‹ Élémens de physique expérimentale et de météorologie. [With] PlanchesChapitre 9 sur 232 · CHAP. II. — DIVISIBILITÉ. I · texte numérisé non relu

CHAP. II. — DIVISIBILITÉ. I

certain degré de petitesse, et, d'une autre part, que ces dernières parcelles qui commencent à nous échapper sont encore composées d^un nombre inunense de parties distinctes.

C'est par le sens du toucher et par celui de la vue que nous jugeons de la grandeur des objets , le goût et Todorat nous instruisent de certaines qualités des coips, sans rien nous apprendre de leur forme; et, chose digne de remarque, par le sens de l'ouïe, qui est chez les aveugles un instrument d'une si merveilletise délicatesse pour juger des distances, nous ne pourrions jamais nous élever à l'idée d'une figure déterminée, ni à ridée de la grandeur, ni à celle de la petitesse.

Le sens du toucher existe dans tous nos organes, soit à l'intérieur, soit k la surface; mais il s'exerce ti'ès-diflféremment. A Fintérieur, nous n'avons que des sensations vagues des corps étrangers qui nous touchent ou qui nous blessent; et, dès que le contact est un peu prolongé , toute sensation locale disparait ; nous n'éprouvons plus qu'un sentiment général; une manière d'être plus ou moins douloureuse , dont nous ne démêlons ni le siège ni la cause. C'est sans doute par une raison semblable que nous ne sentons rien en dedans de nous-mêmes, ni les substances solides, comme les os, ni les substances liquides, conune le sang , même quand elles circulent avec une grande rapidité. A rextérieur, tous les points de la surface peuvent sentir distinctement le contact des corps étrangers ; mais c'est la main qui est le Teritable organe du toucher ; on sait que c'est par elle que nous prenons l'idée des contours et des formes géométriques des corps, et que c'est par elle aussi que nous pouvons percevoir les objets les plus déliés. Sur une surface polie, la main exercée d'un aveugle peut sentir des grains de poussière d'une telle té» nuité qu'il en faudrait des centaines , rangés à coté l'un de l'au» tre, pour faire la longueur d'un millimètre. Une main moins délicate peut sentir distinctement un fil de laine ou un fil de soie d'un seul brin , et cependant ces fils n'ont pour l'ordinaire que les dimensions suivantes :

Diamètre en mîlliinètreft.

Laine ordinaire. • • • 0*",05 ou j^ de miUimèu*e.

Mérinos Û*^ ,02

Saie O^iOl

lUU

lOU

16 NOTIONS PRSUUIN AIRES.

La plupart des fourrures recherchées , conune le castor ei lliermine, ont u»e finesse qui est comprise entre le mérinos et la soie , et la plupart des laines de différentes espèces sont comprises entre le mérinos et la laine ordinaire. Ces filaments, qui ont une si grande finesse et qui sont à peu près les dernières grandeurs que le toucher puisse percevoir, sont cependant des coips très-composés; chacun d'eus a une structure particulière que le sens de la vue peut seul nous faire connaître; chacun d'eux contient des éléments très-divers, qui sont préparés par la nutrition , sécrétés par les organes, et que la clùmie peut séparer de nouveau et remettre en évidence.

Le verre, qui est un produit de l'art, et dans la composition duquel il entre plusieurs substances différentes, peut être filé eraunc la soie. Pour en faire l'expérience, on prend un tube Ae Verre assez fin, on le présente, vers le milieu de sa longueur, à la flamme d'une bougie, et, quaud il est chauffé dans cet endroit jusqu'au rouge blanc, ou tire les deux moitiés coomic pour les séparer ; alors il se fait entre elles un fil d'une brasse de longueiu-, qui a toute la finesse de la soie , et qui en a presque la souplesse; cependant ce filament de verre est encore asse'& épais pour foimer lui-même un tube ayant ses parois et son canal intérieur par lequel on peut faire passer des liquides.

Mous pourrions pousser bien plus loin les expériences sur notre sen^îlité organique , si les corps ne devenaient pas trop Jlexildes à mesure qu'on les divise en filaments plus minces. Si, par exemple, un fil niHIc foî:^ jilus fin qn'nti fil île soie pouvait

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