‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] Planches (volume 2)Chapitre 192 sur 240 · CHAP. II. — BROUILLARDS · texte numérisé non relu

CHAP. II. — BROUILLARDS

exister avec cette £(Ht;e élastique à une température de 20*, il £siut bien qu'elle se condense en partie jusqu'à ce que la force âasdque soit réduite à l7 millimètres, qui est celle qui correspond à 20* de température. Le brouillard sera donc d'autant plus intense que la température de l'eau sera plus élevée audessus de la température de l'air, et que l'air sera lui-même plus humide, puisque, s'il était saturé, il faudrait que toute la Tapeur nouTelle se condensât à mesure qu'elle anÎTe.

Les brouillards qui ^ forment sur la mer, les lacs, les fleuves et les rivières, ont précisément ta mêmie origine : plusieurs observateurs se sont assurés, par des expériences directes, qu'au moment de leur formation, la température de l'air est toujoun moindre que la température de l'eau. Cependant o^te condi^ tion, qui est. toujours nécessaire, n'est pas toujours suffisante : quand l'air est sec et fort agité, il emporte la vapeur et la disperse à l'instant où elle se forme, sans qu'il en résulte une condensation sensible : mais quand J'air est calme et déjà humide, la vapeur s'élève lentement, et se condense presque en totalité ; c'est précisément ce qui arrive auprès de toutes les sources pendant l'hiver.

On observe assez souvent des brouillards dans des circonstances qui semblent tout à fait différentes. Par exemple, au moment du dégel, quand la température de l'air est très-sensiblement plus haute que la température de l'eau, on voit encore des brouillards très-intenses se former sur les rivière^, même quand elles sont encore couvertes de glaces : mais les apparences seules sont diangées, le principe est le même. £n effet, dans ce cas, Fair chaud est saturé d'humidité, et, lorsqu'il vient se mêler à l'air qui a été refroidi par le Contact de la glace ou par le omtact des autres corps froids, sa vapeur se condense.

C'est la même cause encore qui produit les4>rouilIards sur les rivières pendant l'été, après les pluies d'orage. L'air est plus chaud que la surface de l'eau, mais il est saturé d'humidité, et, dès qu'Û approdie des Ueux ou la fraîcheur de la rivière se fait • sentir, fl faut bien que sa vapeur se condense, puisqu'elle se refroidit.

En général, le mélange de deux airs saturés d'humidité et inégalement chauds produit essentiellement du brouillard, parce que la moyenne températare qui en résulte est trop basse pour

contenir la moyenne force élastique de la Tapeur. Par exemple, de Tair saturé d'humidité à ô^ se mêle à de l'air saturé dlnimidite à 15*; la température moyenne sera IC^ : mais la force élastique qui correspond à 5* est 7 millimètres, celle qui conrespond à lô^ est 13 millimètres; la force élastique moyenne est 10 millimètres, qui ne peut exister dans de Fair à l(f , puisque le maximum de force élastique correspondant à cette température est seulement de 9 millimètres.

Les nuages ne sont autre chose que des amas de brouillards plus ou moins épais, suspendus à diverses hauteurs dans Tatmosphère, quelquefois immobiles, et le plus souvent emportés par des courants d'air ou par des vents impétueoir. Tous les brovillards qui se forment à la surface de ta terre ^ dan^ tes lieux Immides, au fond des vallées, sur tes collines, autour des pics élevés ou des cimes neigeuses, deviennent des nuages lorsqu'ils sont entraînés par tes vents sans être dispersés. Biais les nuages peuvent avoir aussi une autre origine ; ib peuvent se fonner directement au milieu des airs, soit par la rencontre de deux vents humides inégalement chauds, soit par la condensation de^ vapeurs, lorsqu'elles s'élèvent en abondance dans des régions qui sont trop froides pour les contenir à l'état élastique.

