DES SYMPTÔMES SECTION VII
Des Symptômes fournis par le sommeil.
Le sommeil, dans l’état de santé, a une durée à-peu-près uniforme chez chaque individu : il est tranquille et dissipe la fatigue du corps; dans l’état de maladie, il peut être prolongé , diminué, suspendu ou troublé de diverses manières, et ne point réparer les forces. |
IL est prolongé dans quelques maladies accompagnées d'une légère congestion cérébrale, diminué dans presque toutes les affections aiguës. La suspension complète du sommeil, l'insomnie où agrypnie (1) (insomnia , pervigilium ) peut avoir lieu dans un grand nombre de maladies et par des causes très-variées, telles que l'intensité des douleurs , les tintemens d’oreille et les bruits imaginaires , la difficulté de respirer, la fréquence de la toux et des excrétions , le besoin continuel de changer de position , l'agitation de l'esprit, les passions pro fondes ou vives, les paroxysmes nocturnes. Il peut être troublé par le cauchemar , les songes , etc. |
Lé cauchemar, incube ou éphialte (incubus(2), ephialtes (5), oncirodynia (4), consiste en un sentiment de suffocation qui survient pendant le
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(1) Aypzx, chasse; ürvos, sommeil.
(2) Incubus , de incumbere , se coucher dessus. (3) Eviakrne, de ép#llopu , je sante dessus.
(4) Oveupos , songe; 005, douleur.
DES SYMPTÔMES, CNET -sommeil, et produit, après une anxiété courte mais inexprimable, le réveil en sursaut et avec effroi. Il semble au malade qui éprouve ce symptôme qu'un poids énorme est placé sur sa poitrine , qu'un danger lé menace, qu'un fantôme le poursuit; 11 fait des efforts inutiles pour s’y soustraire et pour crier ; son corps ést souvent couvert de sueur lorsqu'il se réveille. C’est particulièrement dans l’hypochondrie et dans l'anévrysme du cœur qu'on observe ce symptôme : une digestion laborieuse y donne quelquefois lieu.
La plupart des médecins de l'antiquité ont mis une attention particulière à observer les songes ; ils étaient persuadés que pendant le sommeil, c'est-àdire au moment où aucune sensation extérieure ne distrait des sensations intérieures , la souffrance de l'organe affecté devait se faire sentir plus distinctement, et déterminer dans le sensorium commune une disposition à telle ou teile espèce de songes. Cette opinion est fondée à quelques égards. Dans les maladies accompagnées d’une grande gène de la respiration, Îles malades rêvent souvent qu'un poids considérable s'oppose à la dilatation de la poitrine. Galien parle d’un homme qui révait depuis quelque temps qu'une de ses jambes était de pierre ; peu après, ce membre devint paralytique : l'engourdissement passager qui précède souvent la paralysie explique assez bien ce phénomène. On conçoit mieux encore que les malades qui ne sont pas assez nourris imaginent dans leurs songes qu'ils mangent telle ou telle substance. On a prétendu que, dans la pléthore et les lièvres inflammatoires;
les malades voyaient dans leurs rêves des corps cô+ lorés en rouge; que les hydropiques voyaient dé l'eau, des rivières, etc.; mais ces assertions ne sont pas d'accord avec l'observation:
En général, dans les maladies, les songes sont fatigans et pénibles ; ils présentent à l'imagination des obstacles , des précipices, des incendies, en un mot, des chimères de toute espèce ; ils produisent quelquefois le réveil subit ou en sursaut ; du reste ils n’offrent rien de constant sous le rapport de la séméiotique et du traitement. | is
On sait que les Egyptiens et les Grecs faisaient coucher les malades dans les temples , afin que les dieux leur fissent connaître, en songe, les remèdes propres à les guérir; aujourd’hui, que le règne de la superstition est passé, personne ne croit plus à ces songes salutaires envoyés par les dieux ;. mais des hommes, d’ailleurs très-recommandables , ne craignent pas d'accorder aux disciples de Mesmer le À pouvoir de donner, avec la somnolence magique que provoquent leurs gestes, la connaissance de toutes les maladies et des remèdes qui leur conviennent.
Enfin le sommeil, dans l’état de maladie, ne répare pas les forces ; et même dans quelques affec- tions où les paroxysmes ont lieu lanuit, les malades se trouvent plus mal le matin, après un sommeil agité, qu'à la fin du jour, après douze ou quinze heures de veille.
: La somnolence ou l’assoupissement (somnolentin) est un état qui, placé entre le sommeil et la veille, ne permet ni l’un ni l'autre.
Le sopor ou cataphora (1) est un sommeil lourd et pesant, dont le réveil est dificile : ces deux phénomènes ont lieu dans un grand nombre de maladies et ne sont propres à aucune.
Le coma (2) est un sommeil plus profond encore et d’où il est plus difficile de tirer les malades. On en distingue deux variétés : 1°. le coma vigil { coma agrypnodes ), qui est accompagné de délire ; le malade a les yeux fermés, mais 1l les ouvre quand on l'appelle, et les referme aussitôt; 1l parle seul, il change fréquemment de position ; 2°. le coma somnolentum (coma comatodes ), dans lequel le malade parle quandon le réveille, se tait et reste immobile dans les intervalles.
La léthargie (5) (lethargus , veternus ) est un sommeil plus profond encore et continuel , d’où il n’est pas impossible de tirer les malades ; mais ils oublient ce qu'ils ontdit, ne savent ce qu’ils disent, et retombent promptement dans le même état.
Le carus (4) enfin consiste en une insensibilité complète, d’où rien ne peut tirer le malade, pas même instantanément : ces divers symptômes ont spécialement lieu dans les maladies cérébrales.
Le sopor, le coma, la léthargie et le carus ont quelque analogie avec le sommeil, dont ils ne sont en quelque sorte que l’exagération. C’est le motif
(1) Karuvonà , chute ; xarapepoux, je tombe d’en haut.
(2) Kôuz, sommeil ar à
(3) Añôn, oubli; &ÿôc, oisif, ou de &epyos, à Nes prompt, oubli prompt.
(4) Käpos, sommeil très-profond,
qui nous a engagé à les placer dans cette section à la suite de la somnolence.