‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 5)Chapitre 39 sur 79 · DE L’AIR ET DES VENTS · texte numérisé non relu

DE L’AIR ET DES VENTS

Des observations barométriques.

652. Les observations barométriques peuvent conduire à la solution de plusieurs problèmes qui ont un très-liaut degré d’intérêt; mais il serait facile de s’égarer dans ces recherches, il serait facile de faire une foule d’observations parfaitement exactes et cependant inutiles. Nous devons donc nous attacher ici à indiquer les principales questions que les observateurs se proposent, et à faire connaître les méthodes qu’ils emploient et les résultats auxquels ils sont déjà parvenus. Pour atteindre ce but nous ne pouvons mieux faire que de prendre- pour guide un excellent mémoire, dans lequel M. Bouvard a discuté avec un soin scrupuleux toutes les observations barométriques de l’Observatoire royal de Paris.

Dans nos climats on observe le baromètre quatre fois par jour :

à neuf heures du matin , à midi ,

à trois heures après midi , à neuf heures du soir.

L’observation de midi donne la hauteur moyenne du jour , et par suite la hauteur moyenne du mois et de l’année. Les trois autres observations servent à déterminer les variations horaires , ou ce que l’on appelle quelquefois la période barométrique.

DE LAIR RT DES VENTS. *-• CHAP. If.

La hauteur moyenne du baromètre dans un lieu ne peut être déterminée que par les moyennes d’un grand nombre d’années.

Nous avons vu (8s) que la moyenne de dix années , depuis 1816 à 1825, est pour Paris 755,966. Or les moyennes des années suivantes sont :

Pour 1826 . 757,27

Il est facile d'en déduire que la hauteur moyenne déterminée par ces quatorze années est exactement 756 millimètres. Et, comme les moyennes extrêmes sont, la plus haute 757,679 (elle appartient à i82Ô), et la plus basse 754,16 (elle appartient à 1816), dont la différence est 3, 52, on en peut conclure que la hauteur moyenne du baromètre à Paris est jusqu’à présent déterminée avec une ap-

proximatiou probable de

ou environ 2 centièmes

et demi de millimètre.

La direction des vents a une grande influence sur la hauteur moyenne du baromètre ; car en prenant, depuis i8i5 jusqu’à 1826 inclusivement, c’est-à-dire pendant cent quarante-quatre mois , les moyennes hauteurs de midi , correspondantes aux différens vents , on arrive aux résultats contenus dans le tableau suivant :

VcBlJ.

Nombre des observations.

Hauteurs à midi

Sud. . . .

Sud-ouest..

Ouest. . . .

Nord-ouest

Nord.. . .

Nord-est. .

Est. . . .

Sud-est. .

Moyenne.

La plus pelite hauteur correspond aux vents du sud, sudouest, et la plus grande aux vents nord, nord-est; la différence s’élève à plus de 7 millimètres. On peut même voir qu’en prenant la moyenne de deux vents opposés on trouve une valeur irès-rapproclxée de la moyenne réelle. Ce résultat de la discussion des observations barométriques qui embrassent douze années, est extrêmement remarquable, Il soulève une question importante , et dans chaque localité , les météorologistes ne peuvent apporter trop de soins à rassembler tous les élémens qui doivent servir à la résoudre. Comme la direction des vents est difficile à apprécier , il conviendrait sans doute de noter particulièrement les vents bien prononcés, afin de ne pas faire entrer, dans la discussion, des élémens incertains.

Lorsque après avoir recueilli des matériaux plus complets, on se proposera de rechercher si la hauteur moyenne du baromètre est la même au niveau de toutes les mers, on voit que la considération des vents régnans ne pourra être négligée. Dans certains lieux le vent du sud donnera la hauteur minimum, comme à Paris; dans d’autres sans doute il donnera la hauteur maximum, et il sera curieux de rapprocher ces effets contraires des autres propriétés de température ou d’humidité que les différens vents possèdent dans les différentes eontrées.

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