PART., CHAP. II. — VAPEURS
une preuve visible que la vapeur se forme pour remplir le nouvel espace qui lui est offert et pour arriver toujours au maximum de tension. Mais si le tube peut être assez soulevé pour que le liquide disparaisse complètement, alors le sommet s de la colonne de mercure commence h s’élever, la dépression devient moindre , et , par conséquent , la force élastique de la vapeur cesse d’être h son maximum.
On peut même démontrer qu’à partir de cet instant les tensions sont en raison inverse des volumes , et qu’insi les vapeurs se compriment comme les gaz , en suivant la loi de Mariotle, aussi long-temps du moiçs qu’elles ne sont pas pressées au point de se condenser. Les autres liquides , soumis aux mêmes épreuves, se comportent comme l’éther; seulement leurs tensions maximum sont très-différentes.
228. Equilibre de tension dans un espace inégalement chaud. — Il est facile de reconnaître que la température a une grande influence sur la tension maximum des vapeurs ; car en faisant les expériences précédentes à différens degrés de chaleur, la colonne barométrique éprouve des dépressions très- inégales. Par exemple, avec l’éther sulfurique , la dépression est à peu près de 180 millimètres à o de température, tandis qu’elle est de 63o à la température de 5o°. Les phénomènes qui se produisent sous nos yeux nous fournissent d’ailleurs des preuves nombreuses de celte vérité : la vapeur d’eau n’a qu’une faible tension lorsqu’elle se forme h la surface des lacs ou h la surface de la mer ; elle a une tension plus forte lorsqu’elle se forme par ébullition , puisqu’elle supporte alors la pression de l’atmosphère; enfin , à de hautes températures, cette tension devient si puissante qu’elle peut non-seulement lancer des projectiles du plus gros calibre , mais encore lancer au loin des machines entières et des masses énormes du poids de plusieurs quintaux ; les explosions des machines à vapeur en offrent de trop nombreux et de trop terribles exemples. D’après cela, on peut se demander
3a8 LIVRE H. — DE LA. CHALEUR.
quelle serait la tension maximum de la vapeur, dans un espace de forme quelconque , dont les diverses parties seraient à des températures différentes. En supposant que cet espace n’ait pas une grande hauteur verticale et que la tapeur soit , comme il arrive toujours , d’une faible densité, il faut , par les conditions d’équilibre des fluides élas tiques (72), que la tension soit la même dans tous les points où il y a de la vapeur ; et , comme dans les points les plus froids la tension maximum ne peut jamais être aussi grande que dans les points les plus chauds , il faut bien que , dans ces derniers , la tension cesse d’être au maximum et qu’elle diminue jusqu’à devenir égale à la tension maximum des points les plus froids. Ainsi , dans un espace inégalement chaud , quand l’équilibre est établi , la tension de la vapeur est la même dans tous les points , et partout elle est égale à la tension maximum des parties de cet espace qui sont à la température la plus basse. Ce principe est important pour toutes les recherches qui vont suivre et où nous essaierons de trouver les relations qui existent entre la force élastique des vapeurs et leur température.
229. Mesure de la force élastique de la vapeur d'eau. — On mesure la tension de la vapeur d’eau, entre o et ioo°, au dessous de o , et au dessus de ioo° jusqu’aux plus hautes températures. Chacune de ces déterminations exige un appareil différent.
Entre o et ioo° L’appareil se compose de deux tubes
barométriques placés très-près l’un de l’autre et plongeant dans la même cuvette. Le premier de ces tubes est un baromètre parfait ; le deuxième est un baromètre à vapeur, c’est-à-dire un baromètre au dessus duquel on a fait passer une petite colonne d’eau qui s’est en partie vaporisée dans le vide. Ces deux tubes sont enveloppés d’un manchon de verre , ou plutôt d’un autre tube qui plonge aussi dans la cuvette , et qui a 3 ou 4 pouces de largeur, et plus de