CHAPITRE X
Des piles sèches.
404. ConslnicLion des piles de Zamhoni. — Dans les piles sèches , les êlcrnens é/ccfro-motenrs sont encore des substances métalliquos ; mais le conducteur qui sépare les différens couples n’est plus une dissolution liquide; c’est un corps solide quelconque, parfaitement sec, ou légèrement humide, ou imbibé de quelque substance qui ne soit pas absolument imperméable à l’électricité; car il faut toujours que les fluides électriques , développés au contact des métaux, puissent avec le temps circuler dans toute l’étendue de la pile. Entre toutes les dispositions qui ont été successivement indiquées par d'habiles observateurs, celle de M. Zamboni paraît une des plus- efficaces. On prend des feuilles de papier ordinaire, un peu fort et humide , autant qu’il pourrait l’étrc naturellement par un temps pluvieux; d’un côté on colle avec la gélatine , la gomme ou l’amidon, une feuille de zinc laminé et ensuite battu; sur le revers on met du pcroxlde de manganèse très-bien porphyrisé, en l’étalant h plusieurs reprises avec un bouchon , ou seulement avec un morceau de papier. Alors on superpose dans le même ordre plusieurs feuilles semblables, et, avec un emporte-pièce de 10 h i5 lignes de diamètre, on enlève à chaque fois autant de disques qu’il y a de feuilles. Ces disques sont , h leur tour, superposés dans le même ordre , et l’on fait ainsi des piles de 5oo, de 1000 on de 2000 cou-
Z'iS LIVRE QUA-TIIIÈME.
pies. Pour mieux assurer lé contact , on maintient les disques serrés sous une presse , et en même temps , pour les garantir du contact de l’air, on enduit toute la colonne qu’ils forment d’une couche de gomme laque , d’une ou de deux lignes d’épaisseur. ,A l’extrémité zinc , et en contact immédiat avec le métal , il est bon de mastiquer aussi de la même manière une plaque de zinc un peu épaisse de même diamètre que les disques , sur laquelle on peut visser une boule ou toute autre masse métallique qui forme alors l’un des pôles de la pile; h l’autre extrémité , l’autre pôle est formé par un ajustement pareil fait avec une plaque de cuivre.
Quelquefois on imbibe le papier avec une légère dissolution saline ou bien avec du lait, du miel, du beurre , de l’huile d’œillet , de l’essence de lérébeirthine , etc. ; mais si les piles qui sont faites par ces moyens ont l’avantage de paraître Un peu plus fortes dans les premiers instans , elles ont aussi l’inconvénient très^grave de se détériorer promptement, en comparaison des premières; car il est rare qu’après quelques années elles conservent encore toute leur énergie primitive.
Au lieu d’employer le zinc avec l’oxide de manganèse , on peut sans désavantage employer l’étain.
En général , on peut employer deux métaux quelconques, pourvu qu’ils ne soient pas trop voisins l’un de l’autre par leur tendance électrique; par exemple, l’or, l’argent ou le platine ne pourraient être employés ensemble avec succès , parce qu’ils ont à peu près une même énergie électro-négative.
Les premiers essais sur les piles sèches remontent presque au commencement du siècle; en i8o3, MM. Hachette et Desormes avaient employé des couples ordinaires de zinc et de cuivre, séparés par de la colle d’amidon. Un peu plus tard M. Biot imagina d’employer comme conducteur le nitrate de potasse fondu, qui est parmi les sels un des