ESPÈCE. PLOMB SULFURE
{Bi-sulfure de plomb , vulgairement galène.)
3 1 3. Caractères physiques. Sa couleur est le gris de plomb , quelquefois irisé ; son éclat est métallique. La surface des cristaux est souvent éclatante, mais bien moins que la surface des lames de clivage ; dans tous les cas , il se ternit peu à peu au contact de l’air ; il est aigre , non malléable, assez dure ; il est facile à casser , et s’égrène quand on veut le rayer. Sa structure est éminemment laminaire.
Sa pesanteur spécifique est de 7,58.
Caractères chimiques. Traité au chalumeau , il décrépite, se fond très facilement, et se réduit sur le charbon, en répandant une odeur sulfureuse. Sa solution dans l’acide nitrique précipite en blanc par un sulfate (sulfate de plomb), et donne du plomb métallique sur une lame de zinc.
Composition. C’est un bi-sulfure dont la formule est — PbSV Renferme presque toujours de l’argent, du fer, du cuivre, d« l'antimoine , à l’état de sulfures
Caractères cristallographiques. Sa forme primitive est le cube. Le cli\age est pariait, et a lieu parallèlement aux faces du cube. Les cristaux se divisent aisément par la percussion en petits solides de cette forme.
Les variétés de forme sont simples et assez rares. Le cube et 1 octaèdie dominent, et sont modifiés de diverses manières. Ainsi on observe le cube tronqué sur ses arêtes, le cubo-octaèdre , l’octaèdre tronqué sur ses angles, ou portant un biseau sui ses ai êtes; un autre octaèdre présente un pointement à 4 faces sur chacun de ses angles, ce qui fait 24 faces , mais qui ne sont pas celles du trapézoèdre. Des cristaux cubiques tronqués sur les angles et passant à l’octaèdre offrent un allongement dans le sens d’un des trois axes du cube. On observe rarement le dodécaèdre rhomboïdal. La surface des cristaux est quelquefois arrondie irrégulièrement, et paraît avoir été fondue.
Ses variétés de structure sont aussi remarquables ; on distingue surtout
Le plomb sulfuré laminaire.
lamellaire • celui-ci est en petites lames ou écailles brillantes , et qui se croisent dans tous les sens.
compacte.
spéculaire ; il a pris naturellement le poli qui a converti sa surface en miroir.
globuleux ; il est en petites masses mamelonnées , avec cristaux saillans à la surface.
stalactitique ; il est fort rare.
pseudomorphique ; en prisme hexaèdre appai tenant au plomb phosphaté
ÉLÉMENS
ou au plomb carbonate, dans lesquels il y a eu substitution de soufre à l’acide phospho— rique ou carbonique et à l’oxigène.
Le plomb sulfuré incrustant ; il recouvre des cristaux de
chaux carbonatée ou fluate'e , qui quelquefois sont détruits, et ont laissé le sulfure en carcasse plus ou moins solide.
3 1 4 - Caractères d’élimination. On confond souvent le plomb sulfuré avec le zinc sulfuré (qui jouit du brillant métallique), le fer carburé et le molybdène sulfuré. On peut le distinguer du premier en ce que celui-ci offre une raclure terne , perd son éclat par la vapeur de l’haleine, et ne le reprend qu’au bout d’un très long temps ( le plomb sulfuré recouvre à l’instant le sien), et surtout en ce que sa dissolution dans l’acide nitrique ne précipite pas par un sulfate. 11 diffère du deuxième en ce qu’il n’a pas comme lui une surface grasse et onctueuse au toucher, et qu’il ne forme point de traces d’un gris métallique sur le papier; enfin , du troisième en ce qu’il n’offre pas non plus un toucher onctueux et une tachure noirâtre, ni un tissu feuilleté analogue à celui du talc lamellaire.
3 1 5. Gisement. La galène ne se trouve pas généralement dans les terrains les plus anciens et les plus nouveaux , mais son gîte principal est dans les terrains intermédiaires ou de transition.
