‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 175 sur 240 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la chaleur terresire.

264. Les divers degrés de chaleur ou de froid exerçant une influence plus ou moins directe sur la plupart des phénomènes météorologiques, nous examinerons d^ abord la question générale de la distribution de la chaleur dans le sein de là terre et de l'atmosphère. Pour résoudre cette question d'une manière complète, il ne faudrait pas seulement des observations passagères, faites sur quelques points isolés du globe , mais il faudrait des observations, séculaires faites avec de bons instruments dans tous les climats différents. Or, nous sommes loin de posséder ces éléments essentiels. La plupart des observations anciennes étaient faites comme par hasard et avec peu de précision; la météorologie de la chaleur ne date en réalité que du commencement de notre siècle; c'est alors que .les immenses travaux de M. deHumboldt et les profondes, recherches théoriques de Fourier et de Laplace ont puissamment concouru à lui donner son essor et sa véritable direction; les bonnes observations sédentaires se sont multipliées, de nombreux voyages scientifiques ont été exécutés dans lés hautes montagnes, sur toutes les mers et dans des pays jusqu'alors inconnus à la science. Les résultats qui ont été recueillis dans le court espace d'un demi-«iècle forment déjà un vaste ensemble ; et s'ils sont encore incomplets par leur nombre et par la durée qu'ils embrassent , il est vrai de dire qu^ils conduisent à plusieurs grandes questions sur l'état thermométrique du globe, qui peuvent dès aujourd'hui être abordées et discutées avec des données précises.

Ce chapitre est consacré à l*e?Lamen de ces questions.

Teaipëratare de l*air A la snrffkee en aol* — A TObsenratoire de Paris, les températures de Taîr sont observées au moyen de Tappareil suivant (Pl. 39, Fig. 1) : bb' est une espèce de tambour composé de deux forts cercles de bois, réunis Tun à Tautre par des traverses rr'i ce tambour peut tourner sur un axe en fer «a'^sCellé dans le mur. Le thermomètre e&t représetiti^ en r/'; son échelle, qui est en verre, se trouve ajustée contre l'une des traverses rr' ; il est ordinairement exposé vers l'extérieur ; mais lorsqu'on veut foire une observation, l'on fait tourner le tambour pour amener les divisions devant Tœil de Tôbservateur.

Cet appareil est exposé directement "au nord, et ne reçmt par conséquent le soleil que pendant quelques heures le matin et le soir, depuis Féquinoxe du printemps jusqu'à l'équinoxe d'automne; mais on le tourne pour le mettre à l'ombre; il est d'ailleurs abrité de la pluie par un petit toit conique de métal.

On appelle température moyenne d'un jour celle que Ton obtiendrait en ajoutant entre elles les observations faites à tous les instants de la journée, et en divisant cette somme par le nombre des instants ; mais , comme les changements ne sont jamais ni très-brusques, ni très-irréguliers, on comprend qu*aux observations de diaque instant on peut substituer des observations faites, par exemple, d'heure en heure pendant les 24 heures; de plus, l'expérience a foit voir qu'au lieu d'observer d'heure en heure, on peut adopter les deux méthodes suivantes : 1* prendre la moyenne de trois observations faites , la première au lever du soleil, la deuxième à deux heures de Taprès-midi, la troisième au coucher du soleil; 2^ prendre la moyenne des deux températures maximum et minimum de la journée. Cette seconde méthode est celle qui est adoptée à TObs^rratoire de Paris.

La température moyenne d'un mois est la somme dçs températures moyennes de tous les jours du mois, divisée par le nominre de ces jours.

La température moyenne de l'année est la somme des tempélatores moyennes des douze moi^, divisée par 12. Mais il est iiiq[K>rtant de remarquer que Ton arrive au même résultat, II. 41

(4S UVRE VIU« -* lIÊTËOEOLOGIE.

ou à peu pres« par deux autres méthodes : 1^ en prenant seuleoiem la mo jemie du seul mois d'octobfe ; ¥ en penant la moy^AnQ des lempératures correspoudant à une seule heure de la journée^ <{ui serait pour notre latitude Thâure de neuf heures 4ii matin.

