‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 4)Chapitre 86 sur 131 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

DE LA CHALEUR

Ion. Il reste ensuite à faire trois pesées, in. le ballon avec la vapeur qu’il contient; 20. le ballon plein d’eau; 5°. le ballon plein d’air sec. De la seconde on déduit la capacité, de la troisième le poids du verre, et enfin de la première le poids de la vapeur. C’est par ce moyen que M. Dumas a obtenu les nombres contenus dans le tableau de la page 285.

Au maximum de tension les vapeurs de tous les liquides connus augmentent de densité à mesure que la température s’élève. D’où il suit, que tout le liquide peut, à une température plus ou moins haute, disparaître complètement dans un espace un peu plus grand que celui qu’il occupe. C’est aussi ce que M. Cagniard de La Tour a fait voir pour l’alcool, l’éther et le sulfure de carbone. 11 a de plus observé la température à laquelle se produit le phénomène , et mesuré la tension qu’exerce alors la vapeur. Pour cela, il faisait scs expériences dans un tube recourbé, semblable à peu près à un baromètre à siphon. La courte branche avait 4 ù 5 millimètres de diamètre; elle contenait le liquide; et la plus longue , 1 millimètre seulement; elle contenait de l’air. Mais le liquide et l’air étaient séparés par du mercure qu’on avait d’avance versé dans la courbure quand les deux branches étaient ouvertes ; le mercure refoulé par la pression pouvait remplir toute la longueur du tube à air. Les deux branches étant scellées , la colonne d’air de plus en plus réduite faisait l’office de manomètre , pour marquer la tension de la vapeur; quant à sa température, elle était donnée par celle du bain d’huile fixe, dans lequel on plongeait l’extrémité inférieure de l’appareil et toute la longueur de la courte branche.

L’instant de la disparition et de la réduction complète en vapeur arrive dans les circonstances et aux conditions suivantes :

IIe PART.,£IIAP. II. — VAPEURS. 345

Volume Tension

Température île la vapeur delà vlrpeur

de par rapport en nombre

disparition. au volume d’atmosphères,

du liquide.

Alcool (à 36’Bcaumé). 259° . 3. . . t . 1 ig"tm.

Ether . 2000 . 2 . 37

Sulfure de carbone. . . 275° . 2 . 78

203. Condensation des vapeurs, cl liquéfaction des gaz. — Les vapeurs se condensent par compression et par refroidissement. Lorsque la vapeur salure l’espace qu’elle occupe, il suffit d’exercer sur clic une pression un peu supérieure à sa tension maximum , ou d’abaisser un peu sa température , pour qu’à l’instant elle se liquéfie dans une certaine proportion. Mais quand elle ne salure plus l’espace, elle se laisse comprimer comme les gaz, et refroidir comme eux. Celte identité parfaite , entre les propriétés caractéristiques des gaz et celle des vapeurs , avait fait supposer depuis longtemps que les gaz appelés permanents pourraient bien n’êlre que des vapeurs plus ou moins éloignées de leur maximum de tension. Plusieurs expériences avaient été tentées dans celle vue , par divers moyens, mais toujours sans succès , soit à cause de la difficulté qu’on éprouve à produire de grandes pressions , soit à cause de la chaleur qui se dégage lorsqu’on les produit subitement. Enfin , par un procédé plus suret plus ingénieux, sir H. Davyet M. Faraday sont parvenus à liquéfier plusieurs des fluides élastiques que l’on appelait gaz permanens. Ce procédé consiste à enfermer , dans un tube de verre très -fort, un réactif et une substance solide qui dégage , par la réaction chimique , le gaz que l’on veut soumettre à l’épreuve. Ainsi , c’est le gaz qui se comprime lui -même à mesure qu’il se dégage en plus grande abondance, et de cette manière* on peut produire aisément des pressions de 4<> ou 5o atmosphères. De plus, on peut refroidir l’une des extrémités du tube , pour ajouter le refroidissement à la compression.

34(3 LIVllE II. — DE L^ CHALEUR.

Le tableau suivant contient, dans la première colonne, les noms des gaz liquéfiés; dans la deuxième , les diverses températures auxquelles les liquides ont été soumis; et dans la troisième , les tensions correspondantes exprimées en atmosphères. Ces tensions ne peuvent être considérées que comme des premières approximations que des expériences plus précises devront sans doute modifier.

Tableau de la liquéfaction' des gaz.

Page 1