‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 2)Chapitre 77 sur 81 · Lunette de Galilée ou lunette clc spectacle. Celte lu · texte numérisé non relu

Lunette de Galilée ou lunette clc spectacle. Celte lu

nette se compose d’un objectif convergent b b', Fig. 244, et d’un oculaire divergent r r'; au sortir de l’objectif, les rayons s’en iraient former une image réelle et renversée de l’objet en m m' ; mais l’oculaire les reçoit avant le point de concours, et il doit être tellement placé qu’il leur imprime une divergence appropriée à la portée de la vue. On admet, en général, que les objets éloignés sont vus par des rayons sensiblement parallèles, soit qu’on les regarde à l’œil nu, soit qu’on regarde leurs images avec des verres; ainsi l’oculaire doit être placé en avant de l’image m m' à une distance égale à sa distance focale principale; car c’est à cette condition seulement, qu’il pourra rendre parallèles entre eux les rayons qui convergent vers le même point de cette image ; par conséquent si des points m et m' l’on mène au centre optique c de l’oculaire, les lignes m c et m' c, les pinceaux qui concourraient en m et m' deviendront au sortir de l’oculaire, l’un parallèle à m c , l’autre parallèle à m' c, et l’objet sera vu sous l’angle me m' ; à l’œil nu, il serait vu sous l’angle mxm1, l’amplification est donc A f divisé par c f, c’est-à-dire qu’elle est égale à la distance focale principale de l’objectif divisée par la distance focale principale de l’oculaire. Cette amplification est seulement celle qui appartient aux 'objets très-éloignés ; celle des objets plus rapprochés en diffère très-sensiblement.

Cette lunette donne des images droites des objets , et n’a pour longueur que la différence des distances focales de l’objectif et de l’oculaire. C’est ce double avantage qui l’a fait préférer aux autres lunettes pour tous les usages habituels et particulièrement pour le spectacle. Elle fut inventée vers 1610 ; les uns en attribuent la découverte à un nommé Jacques Métius; les autres supposent qu’on la doit aux erifans d’un fabricant de besicles de Midlebourg, qui auraient par hasard disposé à la suite l’un de l’autre, un verre de presbyte et un verre de myope, pour regarder le coq d’un clocher. Quoi qu’il en soit de cette première ïi. ai

origine, il est certain que vers l’an 1609 on avait trouvé à Midlebourg un moyen de voir les objets éloignés comme s’ils étaient près 5 le bruit s’en répandit en France et en Italie. Galilée était alors à Venise, et cette simple annonce fut un trait de lumière pour son génie-, il se bâta de combiner des verres, et quelques nuits s’étaient à peine écoulées, qu’il avait déjà un instrument assez parfait pour découvrir les phases de Vénus, les satellites de Jupiter, les taches du soleil, etc. , et pour trouver enfin dans les profondeurs du ciel les preuves fondamentales du système du monde et toutes ces grandes vérités qui semblaient inaccessibles à l’esprit humain. ( Nuncius sidereus , 1610.)

07 o. Lune lie astronomique. Elle se compose d’un objectif convergent b b' et d’un oculairepareillement convergent b vJ {Fig. 245). Au foyer de l’objectif en mm' se forme une image réelle et renversée de l’objet, et l’oculaire est une simple loupe avec laquelle on regarde cette image ; il en résulte :

i° Que l’image reste renversée;

20 Que la longueur de la lunette est sensiblement égale à la somme des distances locales principales de l’objectif et de l’oculaire;

3° Que l’amplification est égale à la distance focale principale de l’objectif divisée par la distance focale principale de l’oculaire.

Celte lunette a été décrite pour la première fois par Kepler dans sa Dioptrique (en i6n);mais il paraît qu’elle ne fut exécutée que 20 ou 3o ans plus tard par le Père Scheiner ( Rosa ursina , i65o).

57 1. Lunette terrestre. L’objectif de la lunette terrestre est le même que les précédens ; mais son oculaire {Fig. 247) est disposé pour remplir surtout deux conditions, i° pour redresser l’image renversée mm' que donne l’objectif, 20 pour dimininuer autant qu’il est possible toutes les aberrations de l’instrument. C’est pourquoi on le

compose de quatre verres , o , v , q , r ; les deux premiers o et p sont uniquement destinés à redresser l’image, et les deux dernier forment un oculaire composé , tout-à-fait pareil à l’oculaire du microscope, dont nous avons parlé précédemment. Il est nécessaire de disposer des diaphragmes en g et g' pour arrêter les rayons des bords qui troubleraient inévitablement la netteté des images.

La perfection de ces instrumens est surtout dépendante du travail de l’objectif; car , si la première image est à la fois parfaitement achromatique, bien distincte et vivement éclairée, il sera facile de construire des oculaires, pour la redresser et l’amplifier sans lui faire subir d’altération sensible. L’achromatisme dépend, comme nous l’avons vu (547), ^es indices de réfraction et des rapports de dispersion des substances qui composent l’objectif; la distinction dépend de la pureté de la matière et surtout de la courbure des surfaces ; enfin la clarté dépend de l’ouverture de l’objectif et de sa distance focale principale. C’est la clarté de l’image qui permet une amplification plus ou moins grande. Et voici sur ce point quels sont en général les résultats de' la pratique.

Ouvertures de l’objectif.

Distances focales principales.

Amplifications.

. . i3 lignes.

. . 9 pouces.

. . i5 fois.

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