IV' PART. , CH AP, I
Nous venons de voir que les capacités des solides cl des liquides paraissent en général devenir croissantes à mesure que les températures s’élèvent; mais on admet au contraire que sous la meme pression la capacité d'une masse gazeuse est indépendante delà température , c’est-à-dire, en d’autres termes , que , sous une pression constante , les dilatations qu’elle éprouve sont proportionnelles aux quantités de chaleur qu’elle reçoit. M. de Laplacc admet en outre dans sa théorie des gaz ( ISIécanique céleste , liv. XII) un second principe fondamental: savoir, qu’il y a un rapport invariable entre la capacité d'un gaz à pression constante et sa capacité à volume constant. Sa capacité à pression constante est la quantité de chaleur nécessaire pour élever sa température de i°, en lui permettant de se dilater sous la même pression; et sa capacité à volume constant est la quantité de chaleur nécessaire pour élever sa température de i°, en le comprimant à mesure, pour que son volume ne change pas.
La première de ces capacités est évidemment plus grande que la seconde, puisque tous les gaz dégagent de la chaleur quand on les comprime; ainsi, ce rapport étant désigné par k, la valeur de k sera toujours plus grande que l’unité. On ne la connaît jusqu’à présent que pour l’air et la vapeur d’eau; pour l’air, on a, d’après les expériences de MM. Gay-Lussac et 3Veller , k = î ,575; pour la vapeur d’eau , M. Poisson trouve , d’après les expériences de MM. Clément et Desormes, que l’on aurait k— 1,075. En s’appuyant sur ces seuls principes, M. Poisson arrive par le calcul {Ann. de Chimie , t. 2 5, pag. 507 ) à une formule générale qui donne la capacilé d’un gaz sous une pression quelconque, lorsqu’on connaît sa capacité sous une pression donnée, par exemple, sous la pression de yGo”"1. Celte formule est la suivante :
c est la capacité du gaz par rapport à l’eau. v est la pression pour laquelle on veut connaître sa capacité.
x est la capacité cherchée.
Pour l’air on a 0 = 0,2669, k = i,575; et la formule devient
rr f 76oV - —
La capacité décroît quand la pression augmente, et, sous une pression de 1000 atmosphères, elle n’est plus que ^ à peu près de la capacité de l’eau,’ au contraire elle est croissante h mesure que la pression diminue, et quand elle est réduite à 4 ou 5 millimètres à peu près, la capacité de l’air devient égale à celle de l’eau. Cette propriété est, comme nous le verrons, une des principales causes du froid si étonnant qui règne dans les hautes régions de l’air.
IV* PART. , CHAP. II. — CALORIQUE. 4o$