£a6n, Ton Be cherche la température moyenne de Tannée que pour arriver à la température mojreane élu iieu; celle-ci est h fmyenne de toutes lès tnojrennes annuelles. JX fiiut de nombreuses années d^observatioos pour obtenir un résultai qui apf^odie un peu de la vérité y et même cette vérité n'existe ({ue sous une condition : die suppose que les changenaents de température auxquels une localité se trouve soumise sont des changements qm s'accomplissent par osdllation et non par progression. Si un dimat pouvait être d'une manière indéfinie progressiiement chaud ou progressivement firoid» il ne faudrait pas cherdier sa température moyenne sans cesse changeante^ il faudrait cfaerdier la loi de la progression ax>issant0 om décroissante de cette température ; elle serait irrégulière sans doute, mais elle existenit : tout phénomène durable est soiimi& à une loi. Les observations tendent à démontrer que tons les dionls de la tare sont staUes, el que leurs vicissitudes ne sont qde dès périodes oo des (MciUfttions plus on moins étendues. U existe donc une tempmuire moyenne j^opre à chaque lieu » et c'est là une donnée iondtaaentak que nous avons à déterminer* Dans les dimats o« les ohaervatioBS de phfcûeurs années snooessivea donnent des Bio;e»nés trèflrdifférenles^ il fiaut un très-grand nombres d'années pour nbtemr u»e ten^pératiaè moyenne qui approdie de k véiité.S'il aifive> par «xen^le, que k plus grande difiGérenee entre les moyennes de vingt amséeft conaécutives s^âève jusqu^à &*, on poum flaipposer, avec quelque prohabilité, qoe cent années di<^ serfatsona de«meront «ne moyemae qui sera enccie en cirev 3e ^ de degré on de ^ de degré» Au contraire, ai k plus grmk différence entre ces moyennes ne s'élève qu'à 1*, on pourra flfpœer qm cent années d'nhaervationa donnerait une md^enne dnnt Verreur ne dépunera pas |^ dk degré. . Par exemple, à Paris, la moyenne des trente. dernières années est de iOP,8a> et kdifférmtn entre kpkn grande elkpks petite de ces moyennes n'atteint pas tout à fcia S^; aînn k wtk moyenne de Paria est mmulenatit connun à irina <k ^ de d|pé

près. Malheureusement, le noiid>re des points pour lesquels on a âiesi des moyennes suffisamment approchées est encoi^ excesshrement restreint. Cependant, M. de Humboldt a essayé de discuter Vensemble des résultats connus, et nous devons donner ici une idée du travail qu'il a pubUé sur ce sujet. {^Mémoires de la Société tTArcueil^ U III.)

Li^aes is^thenMes* — Sur un même méridien, la température moyenne diminue en allant de Féquateur vers les pôles et sur une même verticale la température diminue avec Télévation absolue. Ainsi, la latitude et la hauteur ,au-^dessus du niveau de la mer sont les deux causes générales qui déterminent' la température moyenne d'un point de la terre ; mais l'influence de ces causes est modifiée par une foule d'influences accidentelles ou locales :'la distance à la mer , la présence des montagne, la nature du sol, sa culture et son inclinaison, la direction des Tcnts et tous les phénomènes atmosphériques, sont autant de caus^ secondaires, tantôt constantes et tantôt Variables, qui modifient sans cesse les deux causes générales. On conçoit dès lors qii*il devient très-difficile d'établir de l'ordre au milieu de cette confusion,, et de soumettre à une loi commune des phénomènes si variés.

« Yoici, cependant, quelques définitions qui nous serviront à rapprocher les résultats et à les embrasser dans une teule pensée.