I. Dans les terrains primitifs proprement dits, elle se rencontre dans les granités les plus modernes, le gneis, le micaschiste et les schistes argileux primitifs, le plus souvent en filons , quelquefois en amas avec la blende , la baryte sulfatée , la chaux fluatéc, le silex corné, etc. Elle est assez pure, presque toujours argentifère.
II. Dans les terrains de transition, elle existe en très grande quantité, mais rarement en filons, plus ordinairement en amas irréguliers, et quelquefois ellipsoïdes ou en couches. Tantôt elle paraît s’ètre déposée dans les cavités des roches , tantôt elle semble s’ètre déposée en même temps que les roches elles- mêmes, et se présente alors sous forme de nodules. Elle se rencontre dans deux espèces de roches , les psammites et le calcaire compacte noirâtre , qui termine cette période de formation.
III. Dans les assises inférieures des terrains secondaires , la galène , encore très abondante , est sous forme de petits amas, de dépôts ou de nodules. Enfin , on la retrouve dans les dépôts calcaires gris ou noirâtres nommés zechstein, qui recouvrent le grès liouiller ; elle est souvent accompagnée , dans ce cas , de débris organiques , de bitume , de baryte sulfatée , de fluor, etc.
Les associations les plus constantes du plomb sulfuré sont avec le zinc sulfuré surtout, qui en est presque inséparable , le zinc oxidé , le fer sulfuré , le cuivre pyriteux , le cuivre gris , l’argent rouge , etc. Quant aux substances pierreuses qui lui servent de gangues , elles ne sont pas moins variées ; ce sont le quarz, la baryte sulfatée , la chaux fluatée , la chaux carbonatéc, etc. (*)
(*' Il est h remarquer que la galène des terrains primitifs et de transition, composés de roches dures, quarzeuscs, felspatbiques , cristallisées, contient plus d’argent que la galène des terrains calcaires. M. Jameson a fait observer depuis long-temps que la galène des filons est plus riche en argent que celle des couches et des amas; et en effet la galène des premiers terrains est celle dont la disposition en vrais filons est le mieux caractérisée. On a observe en outre h la mine de Pontpeau en Bretagne, que le minerai de plomb était d’autant plus riche en argent, qu’il s’approfondissait davantage , et qu’il y avait une différence de 3i à 4-3 dans le produit d’une même quaulit de galène, prise à l’entrée du filon ou dans sa profondeur. (Brongnja.rt.)
FLÉMENS
Presque toutes les contrées renferment un nombre plus ou moins considérable de mines de plomb sulfuré. Ce minerai est extrêmement abondant en France , mais il y a peu d’usines en activité ; les seules exploitations qui fournissent quelques produits sont celles de Huelgoet et Poullaouan (Bretagne), de Villefort et Viallas (dans les Cévennes, Lozère), deVienne (Isère), de Saint-Julien-Molin-Molette (Loire), et quelques autres de peu d’importance. Dans les autres pays, parmi les mines exploitées, les plus remarquables sont celles de Pezey en Savoie ; celles de Bleyberg et de Willacli (Carintliie), les nombreuses mines du Hartz , et surtout les mines du Derbysliire en Angleterre. La galène se rencontre aussi en plus ou moins grande abondance dans différentes parties de l’Écosse , de la Saxe, de la Hongrie, dans la Silésie, la Pologne, les provinces prussiennes rhénanes, le Mexique, etc.
3i6. Usages. Le plus grand usage du plomb sulfuré est sans contredit de servir à l’extraction du plomb que le commerce consomme. Les potiers de terre l’emploient aussi , sous le nom d’ 'alquifoux , pour vernir leurs poteries grossières ; pour cela , après l’avoir réduit en poudre fine , ils en saupoudrent les diverses pièces , ordinairement après la cuisson , et les reportent ensuite au four ; par ce moyen , le soufre passe à l’état d’acide sulfureux qui se dégage, et le plomb à l’état d’oxide qui s’unit et se vitrifie avec la substance du vase. Mais ce vernis est très tendre , et a le grave inconvénient d’être facilement attaquable par les graisses et les acides, ce qui le rend fort malsain .
APPENDICE