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CHAPITRE VI

DES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL , DE LEURS FORMES, DE LEUR STRUCTURE ET DE LEURS FONCTIONS.

On appelle Végétaux ou Plantes, les êtres vivans privés des organes des sens et de ceux du mouvement volontaire , qui se nourrissent et se développent par une succion , ou absorption , exercée à l’extérieur, et qui n’ont jamais de cavité digestive. On nomme Botanique ou Phttologie la science des végétaux, que nous allons exposer ici d’une manière abrégée, en étudiant successivement leurs formes générales, la structure et les fonctions de leurs organes en particulier, les différens moyens employés actuellement pour les connoître , ainsi que les propriétés et les singularités les plus remarquables que les plantes peuvent offrir.

Tout végétal provient d’un individu semblable à lui-même : il s’accroît en tirant du dehors, et principalement des substances non organisées , les éléraens qui le composent : il perpétue son espèce ou sa race par une véritable génération, à la suite de laquelle ses semences ou ses graines isolées se développent de la même manière que l’individu qui leur a donné naissance : enfin le plus ordinairement il périt ou meurt à une époque fixe et déterminée.

La semence qu’on nomme un haricot, par exemple , s’est formée dans le fruit d'un végétal. Cette graine contient sous ses enveloppes une très-petite plante semblable , en miniature, à celle dont elle est provenue.

Qu’on place ce haricot dans une terre humide et un peu échauffée, bientôt l’action de la vie se manifeste : la graine absorbe l’eau , et elle se gonfle si fort que la peau qui la recouvroit se déchire. Il sort par la rupture qui s’est faite , une partie blanche , pointue ,qui s’enfonce verticalement dans la

terre : c’est une petite racine qu'on nomme une radicule. (A, fig. 23, PI. vu.)

Quand la racine s’est un peu développée, elle soulève toute la masse du haricot qui se sépare alors en deux lobes, qu’on nomme souvent feuilles séminales ou mieux cotylédons ( C , C, fig. 22 et 23, PL vu ). On voit au milieu une partie d’abord jaunâtre, qui s’alonge, verdit, présente de petites feuilles ; enfin c’est une petite plante qu’on nomme plantule { B, fig. 22 et 23, PL vu ), et dont la portion supérieure est appelée plumule.

Pendant cet accroissement , les lobes ou les cotylédons du haricot se dessèchent et tombent ; le radicule et la plumule continuent de se développer. L’une se prolonge en filamens déliés dans l’intérieur de la terre pour en absorber l'humidité ; c’est ce qu’on appelle le cheuélu :Vantre s’élève dans l'air; elle est composée d’une tige qui supporte des lames vertes, aplaties, qu’on nomme feuilles , et d’autres parties qui, paroissant plus tard, se dessèchent quelques jours après s’être épanouies. Ce sont \e%fleurs. (310.)

Ces fleurs contiennent les organes de la génération. Quand elles sont flétries, il leur succède un fruit qui s’alonge , se gonfle et se flétrit à son tour. Enfin la plante se dessèche et meurt tout-à-fait. Mais dans la plupart des fruits qu’on nomme légumes ou gousses (320), on trouve sept à huit graines ou haricots absolument semblables à celui dont nous venons d’indiquer le développement.

Le plus grand nombre des végétaux a la même origine; ils croissent, se propagent et périssent : mais comme tous présentent

DES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL

quelques particularités dans ces diverses périodes de leur existence, on s’est servi des observations auxquelles le nombre, la forme et la position de leurs organes ont donné lieu, pour les distinguer entre eux et pour leur assigner des caractères. De sorte que la première étude à faire en botanique, c’est celle des fonctions des plantes et des organes ou instrumens qui leur sont destinés.

On ne connoît encore dans les végétaux que les facultés de se développer et de se reproduire, ou les organes de l’absorption et de la génération. Encore n’a-t-on que des idées bien incomplètes sur la nutrition des plantes, quoiqu’on sache en général comment se fait leur développement, comment elles respirent, et qu’on connoisse assez bien les matières qu’elles sécrètent, ou qu'on retrouve dans quelques unes de leurs parties, ainsi que nous allons l’exposer.