Concevons, par exemple, qu^un voyageur fasse le tour du monde en partant de Paris, et qu'il passe par tous les points de l'hémisphère boréal, pour lesquels la température moyenne est, comme à Paris, de 10*, 8; la route qu'il aura parcourue formera autour de la terre une courbe S égale chaleur; c'est ce que Ton nonune une ligne isotherme. Ainsi, une ligne isotherme est celle qui passe par tous les points de la suiface de la terre pour lesquels la température moyenne est la même. La ligne isotherme de 10*,8 est loin de coïncider avec le parallèle de Paris; elle est irrégulière et sinueuse, c^est^à-dire qu'elle passe par des point» dont la latitude est très-différente de la latitude de Paris. On peut concevoir de même la ligne isotherme correspondant à une autre température moyenne quelconque; elle pourra être sinueuse conmie celle de Paris, mais suivant d'autres lois qui ïul sont propres. L'espace compris entre deux lignes isothermes est

ce qu'où appelle une bande isotherme ou une zone isoth:rme. Ainsi, la zone bolherme de 10* à 5* est celle qui est comprise entre les lignes isothermes de 10* et de 5*.

Nous nous bornerons ici à diviser rhémîsplicre boréal en six zones isothermes, savoir :

V La zone de 30' à 23*, 5, c'est la zone torride,

2*» de 23,5 à 20

3* de 20 à 16

4' de 15 à 10

5«» de 10 à 5

6** de 6 à 0,

et nous Indiquerons seulement les sinuosités générales de ces différentes zones.

Zone torrldc. — L'ensemble des observations indique que la température moyenne est, sous Téquatéur, comprise entre 27*, 5 et 28*. Cependant, cette moyenne est modifiée par la grande étendue des mers équatoriales ; sous la ligne, les continents n occupent que le sixième de la circonférence de la terre. Ainsi, en se rapprochant des tropiques, et particulièrement du tropique du Cancer , nous ne devons pas être étonnés que Von trouve des températures moyennes qui dépassent sensiblement celle de IVquateur; pour Pondidiéry, par exemple, la moyenne est de

Cependant les lignes isothermes de 23*,5 sont très-peu sinueuses; tout semble indiquer qu'elles ne font que de très-petites excursions de part et d'autre des tropiques.

Z«ae de «SSS * «O^ — Cette zone embrasse des htitudcs très-différentes : Alger , qui se trouve à peu près sous le méridien de Paris, est un des points qui s'avancent le plus vers le nord, et Ton reconnaît déjà dans les lignes isothermes qui atoiânent 20* une tendance à être convexes vêts le pôle dans Icois points qui correspondent au centre de l'Europe.

Trnme dte IM* A iS*. — Cette zone passe par les cotes de France sur tout le littoral de la Méditerranée par une latitude moyenne de 43*,' et ensuite elle se rabaisse^ soit à l'est vers Nangasaki et les cotes du Japon, soit à l'ouest vers Natchez, sur ks bords du Mississipi auprès du golfe du Mexique.

Z*ae de iS* A iO*. — Si l'on prend encore dans cette zone

CHA?. I. — ZONES. Cir>

les villes de France dont la température moyenne est de 12 à 13*, on voit que leurs latitudes sont plus grandes que celles des points de même température, soit à Test. comme Pékin, soit à l'ouest comme Cincinnati, New- York et Philadelphie, Aussi, dans b zone tempérée , à latitude égale , le climat d'Europe est plus chaud que les climats de" l'Asie et de rAmérique..

Zmk de f O a s*« — En comparant les températures moyen*^ «es de Fayettleville et de Copenhague , celles de Québeq et de Siockholm , celles de Kendal et de Berlin , ou. reconnaîtra île pliis en plus la différence qui existe entre le clfmat du méridien de Paris 0t les clunats qui sont* à Test et à Touéàt de ce méridien.

Zo«e de S* A O*. — Il est à regretter que Ton ne possède pr.s dans cette zone quelques séries d'observations dans la Sibérie et dans le nord de l'Amérique* Ces observations seraient d*autant plus intéressantes qu'elles permettraient de tracer avec quelque prrcision les limites où va s'éteindre la végétation. Cependant celte bande parait comprendre les latitudes de 60* à 70*,

Régions polaires. — Les diverses expéditions qui ont été •ailes vers le pôle boréal, dans ces dernières années, ont fourni w» grand nombre d*observations précieuses, desquelles il semble résulter que la température ûix pôle lui-même serait comprise entre 25* et 38* au-dessous de 0.

