AVERTISSEMENT
Mes chers lecteurs,
Vous, lecteurs bienveillans, à qui je m'adressais particulièrement dans l'avant-propos de mon premier volume ; vous, dont j'invoquais et dont j'espérais la précieuse protection; vous qui, nonobstant les défauts de mon esprit , les lacunes de mon savoir, et toutes les imperfections de mon œuvre , avez accueilli ce premier volume avec beaucoup d'indulgence et quelque peu d'estime :
Voici un second volume que je viens mettre encore sous l'abri de votre optimisme ; tant je crains , tant je suis sûr d'encourir les justes mais trop souvent impitoyables sévérités de la critique !
Voici un second volume; et cependant, malgré la promesse que mon éditeur et moi avions faite au public de renfermer en deux volumes la Pathologie médicale , ma tâche n'est pas terminée.
Pour avoir manqué à une semblable promesse . suis-je en risque de perdre , ce qu'à Dieu ne plaise, votre faveur et votre appui ?
Vous ne songerez certainement pas à murmurer l'accusation de spéculation mercantile, et à vous plaindre d'un grossissement typographique de la production intellectuelle, tel qu'on le voit aujourd'hui assez à la mode en mainte sorte de littérature, et môme en littérature médicale. Vous ne reprocherez certainement pas à nos
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volumes ni d'être de mesquine épaisseur el de ne compter que trop peu de pages , ni d'avoir ces pages trop peu noircies, à caractères trop gros, à justification trop étroite, à interlignes trop usurpateurs.
Reste donc un tort bien involontaire et purement imputable aux bornes de l'esprit ; le tort, si c'en est un, de n'avoir pas, dès le principe, pressenti exactement ce que formerait de matière en manuscrit, et en impression, le développement de la pathologie médicale tout entière, dans les formes et les proportions oîi je concevais , par exemple, l'histoire de tel ou tel genre de maladie en particulier, de façon à fournir aux étudians et aux jeunes praticiens un résumé élémentaire , mais pourtant suffisamment instructif et substantiel, des faits fondamentaux de la science et des règles essentielles de l'art.
Or, si tant est que les formes , que les proportions dans lesquelles j'ai traité les matières du premier volume aient trouvé grâce devant vos yeux , si elles ne vous ont point paru radicalement mauvaises, démesurément prolixes, stérilement exubérantes, j'espère que vous me pardonnerez la nécessité où me voilà de dépasser des limites mal appréciées à première vue , et d'écrire encore un nouveau volume, un volume troisième, mais qui doit être irrévocablement le dernier. J'espère que vous aurez devancé vous-mêmes mon apologie, en prévoyant cet indispensable agrandissement de mon œuvre : tant il était impossible , une fois , à tort ou â raison , la part faite au premier volume fort en-deçà de la moitié du domaine médical, qu'un autre volume eût suffi seul à accomplir convenablement le reste de ma tâche! il n'y aurait suffi qu'au prix d'un fâcheux revirement dans la manière d'exposer les choses , qu'au prix d'une méthode beaucoup trop sommaire , et