Une jeune plante qui germe, peut être considérée comme un moule organisé et jouissant de la faculté d'attirer les élémens qui l'entourent , de les forcer à s’introduire dans des interstices préparés d’avance, pour lui donner la forme que la plante doit avoir et pour la faire croître en tous sens. On nomme germination le phénomène qui a lieu lorsque l’embryon contenu dans la semence s’y développe, ou sort entièrement de ses enveloppes. La masse , imprégnée le plus ordinairement par l’humidité, commence à se gonfler, à se dilater de manière à rompre la petite peau ou à la déchirer, et à laisser sortir l’embryon ; mais comme cet être est dans l’impossibilité de changer de lieu, il falloit que ses organes absorbans fussent situés au dehors.

La racine est toujours la partie la plus inférieure de la plante 5 celle qui la fixe, soit dans la terre, soit sur d’autres végétaux, et qui tend conlamment à descendre. Elle ne verdit jamais, dans ce cas. Sa forme varie beaucoup (1) ; en général elle produit

(1) On a donné des noms divers anx difiërentes sortes de racines. Ainsi la pomme de terre (PI. 1, fig. 1) est line racine tubéreuse ; l'oignon (fig. 2) est un bulbe, qu’on a regardé comme une racine ; c’est un vrai bourgeon, mais radical, dans lequel

ce que l'on nomme vulgairement le cheifelu, ou une infinité de petites fibrilles qui se terminent par des poils très-déliés, à l'extrê* mité desquels on présume qu’il y a des pores ou petits trous qui communiquent avec l’intérieure de la plante.

Ces pores sont autant de petites bouches qui sucent les fluides qui les avoisinent. On prouve cela par plusieurs expériences : ainsi toute plante placée dans la terre la plus propre à sa végétation ,y périt si on lui coupe les racines, ou bien elle languit jusqu’à ce que de nouvelles se soient développées. Quelques plantes qu’on avoit arrosées avec de l’eau colorée ont absorbé ce liquide, qui a, par là, indiqué son passage. Enfin il est d’expérience que des plantes isolées, placées dans des pots dont on oublie de mouiller la terre, périssent en très-peu de temps, et si l’on examine alors la terre qui environne les racines , on la trouve entièrement desséchée. Aussi, en général, les plantes qui poussent le mieux sont-elles celles qui végètent dans un sol humide.

Mais ce n’est pas l’eau pure que les pores radicaux aspirent; on a prouvé, par des expériences positives , que l’eau distillée , par exemple, ne peut pas servir au développement des végétaux, et qu’il faut, pour qu’une plante se nourrise bien, que l’eau qu’elle pompe soit chargée de quelques matières terreuses ou d’origine organique , et surtout d’acide carbonique. C’est en effet la source principale de la substance solide qu’on nomme corps ligneux , ou le ligneux qui produit le charbon et qu’on retrouve eu grande quantité dans les plantes et ce qui forme le bois.

On appelle sère ou sucs séveux les humeurs aqueuses que I on trouve dans les végétaux , et qui paroissent servir à leur nourriture. On a remarqué que ce fluide étoit abondant dans les jeunes plantes, et qu’il disparoissoit dans les vieilles. On a vu aussi

le plateau représente la tige, les écailles, les feuilies,’ les caïeux , les branches et les filets dirigés en bas , les racines proprement dites; le plus grand nombre des plantes et des arbres ont des racines fibreuses

ET DE LEURS FONCTIONS

que la sève étoit plus abondante dans le tissu des bois en certains temps de l’année, comme au printemps et au mois d’août, époques auxquelles, dans notre climat, les bourgeons des feuilles de l’année actuelle ou de la suivante commencent à poindre sur les arbres , et surtout au printemps où ces mêmes feuilles se développent. Quand on coupe alors un sarment à la vigne, la sève en découle aussitôt fort abondamment. C’est ce que les jardiniers connoissent sous le nom de pleurs. En Allemagne on recueille ainsi la sève du bouleau, dont la quantité fournie en quelques semaines du printemps est, dit-on, à cette époque égale à celle du poids de l’arbre entier : c’est une liqueur susceptible de fermentation vineuse qui sert de boisson. Celle d’un érable d'Amérique contient beaucoup de sucre, et l’on emploie divers procédés pour l’obtenir. Les vins , les eaux-de-vie et les sucres de palmiers, proviennent aussi de la sève de ces végétaux qui croissent abondamment dans les Indes et en Amérique.

