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CHAPITRE XXII

Que la mélodie naît de l'harmonie,

Î53. r P Out ce que nous avons dit ju£ -«- qu'ici efr. , ce me fembie , plus que fùmTant pour nous convaincre que la mélodie a ton principe dans l'harmonie -, Se que c'efl dans l'harmonie, exprimée ou fous-entendue, qu'on doit chercher les effets de la mélodie. 1 5 4. Si on en doutoit encore , il ne faudroit que faire attention à l'expérience première

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île ELEMENS DE MUSKIVE

{An. 19. ) , où l'on voit que le Ton principal effc •Part* toujours le plus grave, & que les fons aigus XXII. qu'il engendre font par rapport à lui ce que le deffus d'un chant eft par rapport à fa baffe.

1 5 5 . De plus , nous avons prouvé à l'occafiondela cadence rompue (Chap. XVII.) , que la différence des baffes produit des effets tout différens dans un chant qui d'ailleurs refte

le même.

1 56. En defire-t-on d'autres preuves ? Il n'y a qu'à examiner les différentes baffes qu'on peut donner à ce chant très-fimple ,fol ut ; on en trouvera un très-grand nombre , & chacune de ces baffes donnera un caraftere différent au chant fol ut , quoique ce chant demeure toujours le même ; de manière qu'on change toute la nature & tout l'effet d'un chant , en fe contentant de changer fa baffe fondamentale.

M. Rameau a fait voir dans fon Nouveau fyf lême de Mufique , Paris ijz<S , page 44 > <F«ï ce chant fol ut, peut avoir vingt baffes fondamentales différentes. Or une même baffe fondamentale , comme on le verra dans la féconde Partie , fournit plufieurs baffes conti-

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nues. Que de moyens par conféquent de va- ■ rier l'expreffion du même chant î Chap.

157. De ces différentes obfervations il ré- XXII. fuite, i°. qu'une mélodie agréable fuppofe naturellement une baffe bien chantante ; & que réciproquement , comme s'expriment les Mufkiens, une baffe bien chantante annonce pour l'ordinaire une agréable mélodie

2°. Que le caraclere d'une bonne harmonie eft de ne faire en quelque forte qu'un même corps avec le chant , enforte que l'oreille ne reçoive , pour ainn* dire , du tout enfemble qu'une imprefîion (impie & unique.

30. Qu'un même chant peut avoir des caractères différens, félon le caraclere de la baffe qu'on y joint.

Mais malgré cette dépendance où la mélodie eft de l'harmonie , & l'influence fenfibîe

( PP ) Auffi y a-t-il quelques Muficiens habiles , qui dans leurs comportions , à ce qu'on nous affure , commencent par écrire & arrêter la baffe. V. l'Encyclopédie, Tom. y : page Ci. Cependant cette méthode paroît en général plus propre à produire une Mufîque harmonieufe & favante , qu'une Mufique d'enthoufiafmç & de génie.

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ïî8 Elemensde MusïquS de l'harmonie fur la mélodie % il ne faut pas I.Part. cependant en conclure avec quelques Mufî- Xxïl ciens célèbres , que les effets de l'harmonie doivent être préférés à ceux de la mélodie. L'expérience prouve le contraire -, voyez à cette occafion l'écrit fur la liberté de la Mujï* que , imprimé dans le Tome IV. de mes Afêlanges de 'Littérature > page 448,

Remarque générale,

L'échelle diatonique ou gamme étant cornpofée de douze demi-tons, il eft vHible que chacun de ces demi-tons en particulier peut être le générateur d'un mode ; & qu'ainfi il y a vinp-t-quatre modes en tout , douze majeurs & douze mineurs. Nous avons pris le mode majeur d'ut pour repréfenter en général tous les modes majeurs , & le mode mineur de la pour repréfenter les mineurs, afin d'éviter l'embarras des diezes Se des bémols qui fe rencontrent en nombre plus ou moins grand dans les autres modes : mais les régies que nous avons données pour chaque mode font générales , quelque fon de la gamme que l'on prenne pour le générateur d'un mode.

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