Tempéra.tnres inoyeitnes desjoars, des mois et dès salsomSf <?nipérat«res extrêmes et ellmats. — Les climats sont caractirisés, en ce qui dépend de la chaleur, et par la température ' "ïf>yenne de l'année et par les variations que la température dcô jours, des mois et des saisons, peut éprouver. On peut dire que >î? dimat est brillant dans la zone torride , chaud dans Ja zone Je 23^5 à 20*, (fotuc dans la zone de 20* à 15«, tempéré dans la zoucde 15 à JO%//o/V/danslazonede 10* à b\ très- froid às^ns . 1^ zone de 5* à 0, et glacé dans la zone dont la température liioyenne est au-dessous de 0. Mais les climats qui appartiennent ^ la même zone ou à la même ligne isotherme doivent se distinguer entre eux ; et nous proposerons d'appeler climats constants ^^"•ïx qui n'offrent pas de grandes différences dans le cours de ïî^nnée entre les extrêmes de la clialeur et du froid; climats *'nriab/es ceux qui offrent d'assez grandes différences; et , 'lèpres Buffon et M. de Humboldt, nous appellerons climats

64e LIVRE Vm. -- MÉTÉOROLOGIE.

excessifs ceux qui offrent de très-grandes différences. Le tableau suivant offrira un exemple de cette distinction.

Tomp^rataM T)BiU|iétfltura Tmpératviv

SoBU des liras. moyviuM aoy. 4a noU WÊoy. da mmU IKffécacti.

do l'aBii^. le pla« cliaad* le pl«i froUU

Foilohal 20,3 24^2 17,2 7,0

Saint-lUlo 12,3 4t,4 M «M

Pwris.. ........ 40,«., 48,J& J,» «M

Loodre*'. 1. 40,2 18,0 3,2 <«,«

Wew-ToA 12,1 ^,1 — 1,7...- 30,»

Pékin 42,7 29,4 — 4,4 *M

Funçhal a un climat constant : ce caractère appartient presque toujours au climat des îles.

Saint-Malo , Londres et Paris offrent un exemple de dimats variables, tandis que New- York et Pékin ont évidemment des climats excessifs.

n suffit de réfléchir un instant sur Tinfluence prodigieuse que la chaleur et le iroid exercent sur tous les êtres organisés, pour concevoir que, à température moyenne égale, les productions ne peuvent*être les mêmes dans les climats excessifs et dans les dimats constants ou vaiîables.

Ce n^est pas seulement par ces distinctions tranchées que les climats peuvent être caractérisés : s'il suffit de quelques degrés de froid de plus pour faire momir les plantes , et de quelques degrés de chaleur de plus pour faire mûrir les fruits, il est crident aussi que l'époque et la durée des grandes chaleurs et des grands froids sont des éléments indispensables à la connaissanoe des climats. Ainsi, les observateurs ne doivent pas songer seulement à déterminer les températures moyennes de Tannée et les températures moyennes des mois les plus chauds et les plus fit>ids, mais ils doivent parvenir enfin à déterminer la distribution de la chaleur dans tout le cours de l'année, et, pour cela, les observations journalières sont nécessaires. Ces obserratioBS une fois &ites , il ne reste pins qu'à les combiner , d'après de bonnes méthodes pour arriver aux températures moyennes des jours, des mois et des saisons.

Nous ne terminerons pas cet article sans rapporter encore, d'après M. Arago , les extrêmes de chaleur et de firoid qui ont

CHAP. I. — TSMPÉRATUlIfiS MnTBUNES. Wl

éié ôbseryës k rObseiratoire de Paris {Ammairt du Bmvam des Longitudes^ 189^.

MÂXIXUII DB LA CHALEUB.

JIBIlCCSa

Moif.

8M>èt

7jaillef

44j«aiet

44 juillet

8jmIlcC

4 S joitlet

48 août

lOOS

8aoAt

4 5joiUet

94j«lkt

MAXIMVX DU FBOID.

43 jaaTwr 43 janvier 8 JanvifT 8 janvier 8 jauTier 39 jaoTier 30 àkeemhn 34 déuCBRura 96 jaftvicr 38 décerobw t4juiTMr

Tcnipcirat* ctefrès ccntipa -.«3,1

n parait aussi que les phis hautes températures de Tair qui aient été observées sous la zoue torride se sont élerées de ¥f à 50*, et qtie Lyon et Ritchie ont même observe une température de 54* à Toasis de Mourzouck.

