et offre un éclat souvent très vif, qui varie entre l’éclat demi-métallique et celui du diamant. Il s’électrise résineusement , comme le précédent , par le frottement.
Sa pesanteur spécifique est de 3,3 à 3,4-
Caractères chimiques . Il offre les mêmes caractères que le réalgar au chalumeau. Il fait effervescence avec l’acide nitrique chaud , et est réduit en matière brune par la potasse caustique.
Composition. D’après l’analyse de M. Laugier, formé d’un atome d’arsenic et trois atomes de soufre — AsS3.
Caractères cristallographiques . Cette espèce se rencontre rarement cristallisée , et dans ce cas les cristaux sont groupés ensemble si confusément , qu’à peine peut-on en déterminer
la forme. Ce sont, au reste, de très petits prismes, que quelques auteurs regardent comme analogues à ceux de l’espèce précédente, et qu’ils rapportent à un prisme rhombdidal oblique de i oo° et 8o° ?
Variétés de structure. On le trouve sous les variétés de structure suivantes :
Arsenic sulfuré jaune lamelleux ,
sublamelleux , granulaire , pulvérulent , compacte.
i32 bis. Caractères cV élimination. L’orpiment peut être confondu avec le soufre natif et le mica jaune; mais il est facile de les distinguer, en ce que le soufre n’a pas un tissu très sensiblement lamelleux , ni une surface d’un beau luisant comme le sulfure , qu’il ne répand point d’odeur d’ail comme celui-ci par l’action du feu , et qu’il s’enflamme par le simple contact avec un corps en ignition , ce que ne fait pas l’orpiment ; et en ce que le mica donne une poussière grise , se fond en émail sans répandre d’odeur , et acquiert l’électricité vitrée par le frottement, caractères entièrement opposés à ceux de l’arsenic sulfuré jaune.
i33. Gisement. Les deux espèces que nous venons de décrire se trouvant toujours ensemble, ce que nous allons dire s’applique à toutes les deux. Généralement elles sont peu abondamment répandues dans la nature; elles ont deux origines différentes, dont l’une, suivant M. Haüy , est due à l’action d’un liquide, et l’autre à celle de la chaleur. Selon les géologues, l’arsenic sulfuré qui a été produit par la voie humide appartient à deux sortes de terrains, distingués par les époques auxquelles répond leur formation ; le réalgar se trouve principalement dans les terrains primitifs, où il accom-
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pagne tantôt l’arsenic natif , tantôt divers autres minerais, et surtout le cuivre gris et le fer sulfure, engages dans la dolomie du Saint-Gothard. Quant à Y orpiment, sa formation paraît être plus moderne. On le rencontre dans des terrains intermediaires et secondaires, accompagne' presque toujours de quarz, d’argile et autres substances pierreuses.
Wittichen en Souabe , Kapnik en Hongrie, Joachimslhal en Bolième, Annaberg et Schneeberg en Saxe, Felsobanya et Nagyag en Transylvanie, Andreasberg au Harz, enfin la Chine et le Japon, sont les localités et les pays où se rencontrent ces sulfures ainsi disposés en filons.
L’arsenic sulfuré , dont l’origine est due à l’action de la chaleur, a été produit par la sublimation sous la forme de petits cristaux rouges , près des cratères des différons volcans , au Vésuve, à l’Etna , au Bungo, dans le Japon , et dans les produits des terrains anciennement volcanisés ou dans les solfatares, comme à Pouzzoles, près de Naples, et à la Guadeloupe.
Souvent les sulfures d’arsenic sont associés à l’antimoine sulfuré. On les trouve quelquefois disséminés dans Y obsidienne de l’Amérique méridionale.
i34- Préparation. Le sulfure jaune d’arsenic se prépare artificiellement pour les besoins des arts, principalement en Allemagne. L’opération s’exécute en chauffant une partie de soufre et deux parties d’oxide d’arsenic non purifié, dans des vases sublimatoires semblables, à peu de chose près, à ceux qui servent à la purification de Y arsenic blanc. A l’aide de la chaleur , une partie du soufre enlève l’oxigène à l’oxide, et passe à l’état d’acide sulfureux, tandis que l’autre portion s’unit au métal réduit et forme l’orpiment. Ainsi préparé, l’orpiment est en masses d’un jaune citron, pesantes, à cassure conchofde , demi-transparentes dans leurs lames minces Il est formé de beaucoup d’oxide d’arsenic uni à un peu de sulfure.
135. Usages. L’arsenic sulfuré jaune , surtout celui qui est naturel, est très employé dans la peinture, à cause de sa belle couleur d’or, et c’est delà que vient sans doute le nom à’auri-pigmenlum., qu’on lui adonné dans le commerce, et d’où est tiré celui d’orpiment. On l’emploie, conjointement avec la potasse , pour dissoudre l’indigo dans les manufactures de toiles peintes. Les Orientaux s’en servent comme d’un dépilatoire , et chez nous il est d’usage comme escharrotique ; mais en Médecine son emploi est singulièrement restreint, à cause des propriétés vénéneuses qu’il possède au même degré que le réalgar.
136. Annotations . M. TIauy , à l’exemple des autres minéralogistes, ne faisait qu’une seule espèce de l’arsenic sulfuré, et considérait comme des variétés de cette espèce , le réalgar et l’orpiment , produites par de simples différences dans l’état d’agrégation. Cette opinion, long-temps admise, et soutenue d’ailleurs par les travaux de Klaprotli , Proust et Thomson , a été complètement renversée par les belles analyses de M. Laugier, que les expériences de M. Berzélius n’ont fait que confirmer depuis, en sorte que maintenant il ne reste plus aucun doute sur la nature des deux sulfures d’arsenic.