I.Part. nommée dominante tonique
Ch.XII. iQ^ A.nfi ^ fons^ & ^ qui ne peu
vent fe fuccéder (^/t, j6\ ) dans une baffe diatonique , lorfqu'ils ne portent que les accords parfaits fa la ut, fol fi ré, peuvent fe fuccéder, fi on joint ré à l'harmonie du premier, &fak l'harmonie du fécond, & qu'on renverfe le premier accord, c'eft-à-dire , fi on donne aux deux accords cette forme , ré fa la ut, fol fi ré fa.
104. De plus, l'accord fa la ut ré pouvant fuccéder à l'accord parfait ut mi fol ut, il s'enfuit par les mêmes raifons ., que l'accord ut mi fol ut pourra être fuivi de ré fa la ut-, ce qui n'eft point contraire à ce que nous avons dit ci-deffus {Art. 3y.), que les fons ut ècré ne peuvent fe fuccéder diatoniquement dans la baffe fondamentale ; car dans l'endroit cité , nous fuppofions qu'a* & ré portaient l'un & l'autre l'accord parfait majeur ; au lieu que dans le cas préfent, ré porte la tierce mineure fa & de plus le ion ut , par lequel l'accord ré fa la ut eft lié avec celui qui le précède , ut mi fol ut , & dans lequel ut fe trouve. D'ail-
Théorique et pratique. 83
leurs cet accord ré fi la ùi n'en; proprement ,
que l'accord fa la ut ré renverîé, &, pourI,PART* . ainfi dire, déguifé. Ch.XII.
105. Cette manière de préfenter i'accord de la fous-dominante fous deux formes diffé* rentes, & de l'employer fous ces deux différentes formes , a été nommée par M. Rameau, double emploi ; c'eft la fource dune des plus belles variétés de l'harmonie ; & nous verrons dans le Chapitre fuivant les avantages oui en réfultent.
Au refte , le double emploi étant une efpece de licence, ne doit être employé qu'avec une forte de précaution : nous venons de voir que l'accord ré fa la ut confidéré comme renverfé de fa la ut ré, peut fuccéder à ut mi fol ut -y mais cela n'eft pas réciproque ; & quoique l'accord fa la ut ré puiffe être fuivi de l'accord ut mï fol ut, on n'efl pas en droit d'en conclure que l'accord ré fa la ut, confidéré comme renverfé de fa la ut ré, puiffe être fuivi de l'accord ut mi fol ut. On en dira la raifon au Chapitre XVI.