‹ Élémens de pathologie généraleChapitre 33 sur 62 · PHÉNOMÈNES CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES CONSÉCUTIFS

est la teinte jaunâtre de la peau qui se manifeste après sept ou huit accès <lt‘ fièvre intermittente,, et qui persiste plus ou moins longtemps après que celle maladie est terminée. Il en est il autres qui paraissent seulement au déclin , et qui , par ce motif , ont été considérés par quelques médecins comme des phénomènes critiques ; d’autres enfin ne se montrent qu après la cessation complète de la maladie : tel est l’œdème qui survient à la suite d un grand nombre de maladies.

On voit d’après cela que les phénomènes consécutifs des maladies doivent être très-variés et très-nombreux. Nous n’entrerons pas dans l’énumération de tous ceux qui peuvent se présenter, nous indiquerons seulement les principaux.

Quelques personnes éprouvent , après avoir été malades , une augmentation ou une diminution remarquable dans le volume du corps : les uns , au lieu de reprendre de l'embonpoint , continuent de maigrir comme pendant le cours de la maladie ; les autres , et Tissot en a vu quelques exemples, acquièrent rapidement une obésité qui les effraie eux-mêmes. Chez quelques-uns, il reste de la faiblesse dans les mouvemens de tout le corps ou d un membre; chez d’autres, un tremblement général ou partiel. La raucité de la voix persiste à la suite de quelques angines et de certaines affections nerveuses. Les douleurs sont des phénomènes consecutils qu’on a observés après le zona et plusieurs autres phlegmasies. Les organes des sens , ceux de la vue et de l’ouïe en particulier, resl >nl souvent faibles lorsque les autres fonctions sont rétablies ; le délire a été observé par llqjpocrate : Piquer en a vu deux exemples; j’en ai moi-même observé quelques-uns. L insomnie complète est un phénomène consécutif assez fréquent ; 7 /ssoi pensait qu’elle pouvait dépendre, dans quelques cas, de ce que la maladie avait fait perdre l’habitude de dormir. On observe aussi diverses lésions dis fonctions digestives, telles que I inappétence, la langueur dans la digestion stomacale, et une constipation tellement opiniâtre, quelle résiste à des moyens très-énergiques. La toux, le hoquet , la fréquence du pouls, persistent quelquefois apres que les autres fonctions ont repris leur exercice régulier. Les sueurs

PHÉNOMÈNES CONSÉCUTIFS, excessives ('I le 11 u \ abondant de 1 urine sont deux phénomènes q u i S(> montrent souvent a la suite d(’s maladies aiguës • cjuolijuofois on les voit alterner jusqu a I entier rétablissement des forces : s'ils viennent a être supprimés, on doit craindre que l'exhalation n’augmenle dans le tissu cellulaire, et qu'il ne survienne une anasarque.

(hi a joint aux phénomènes consécutifs que nous venons dén umërer les abcès, les gangrènes , la fièvre hectique simulant la phthisie pulmonaire; mais ce sont là plutôt des maladies que de simples phénomènes consécutifs.

Les phénomènes consécutils peuvent augmenter ou diminuer d intensité, ou demeurer stationnaires; persister sans interruption, ou se montrer seulement par intervalles. Les douleurs qui succèdent au zona , la dyspnée qui suit la péripneumonie , ont une marche continue comme ces affections. Les phénomènes qui persistent ou se montrent a la suite des maladies périodiques , reparaissent souvent sous le même type. C'est ainsi qu’après les lièx i es intermittentes on voit se reproduire, aux jours cpii correspondent aux accès , des phénomènes variables pour la forme comme pour la durée , tels que le refroidissement momentané de tout le corps ou de quelque partie , une chaleur fugace, une douleur, un spasme , le sédiment briqueté de l’urine. Mais on observe aussi a la suite des maladies périodiques des phénomènes à type continu : tels sont en particulier le gonflement de la rate, l’ascite et 1 œdème des membres inférieurs qui persistent plus ou moins long-temps à la suite des fièvres intermittentes.

La duiee des phénomènes consécutifs n’a rien de constant: communément , elle ne s’étend pas au-delà de deux à trois septénaires ; quelquefois elle se prolonge beaucoup plus : la faiblesse ou la raideur d’un membre qui persiste après une affection rhumatismale a quelquefois duré pendant la vie tout entière.

RECHUTES ET RECIDIVES.

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