D*une autre part, dans les régions polaires, le capitaine Pany a observé quelquefois des températures de 40^ à 50* au-dessous de 0, ce qui donne environ 100* pour la limite des variations extrêmes de températureque Tair puisse éprouvera la suN face de la terre.

Teaipérmtwres à diverses kastevM a«-dess«s dv sol* — Tout le monde sait que la température décroît à mesure que Ton sVlève dans l'atmosphère : on en voit une preuve assez frappante dans les neiges étemelles qui couvrent les hautes montagnes, comme les Alpes et les Pyrénées dans nos climats tempérés, le Chimborazo et les volcans de Cotopaxi et d^Antisana, sous la zone torride, presque inunédiatement sous la ligne équinoxiale. On a fait beaucoup d'observations pour déterminer la loi de ce décroissement,.mais cette loi paraît différente pour les différentes latitudes. Ainsi, dans les régions polaires, à Ingloolick, latitude 69* 21', le capitaine Parry a élevé un cerf-volant à 130 mètres environ de hauteur avec un thermomètre a minima^ et dans cette haute région la température était de 31* au-dessous de 0, comme sur les glaces de la mer.

G 18 UYRE VIU. -- MÉTÉOROLOG»:.

Squs IVquatcur, M. de Humboldt a Fait un grand nombre d'observations dont les résultais généraux sont eipnmés par le tableau suivant :

Haateor. Tempérât, moyennç. DifTérfoce.

• iOOO 2l-,8 5,7

Ainsi, dans ces régions, sur les flancs de ces montagnes, non moins prodigieuses par leur épaisseur que par leur élévation, le décroisscment de la température n'est, pas uniforme; on voit qu'il est le plus petit possible entre 1000 et 3000 mètres. Cette couche de ratmosplière est, sous Féquateur, la région habituelle des nuages ; c'est là que les vapeurs, plus ou moins condensées, absorbent en plus grande proportion la chaleur solaire, et Ton ne doit pas s'étonner que cette région soit en effet moins refroidie que celles qui appartiennent a un air plus pur et plus transparent.

L^ observations qui ont été faites dans nos climats donnent encore des nombres très-différents. Dans son ascension aérostatique, M. Gay-Lussac a trouvé 174 mètres d'élévation pour I* d'abaissement. Dans les Alpes on trouve 140 à 150 mètres; dans les Pyrénées, de 538 à 125 mètres. On peut admettre en moyenne environ 200 mètres pour les régions équatoriales, et environ 170 à 180 mètres dans nos latitudes.

26o. Limite des aei|^e» perpétaeiies. — Il nous reste à examiner maintenant quelles sont, dans les divers climats, les hauteurs auxquelles il faut s'élever pour trouver sur les flancs des montagnes cette limite de séparation entre les cimes toujours neigeuses et les terres qui reçoitent les rayons du soleil, d" 'moins pendant quelques semaines, et qui peuvent produire une végétation plus ou moins active. On avait cru pendant longtenJp que là où commencent les neiges éternelles, la température moyenne de l'année est essentiellement la températiu^ d^ J* glace fondante ; mais M. de Humboldt a démontré par 1 expérience qu*il n'en est point ainsi, et les observations de M. LéopoW

CBAP. I. — UmT£S DES NEIGES. 61»

de Buch sur les neiges perpétuelles de la Noi-wége et de la Laponîe out donué à cette yérité une pleine confihn^tion. Dans la zone torride , à la limite des neiges , la température moyenne de Taîr est de 1^,5 au-dessus de zéro ; tandis qu'en Norwége, entre 60* et 70* de latitude, cette température moyenne s'abaisse à 6* au-dessous de zéro. Il n'est pas difficile de se rendre compte de ce phénomène; car, suivant la remarque de M. de Buch, la limite des neiges dépend surtout de la température des mois les plus chauds de l'année ; elle s'élève quand cette température est plus haute, et s'abaisse quand cette température est moindre. Or, la température dos mois les plus chauds dans uu Kcu déterminé, dépend de Tétat plus ou moins pur, ou plus ou moins brumeux de l'atmosphère, de la nature et de l'iaclinaison du sol, des vents auxquels il est exposé, etc. ; et l'on conçoit que, toutes choses d'ailleurs égales, la limite des neiges sera d'autant plus relevée que la masse des neigea sera élle-onâme moins étendue.

