‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie (volume 5)Chapitre 73 sur 79 · DE LIÎI.EC TR] CITÉ ATMOSPHÉRIQUE. — CIIAP. V. 82Q · texte numérisé non relu

DE LIÎI.EC TR] CITÉ ATMOSPHÉRIQUE. — CIIAP. V. 82Q

cité négative. Toutes les vapeurs, en si prodigieuse quantité, qui se réunissent pour composer un nuage, y portent nécessairement leur propre électricité. Ainsi la même quantité de fluide électrique, qui était disséminée dans une immense étendue de l’atmosphère, se trouve concentrée dans l’espace occupé par le nu âge. LA elle acquiert par conséquent une tension beaucoup plus grande. Si cette vapeur est électrisée positivement, le nuage sera positif, et il sera négatif si la vapeur est elle -même négative.

Les nuages orageux ne se forment pour l’ordinaire que dans certaines saisons de l’année ,et de préférence en certans lieux, parce que l’état électrique de l’air n'a pas la même intensité dans tous les lieux et dans toutes les saisons; et en cet état la vapeur concourt puissamment à produire ces phénomènes, car elle peut acquérir des tensions bien différentes aux diverses températures, et par conséquent former des amas ou des nuages dont la constitution est très-différente, soit pour la conductibilité, soit pour les autres propriétés électriques. Mais, il faut l’avouer, si le principe de la formation des nuages orageux ne présente pas de difficultés , les applications en présentent, parce que nous n’avons pas assez de données sur la formation des nuages elle-même.

685.. Des paratonnerres. Les paratonnerres se composent d’une tige métallique pointue qui s’élève dans les airs, et d’un conducteur cpii descend de l’extrémité inférieure de la tige jusqu’au sol. Les conditions nécessaires pour qu’ils puissent produire leur effet sont : x° que la pointe de la tige soit bien aiguë; i° cpie le conducteur communique parfaitement au sol ; 3° que depuis la pointe jusqu'à l’extrémité inférieure du conducteur il 11’y ait aucune solution de continuité; 4° que toutes les parties de l’appareil aient des dimensions convenables.

Pour mieux comprendre ce qu’il y a d’essentiel dans

chacune de ccs conditions, supposons pour un instant qu’elles soient remplies, et examinons l’effet du paratonnerre sur un nuage orageux qui passe au dessus de lui. Les électricités naturelles de la tige et du conducteur seront décomposées 5 celle de même nom sera repoussée dans le sol où elle pourra se répandre librement, puisque le conducteur communique parfaitement au sol •, celle de nom contraire sera attirée au sommet de la tige, et là elle pourra s’écouler dans l’air par l’extrémité de la pointe; ainsiles deux fluides opposésn’éprouvantnul obstacle à leur circulation dans toute l’étendue delà conduiteetnul obstacle à leur écoulement, l’un dans le sol et l’autre dans l’air, il est évident que l’accumulation d’électricité sur le paratonnerre sera nulle et par conséquent l’explosion impossible. Pendant quele paratonnerre est ainsi en activité, pendant qu’il est traversépar des torrens defluideélectrique, on peut en approcher, on peut même le toucher ouïe serrer avec la main sans aucun danger ; là où il n’y a point de tension électrique il n’y a point de commotion à craindre. Non-seulement sous les conditions que nous avons admises la foudre ne peut pas tomber sur le paratonnerre, mais nous verrons dans un instant qu’elle ne peut pas tomber à une certaine distance autour de lui ; il a une sphère d’activité qui est respectée par le tonnerre.

Supposons maintenant que l’uneou l’autre des troispremières conditions ne soit pas remplie , que l’extrémité de la pointe soit émoussée , que le conducteur communique mal au sol, ou qu’il y ait quelque solution de continuité dans la conduite ; alors il est évident non-seulement que l’accumulation de l’électricité est possible sur le paratonnere,mais qu’elle est inévitable ; c’est un conducteur qui se charge et qui peut recevoir une énorme quantité d’électricité ; si on en approche , on en peut tirer des étincelles , tantôt faibles , tantôt fortes , quelquefois foudroyantes.

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