‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 61 sur 131 · LIVRE |I · texte numérisé non relu

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DE LA. CHALEUR

184. Tout le monde sait que dans les chronomètres , comme dans les montres , c’est le ressort qui est le moteur, et le balancier qui est le régulateur. Par ies changcmens de température, toutes les pièces sont altérées dans leur volume, et la masse du balancier b {Fig. 189) est portée plus loin ou plus près de l’axe autour duquel elle fait ses oscillations. On conçoit donc qu’en y ajustant des lames de compensation 1,1, qui se rapprochent du centre quand le cercle se dilate , et qui s’en éloignent au contraire, quand le cercle se contracte, on puisse atteindre h une assez juste compensation, pour se mettre complètement à l’abri des variations de température. Au lieu de faire porter la compensation directement sur la masse du balancier , on réussit mieux à produire l’isochronisme, en modifiant tantôt l’épaisseur, tantôt la longueur du ressort spiral que le balancier fait mouvoir. C’est aiusi que MM. Bréguet sont parvenus à faire des chronomètres d’une précision si surprenante, qu’en comparant leur marche à la marche des étoiles, on trouve que dans le cours d’une année les plus grands écarts de leurs variations diurnes ne s’élèvent pas à 1 ". C’est là , sans doute, le plus haut degré de perfection que l’art puisse donner à la matière dans des appareils si délicats et si compliqués.

185. Nous avons déjà vu (52) que les horloges avancent ou retardent suivant qu’il fait plus froid ou plus chaud, et que, pour obvier à cet inconvénient, il faut empêcher le centre d’oscillation de remonter, quand la tige se refroidit, et de descendre quand elle se réchauffe. Les lames de compensation convenablement ajustées peuvent produire cet effet ; il suffit pour cela que leur masse se relève et se rapproche du point de suspension, tandis que la masse de la lentille s’en éloigne , et vice versa. Mais le pendule compensateur est d’un usage encore plus sûr et plus commode.

186. Pendule compensateur. — Cet appareil est représenté üg. \ 84. Les deux tiges extrêmes sont de fer : les deux tiges

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moyennes sont de cuivre. Par la dilatation des premières , le centre d’oscillation descend ; au contraire , il est relevé par la dilatation des deux dernières; et, lorsqu’on a la connaissance exacte des variations linéaires que ces métaux éprouvent , il suffit de quelques tâtoonemens pour produire une compensation très- exacte. Mais on conçoit que l’art difficile de l’horlogerie ne se réduit pas à fabriquer des horloges dont les pendules soient bien compensés. Il y a une telle correspondance entre toutes les pièces, une telle action de l’une sur l’autre , qu’il faut en quelque sorte que la compensation se fasse d’elle-même, sur chaque dent et sur chaque pivot des rouages. On sait quelle célébrité Berthoud et Bréguet se sont acquis dans toute l’Europe , et l’on peut juger de la perfection de leurs ouvrages, lorsqu’on sait qu’une pendule de Bréguet, par exemple, soumise à des variations de température, qui vont jusqu’à 12° ou i5° au dessous de o , peut suivre le coups des astres pendant une année entière , sans se déranger de rl~ seconde.

187. La dilatation est une loi générale de la matière, et , s’il se trouve des corps qui , sous l’influence de la chaleur, semblent se soustraire à cette loi , on peut juger d’avance que c’est une exception dépendante de quelque circonstance particulière; par exemple, si les substances végétales et animales se retirent sur elle-mêmes au lieu de se dilater , c’est qu’elles perdent par la chaleur quelques fluides, qui sont combinés avec elles d’une manière plus ou moins intime. Il en est de même des terres de différente espèce , qui sont plus ou moins imbibées d’eau ; elles semblent se contracter par la chaleur, mais cet effet résulte seulement de ce qu’elles se dessèchent encore plus qu’elles ne se dilatent.

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