ESPÈCE. BISMUTH CARBONATE
301. Cette espèce, encore peu connue, est en petites masses terreuses cpii font effervescence avec l’acide nitrique , et qui donnent une solution précipitant par l’eau.
Sa pesanteur spécifique est de 4)3 1.
Composition. Formée de 5 1 ,3o d’acide carbonique, et de 28,80 d’oxide de bismuth ; le reste , jusqu’à 100, est composé d’oxide de fer , de silice, d’alumine et d’eau. Sa formule chimique n’est pas connue.
Gisement. Elle a été annoncée, par M. William Gregor, comme venant de Sainte-Agnès, en Cornwal.
'Traitement métallurgique des minerais de bismuth.
302. Le bismuth étant très fusible et se rencontrant presque toujours à l’état natif, rien 11’est plus facile que le traitement de ses minerais.
Le plus souvent on se contente de concasser le minerai et de le mettre dans des creusets autour desquels on fait un feu de bois. Le métal ne tarde pas à fondre , et il se rassemble à la partie inférieure de ces vases. Lorsque la gangue est en grande quantité, ce qui arrive quelquefois , on ajoute une proportion convenable d’un fondant terreux et alcalin, afin d’en opérer complètement la séparation.
A Schnéeberg en Saxe , le procédé est un peu différent. Le minerai, qui est une mine de cobalt ou d’argent, contenant accidentellement du bismuth métallique, est placé par morceaux dans des tuyaux de fer de 1 décimètre de diamètre et de
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i4 décimètres de long. On dispose ces tuyaux en travers sur un fourneau , et on les incline légèrement. L’une de leurs extrémités est fermée par un couvercle en fer; l’autre, par laquelle doit s’écouler le bismuth , est en partie fermée par de l’argile dans laquelle on a ménagé une petite ouverture. On allume le feu dans le fourneau, et lorsque la température est suffisamment élevée ( 256° environ ) , le bismuth fond et vient se rendre dans un récipient de fer.
Quel que soit, au reste, le procédé d’exploitation suivi, le bismuth obtenu doit être tenu long-temps en fusion à une température modérée , pour lui faire perdre la majeure partie de l’arsenic qu’il contient presque toujours. Si l’on chauffait trop, le bismuth s’oxiderait , et se volatiliserait ensuite. Le meilleur moyen de reconnaître s’il en est totalement dépourvu, est de le traiter par l’acide nitrique ; il se dissoudra complètement s’il est pur; dans le cas contraire, il laissera déposer de l’arseniate de bismuth.
Les usages du bismuth sont très bornés ; aussi 11e s’en consomme-t-il guère en Europe que 100 quintaux par an, qui sont fournis presque entièrement par les mines de Schnéeberg en Saxe.
3o2 bis. La seule préparation un peu importante que fournisse le bismuth aux arts et à la Médecine, est le sous-nitrate, vulgairement blanc de fard, dont nous avons déjà dit quelques mots. Sa préparation est très simple; elle consiste à faire dissoudre le bismuth métallique dans de l’acide nitrique à 32°, et à verser la liqueur acide qui en résulte dans une grande quantité d’eau distillée : il se fait aussitôt un précipité blanc de sous-nitrate de bismuth qu’on recueille sur un filtre et qu’on lave à plusieurs reprises. On le fait ensuite sécher. Il reste dans la liqueur d’où s’est formé le précipité, du nitrate acide de bismuth qu’on peut utiliser dans une opération suivante. Le blanc de fard du commerce contient toujours une quantité variable
d’arseniate du bismuth provenant de ce que le me'tal employé retient constamment de l’arsenic, comme nous l’avons déjà dit. Ce mélange offre peu d’inconvéniens dans son emploi dans les arts; mais lorsque le sous-nitrate est destiné aux usages de la Médecine, il faut être plus scrupuleux sur le choix du bismuth ; ou si l’on ne peut se procurer de ce métal pur, il faut recueillir le nitrate acide de bismuth qui reste en dissolution dans les eaux de lavage de l’opération décrite ci-dessus , et le transformer en sous-nitrate à l’aide d’un alcali. Ce sel acide ne retenant aucune portion sensible d’arsenic (celui-ci étant entièrement transformé en arseniate de bismuth insoluble), le précipité blanc d’oxide de bismuth qu’il fournit est donc sensiblement pur.
VIIIe FAMILLE. ÉTAIN.
3o3. On peut considérer comme caractère distinctif des minerais d’étain, la propriété qu’ils possèdent de colorer le verre de borax en blanc opaque; mais ce caractère est le plus souvent impossible à observer, à cause de l’impureté de ces minerais. Le meilleur consiste alors à les griller , à les fondre sur le charbon avec le carbonate de soude, et à recueillir le bouton métallique. Celui-ci, repris et chauffé sur un charbon, donne une poudre blanche non volatile, et qui est contiguë au globule fondu. On peut aussi traiter le bouton métallique par de l’acide nitrique qui le convertit en oxide d’étain insoluble, que l’acide hydroclilorique peut dissoudre et que l’eau ne précipite pas de cette dernière dissolution, comme elle le fait pour l’antimoine.
Cette famille ne renferme, dans la méthode que nous suivons, qu’une seule espèce.
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