Un pic de petites dimensions qui prendrait naissance dans une plaine pour s'élancer dans les airs jusqu'à la région des neiges, aurait toujours vers son sommet des mois d'été beaucoup plus diauds qu'un massif énorme qui, après s'être refroidi pendant l'hiver, peut réagir plus longtemps sur l'air tempéré qui l'enveloppe en été, et déterminer au loin un abaissement de température plus ou moins sensible.

Nous avons rassemblé dans le tableau* suivant les principales observations qui ont été faîtes jusqu'à présent sur la limite des neiges perpétuelles , depuis l'équatcur jusqu'aux latitudes de 60* à 70*.

650 LIYRS Vm. — MtTfiOROLOGII.

HAQlMiOi* la

Latitadeet nom

Momt

limite d«« atiges

dé robserratcQrw

det litox.

•a-dcfltvsdt

RacopicfainclMi

Huaupicbincha,

0 à 40» - I AntUmui i l'j^^m i &

M. de Homboldt i Comon ,.. ' '

Cotopazi.^ ......

Chimbonso. .«.

! Cordillère orieatale da hâot Pérou ; Cordillère occidentale àa beat Péroo

IOribaa ;..

Popocatepetl FemmehUnchè Berado de Tolaea. .........

M, Webb * ^'* I ^^*™»**y» iV^^ méridionale). 3860

' HimalaTB (pente tepteatrioiialej fiOOO

EogelbardeetParrot..-!^»*^: ^ •'• "*M .,

Ramond . Pyrénées..; 2119) '

4S i 40« Alpes 2670 4

M. Wablenberg | Carpatbe. 959S

&fO«

M. LéopoM de ButJi. .

M. Léopold de Bocfa. .

Pic de Saledad. . '. 1690

Le Stomne-Field 1060

Nous ajouterons ici, d'après M. de Hund>oIdt, quelques con* sidérations sur chacune de ces localité (Mém. de M. de Humboldt sur la limite inférieure des neiges, etc. , Ann. de Chim. et de Phys., t. XIV, p. 1) :

1^ Sous rëquateur, dans le massif prodigieux des Andes, que les Péruviens appellent fastueusemeni la Cordillère royale des neiges y on ne trouve pas d^une cime à l'autre, et pour les diverses saisons de Tannée, une oscillation de plus de 25 à 30 mètres dans la limite des neiges.

Dans les plaines habitées d'Antisana, qui sont couvertes d'un superbe gazon composé d'herbes aromatiques, il tombe quelquefois, à 4200 mètres de hauteur, trois ou quatre pied^ de neigei qui se conservent pendant cinq ou six semaines.

Dans le royaume de Quito, on ne voit jamais de neige audessous de 3700 mètres, où la température moyenne est d^en* viron 9*.

La grêle descend plus bas que la neige, à 1000 mètres et même à 600 mètres ; il en tombe tous les cinq à ùl ans une fois.

GHAP. I. — LDDTES DES NEIGES. 051

als il ne paraît pas qu'on en ak jamais tu dans les plaines in*

rieures.

H paraît fort douteux qu'en Afrique on troure près deTëqua*

ir des montagnes assez hautes pour offirir à ces ^^îm^i^ , le

->ctacle dès neiges étemelles.

T Uobsprration de M. Pentland est. très-remarquable, puis-

eDe fait voir que, du 14* au 19* degré de latitude australe, la

ite des neiges est plus élerée que sous Téquateur lui-même ;

•erait important de connaître Tétendue des oscillations an<«

îlles que cette liinlte peut éprouver, afin d'en déduire Fin-

!Dce des plateaux et de la configuration du sol.

t* La limite des neiges ne s's^aisse que de 215 mèlres en

»nt deTéquateur à la latitude de 19 à 20*, c'est-à-dire dans

' étendue de 4Ô0 lieues.