On admet, en général, que tes vapeurs qui oonsûtneat les nuages sont des impeurs çésiculaires^ c'est-à-dire des amas de petits globules remplis d'air humide, tout à Sût analogues aux buttes de savon. C^ gtolmles se distinguent très-Iiien à l'oeîl no dans tes brouillards qui ^'élèvent sur l'eau duwde^ et particn* lièrement sut la surfiice d'xme dissolution noire c(Mmne le cafi. Leur densité est essentiellement plus grande que iseUe de Fair, à cause de la pellicule liquide qui forme leur envdoppe, etiteH assez difficile d'expliquer comment ils peuvent, malgré œtexoi de densité, rester suspendus au milieu des ans. Gay-Losoc pensait que les conrants d'air chaud qui s'élèvent iiiiiiwainaifit de la terre pendant le jour ont une grande influence pour déterminer l'ascension et maintenir la suspension des nuages. Fresnel supposait que la chaleur solaire , alisorbée dans le sdn des nuages, en forme des .espèces de montgolfières qui s'élèvcat à des hauteurs d'autant plus grandes que l'excès de température est plus considérable. Ces deux causes sont sans doute trea* efficaces; mab nous avons jusqu'à présent trc^ peu de données

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sur la rentable conititution des nuages et sur les pit^riëtes des Tapeurs ou des éléments divers qui les composent, pour tenter one explication complète de ce phénomène. Nous ne pourrions, k plus forte raison, présenter que des conjectures plus ou moins hasardées sur les causes qui déterminent la forme des nuages, leur étendue, leur élévation, leur couleur et toutes leurs appa- Fences ai yariées, dont les météorologistes doirent faire une étude particulière.

DB LA FLUIB, DB LA HEIGE, DU TBRGLAS, DU GBisiL

FT DB LA GrIlB.

979. La qnantké de pluie qui tombe annuellement sur un même point de la terre est un élément météorologique dont la détermination est très-importante. Les instruments qui servent à cet usage sont appelés udomètres; quelques observateurs les nonunent pluifiçmètres. La figure 20 représente Tudomètre ordinaire : c'est un cylindre en cuivre de 15 ou 20 centimètres de dianiètre; il se compose d'un récipient a et d'un réservoir b. Le récipient porte un fond conique percé d'une ouverture ; il s'ajuste à mouvement de baïonnette sur le réservoir. Au fond de celui-ci s'ouvre un tube coudé c qui se relève le long de la paroi extérieure; là il reçcHt un tube de verre d^ qui est divisé en parties égales et qui sert à indiquer la hauteur du liquide intérieur. On mesure exactement la smfece du récipient a ; oïl jauge le réservoir b pour connaître la quantité de liquide qui correspond aux diverses divisions du tube //; et il est facile ensuite d'en déduire la quantité de pluie^ c'est-à-dire, ïépaiiseur de la cou* che qu'elle aurait formée dans uU vase à fond platet horizontal.

L'udomètre de l'Observatoire de Paris est représenté dans la figure 21. Le rédpient est en a, le réservoir en b\ l'eau tombe du récipiend dans le réservoir au moyen du tube d ; un peu audessous du réservoir est une cuvette cylindrique, jaugée avec soin , et portant sur sa paroi intérieure des divisions qui indiquent en centimètres la hauteur du liquide. Le récipient a 76 centimètres de diamètre et la cuvette 24 centimètres , de telle sorte que sa surface est la 10*^ partie de celle du récipient. On emploie aussi de petits vases gradués pour mesurer les petites fractions. Cet appareil est exposé au milieu de la cour de l'Observatoire ; il est porté sur une petite charpente eu chêne, for-

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mant une espèce d'armoire , dans laquelle sont renferanés le réservoir, la cuvette et les vases gradués.

^Un appareil semblable est disposé au-dessus de la terrasse de rObservatoire ; son récipient est à 28 mètres au-dessus du rédpient de la cour; il est, comme celui-ci, parfaitement libre et découvert.

Voici le résultat des observations qui ont été faites pendant 22 ans, au moyen de ces deux instruments.

Tableau des quantités de pluie en centimètres qui ont été recueillies à l'Observatoire de Paris de iSil à 1838.

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