‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 68 sur 131 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Des Echelles thermométriques. — Des Thermomètres de differentes espèces et des Pyromètres.

207. Le thermomètre peut remplir des objets très-différens : premièrement , il peut servir h déterminer les températures auxquelles se manifestent les divers phénomènes dépendans de la chaleur ; secondement , il peut servir à évaluer numériquement ces températures, à les comparer entre elles comme on compare toutes les grandeurs , et h déduire de ces rapports les lois générales de la cause elle-même qui produit les phénomènes. Si l’on ne voulait atteindre que le premier objet , toute substance serait bonne pour la construction du thermomètre et toute division serait bonne pour sa graduation : il suffirait de s’entendre; il suffirait que les observateurs de tous les pays voulussent bien choisir la même substance et adopter la même graduation. On pourrait même se dispenser d’employer des nombres pour marquer les degrés , car les nombres représenteraient alors des signes etnon pas des grandeurs, et il serait tout aussi commode d’employer d’autres signes convenus, tels, par exemples , que les lettres de l’alphabet ou les notes de la musique , ou quelque autre signe bizarre imaginé h plaisir. Le sommet de la colonne thermométrique parcourrait les divers signes marqués sur la tige du thermomètre comme le soleil parcourt les signes du zodiaque ; et pour caractériser un phénomène il suffirait de marquer le point où la colonne se trouve , à l’instant où ce phénomène se produit. Mais lorqu’on veut atteindre le second objet , lorsqu’on

1 ro PART., CHAP. Vif. - DILATATION. 3o I

veut comparer les températures pour saisir les lois de leurs périodes ou de leurs accroissemens , il faut de toute nécessité que les températures soient exprimées par des grandeurs ou par des nombres; car nous ne pouvons comparer exactement que des grandeurs ou des nombres. Or, en adoptantle mode de graduation dont nous avons parlé (i 55), il est évident que le nombre qui exprime une température dépend du choix de la substance dont se compose le thermomètre; ainsi nous avons vu (i65) que, le thermomètre à mercure marquant 200° , le thermomètre à air marque 197°,o5. Et comme nous avons démontré (179) que toutes les substances solides ou liquides se dilatent irrégulièrement par rapport au thermomètre h air, et irrégulièrement entre elles, il en résulte que là où le thermomètre à air marquerait, par exemple, 3oo°, chaque substance marquerait un nombre différent : le thermomètre de verre marquerait 353 , celui de fer 373, celui de cuivre 329, et celui de platine 3i 2. Le tableau suivant renferme des comparaisons qui ont été faites par Deluc sur des thermomètres construits avec des liquides différens ; elles ne s’étendent pas au dessus de 1 oo°, mais dans ces limites les différences sont cependant si considérables qu’elles feront mieux sentir encore combien les valeurs numériques des températures dépendent du choix des substances.

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