‹ Élémens de pathologie généraleChapitre 1 sur 62 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

La pathologie générale a pour objet l’étude des maladies considérées d’une manière abstraite ou dans ce qu'elles ont de commun. Elle sert à la fois d’introduction et de complément à la pathologie spéciale ou descriptive, qui a pour objet la connaissance de chacune des maladies auxquelles l’homme est sujet. Elle comprend ce qu’il y a de plus simple et de plus élevé dans la science; d’une part, la définition des termes et la description des phénomènes des maladies ; d’autre part, la discussion de toutes les questions fondamentales, et l’exposition des principes généraux qui doivent guider le médecin dans l’exercice difficile d’un art étroitement lié aux plus chers intérêts de l’humanité. La pathologie générale résume par conséquent en elle-même les plus humbles élémens et la plus haute philosophie de la médecine.

Je ne me suis point écarté, dans cette nouvelle édition, du plan et des règles que j’avais adoptés dans les éditions précédentes. J’ai traité de la maladie en général comme je traiterais d'une maladie en particulier, si j<’

AV ANT-i’Kül’OS.

me proposais d’en tracer !’ histoire la plus complète possible. La définition de la maladie en général et la manière de définir chaque maladie en particulier, la nomenclature, le siège, les causes, les phénomènes précurseurs des maladies, leurs symptômes, leur marche, leur durée, leurs divers modes de terminaison, la convalescence, les phénomènes consécutifs, les rechutes et les récidives, la distinction des genres, des espèces et des variétés pathologiques, les complications, le diagnostic , le pronostic, les altérations anatomiques, le traitement, la nature intime des maladies, leur classification, l’examen des principaux ouvrages publiés sur la pathologie générale , forment la matière d’autant de chapitres.

Je m’étais imposé pour règle, dans la première édition de cet ouvrage, de m’abstenir de toute idée systématique et de me renfermer strictement dans l’exposition des faits et de leurs conséquences rigoureuses. Je n’ose pas me flatter d’avoir atteint complètement ce but, mais peut être m’est-il permis de croire que j’en ai beaucoup approché. En effet, au milieu des immenses progrès qu’a faits la médecine dans sa partie positive, et des grandes révolutions qu’elle a subies dans ses théories, j’ai pu, dans cette nouvelle édition, ne rien retrancher d’essentiel de ce que contenait la première, publiée en 1817, il y a, par conséquent, vingt trois ans. Mais, si j’ai peu retranché de mon premier travail, j’ai dù faire , soit dans la seconde, soit surtout dans relie

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troisième édition, de nombreuses et importantes additions. Depuis vingt-trois ans, en effet, l’auscultation a été découverte; la percussion, perfectionnée dans ses procédés, a été étendue dans ses applications; l’observation des phénomènes pathologiques pendant la vie cl l’étude des lésions anatomiques après la mort ont été portées à un degré de précision qu’elles n’avaient pas encore, et ont fourni beaucoup de faits nouveaux; la chimie et le microscope ont prêté leurs secours à la pathologie; des conséquences plus positives ont été déduites du rapprochement et de la numération de huis mieux observés ; le diagnostic est devenu plus exact et l’expérimentation plus rigoureuse. J’ai dû chercher, dans cette nouvelle édition , à ne rien omettre de ce que la science a conquis d’important : c’était, au milieu des devoirs de l’enseignement et des exigences de la pratique médicale, une lâche dillicile et longue. Aussi, même avec l’assistance successive de deux jeunes médecins fort distingués, MM. Dalmas et Grisolle, qui ont bien voulu faire, dans les ouvrages récemment publiés, les recherches nécessaires à mon travail, s’est-il passé six ans entre l’époque où la précédente édition de ce livre a été épuisée et la publication de celle-ci.

Cette nouvelle édition est beaucoup plus étendue que la seconde. Les chapitres relatifs aux causes, aux symptômes, à la marche des maladies, ont été l’objet de modifications importantes et d’additions considérables. J’ai donne, au chapitre du diagnostic une forme nouvelle et

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