I oscillation annuelle des neiges est ici beaucoup plus grande

sous l'équateur; elle atteint quelquefois jusqu'à 600 ou mètrçs d'étendue.

peu près à la même latitude , les îles Sandwich présentent -\\liyhee la cime remarquable de Mowno-Roa, à laquelle lonne plus de 5000 mètres de hauteur; il serait curieux

avoir une mesure exacte, car Q paraît bien constant qu'elle arfois entièrement dépouillée de neige.

' La pente méridionale de l'Himalaya donne la limite des » à peu près à la hauteur que l'on pourrait déduire des obétions mexicaines; mais la pente septentrionale présente un lomène bien extraordinaire, puisque, d'après les mesures 1. Webb et les observations qu'il a faites au temple de Ke» ach et au col de Niti^ la limite des neiges s'élèverait à mètres, c'est-à-dire à une hauteur plus grande que sous Té- ^ur. C'est assurément dans Timmense étendue des plateaux ns la configiuration du sol qu'il faudrait chercher l'explicale ce phénomène étonnant.

Le Caucase et les Pyrénées sont à la même latitude , et idant la limite des neiges se trouve au Caucase à plus de nètres plus élevée qu'aux Pyrénées. La température des les plus chauds dans ces deux contrées donnerait sans

des indications précieuses sur la -cause de cette diffé-

Les observations de M. Léopold de Buch sur cette vaste

G52 LIVRE YIII. — MÉTÉOROLOGIE.

chaîne qui sépare la Norwége dans toute sa longueur , et qui s'étend depuis le 58* jusqu'au 71® degré de latitude, sont bien propres à montrer l'influence que Tétat brumeux de ratmosphère peut exercer même sur la limite des neiges. Car on ne peut douter à présent que le relèvement considérable de cette limite jusqu'à 1600 mètres dans ces hautes latitudes, ne soit un effet de ces circonstances et du voisinage de la mer.

Températures à dwerses profondeurs au-dessous du sol.

866. De Inexistence d*aiie conehe ioTariable, sitafée à aac ccréaine profontfear aa-dessom da sot, et dans laquelle It température reste la même depuis des sièeles. — Dès 1671, Cassini avait reconnu que Ja température- des caves de r01)seiTatoîre de Paris n'éprouve aucune variation dans le cours d'une année. En 1730,.Lahire avait observé le même fait; mais le comte de Cassini, enlevé récemment à l'Académie des sciences, conçut le premier tout ce qu'il y avait d'important dans ce phénomène remarquable : en 1771 ,^ il commença quelques sàîes d'expériences pour l'étudier, et, le 4 juillet 1783, il établit enfin dans les caves de l'Observatoire, de concert avec Lavoisier, œi appareil très-sensible qui devait donner des résultats décisifs. Cet appareil, conservé et réparé par les soins de Bouvard, na éprouvé aucun changement depuis plus de cinquante ans. Il est ^ disposé de la manière suivante : ^

Sur le sol des caves, à 27",60 au-dessous du pvé de ^ rOblservatoire, s'élève un massif en pierre de 1"*,30 de hauteur, , portant un grand, vase de verre i'f^' (Fie, 2), de 50 centimètres . de hauteur sur 35 à 40 centimètres de diamètre. C'est dans ce vase rempli de sable très-fin qu'est ajusté le thermomètre wj son échelle hh' est de verre ; elle est maintenue daus un cadre de cuivre, qui est lui-même fixé sur les parois de la dochc au moyen des traverses j, /, /, et des agi-afes^, gjg"' Ce thermomètre a été cônstiiiit autrefois par Lavoisier avec du mercure bien purifié; la boule a enviroA 7 centimètres de diamètre; le titbcf est très-fin ; un degré occupe sur sa longueur 95 ou 97 mimmctres. Ainsi , l'on peut aisément apprécier les demi-centièmcs de degré qui occupent encore les -^ d'un millimètre enviro»' Gomme ce thermom^ètre ne marque que 15' ou 16* au-dessus

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