‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologieChapitre 66 sur 159 · CHAPITRE II. — RÉFRACTION DK LA LUMIÈRE. I8ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RÉFRACTION DK LA LUMIÈRE. I8ô

L’indice de réfraction de l’air une fois connu, on fait passer dans le prisme les gaz que l’on veut soumeltre à l’expérience, et, après avoir observé la déviation qu’ils produisent, il reste à biire les calculs convenables pour en déduire soit les indices de réfraction, soit les puissances réfractives. MM. Arago et Biot ont soumis à l’expérience l’air, l’oxigcne, 1 hydrogène, 1 azote, 1 ammoniaque, l’acide carbonique et l’acide hydrochlorique ; et ils ont établi ce principe fondamental , que les puissances réfractives d’un gaz sont proportionnelles à sa densité, ou, ce qui revient au même, que le pouvoir réfringent d’un gaz est constant à toute température et à toute pression. Ce principe est encore vrai, quand les gaz se mélangent à’ me manière quelconque, c’està-dire que la puissance réfractive d’un mélange est égale à la somme des puissances réfractives de ses éléraens. Mais nous allons voir, d’après les recherches de M. Dulong, que toutes les fois que les gaz se combinent, la puissance réfractive du produit cesse d’être égale à la somme des puissances réfractives des coraposans.

M. Dulong s’est principalement proposé de comparer ntre elles les puissances réfractives des gaz à la même tem- Irature et sous la même pression, et l’artifice ingénieux ‘lil a employé pour y parvenir lui a permis de donner à ses l^^ltats un degré d exactitude véritablement inespéré dans de&îcherches aussi délicates. Cet artifice consiste à donner au^ïférens gaz une densité telle qu’ils impriment tous ^xac^ent la môme déviation à la lumière; pour cela, un prismjjaiogue au précédent, ayant un angle de 145° environ, Onjunique à un réservoir r (/?(/. 179) dans lequel on peut d , papi faire jg gu moyen de la machine pneuma- I* V introduire un gaz quelconque en variant pressions. L on fait, par exemple, une [»rcmière expériencs^ introduisant dans le prisme de l’air sec sous lapression^ij^aireetà une température connue; avec une Slacée à quelque distance, on regarde l’image

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d’nne mire éloignée réfractée au travers du prisme ; cela fait, on fixe la lunette dans cette position, on vide le prisme bien complètement, sans le déranger, et l’on y introduit un autre gaz, de l’acide carbonique, par exemple, en variant la pression jusqu’à l’instant où l’image réfractée de la mire vient tomber de nouveau sous le fil de la lunette. La température étant restée la même, supposons que la pression de l’acide carbonique dans le prisme soit alors de 0,498 : sous cette pression, l’acide carbonique déviant la lumière autant que l’air à 0,76 , il est évident qu’il a le même indice de réfraction et la même puissance réfractive, et , puisque les puissances réfractives sont proportionnelles aux densités, on aura :

d’où 35=1,526, qui sera la puissance réfractive de l’acide carbonique sous la pression de 0,76 et à la même température que l’air.

Par des expériences analogues sur tous les gaz simples ou composés, on obtiendra, comme on le voit, leurs puissances réfractives relativement à l’air au moyen d’une simple proportion.

Les résultats de M. Dulong sont contenus dans te table^ suivant :

Tableau des puissances réfractives des gaz et de indices de réfraction à 0° et 0*» 76.

Noms des gaz.

Air atmosphérique .

Ozigène .

Hydrogène .

Azote .

Ammoniaque .

Acide carbonique .

Chlore .

Acide hydrochlorique . . . .

Puiss. réfract.

Puissances

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