On avoit cru que cette absorption de l’humidité de la terre parles racines des plantes, s'opéroit au moyen de l’action mécanûpie des vaisseaux capillaires, et par la différence de chaleur et de dilatation qu’éprouvent d’abord la sève elle-même, et ensuite, pendant le jour et la nuit, l'air et la terre dans lesquels les végétaux sont en même temps placés. Mais on s'accorde aujourd’hui à penser qu’il y a dans le végétal une action propre et dépendante de la vie qui le fait ainsi sucer. On a cru remaï quer en effet que les racines cherchent une terre facile à remuer, ou du moins qu’elles s’y développent mieux et plus promptement quand elles la trouvent j qu elles semblent même se détourner pour aller s’enfoncer dans celle qui est plus humide. Si l’on plante un végétal entre deux terrains, dont l'un est gras ou humide, l auti'esec ou aride, les racines se porteront vers le premier, elles traverseront même des murs, des fossés pour y parvenir. Enlin on a reconnu que des racines mises à découvert dans les parties les plus flexibles, faisoient, en une journée, un demi-cercle sur elle.s-mêmes pour suivre un linge ou une éponge mouillés qu’on changeoit de place peu à peu.

Dans la plante en général et quelle que soit sa structure , la partie qui est située au-des- Domébii,

sus de la racine , ordinairement à la surface de la terre , se nomme le collet ou nœud vital; c'est une sorte de point intermédiaire entre la portion qui tend toujours à monter et la racine qui pivote. La portion de la plante plongée dans l'air, qui porte les feuilles , qui tend toujours k s'élever dans la direction perpendiculaire, et qu'on nomme la tige, paroit aussi jouir de la faculté absorbante, au moins dans quelques unes de ses parties. Mais avant de faire connoître comment s’exerce cette fonction dans l'air, il convient d’exposer la structure de la tige dans le plus grand nombre des végétaux.

On appelle épiderme ^ cuticule^ ou surpeau la membrane mince qui recouvre la surface de toutes les parties du végétal, comme pourroit le faire une couche de vernis. Elle paroit être produite par le dessèchement des parties extérieures du végétal qui sont plongées dans l air, car il n’y a point d’épiderme dans les plantes qui vivent sous l'eau. On trouve au-dessous de l’épiderme une substance diversement colorée, mais le plus souvent verdâtre, qu’on nomme matière colorante.^ parce qu’elle donne la couleur aux feuilles , aux pétales : on a proposé de l'appeler chromule ; elle est ordinairement contenue dans une sorte de tissu en réseau, formé par des fibrilles très-lâches, mais qui se rapprochent, se serrent vers .le centre de la tige pour constituer ce qu’on appelle l'écorce ou les couches corticales.

Cette écorce devient d’un tissu plus lâche du côté le plus intérieur, elle se détache quelquefois par lames, comme les feuillets d’un livre, ce qui lui a fait donner le nom de Livret ou de liber. Par suite de son développement , on a dit que ce livret se changeoit en bois ou corps ligneu.x, d'abord mou , peu serré , de couleur moins foncée ; qu'on nomme à cause de cela aubier. Ce tissu se durcit quelquefois davantage, comme on le distingue parfaitement dans le bois d'ébène ; ses fibres se serrent d’autant plus qu’elles se rapprochent du centre, dans lequel on observe une sorte de canal rempli d'une matière beaucoup moins solide , quelquefois blanchâtre, qu’on nomme la moelle ou le tissu médullaire.

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Quand on examine une tige nouvellement coupée en travers , on observe autour de la moelle une rangée circulaire de petits trous qui indiquent la position des tubes ou des canaux dits, peut-être improprement, vaisseaux séaeux principaux : on y remarque aussi des prolongemens d'un tissu cellulaire plus serré, qui s’étendent en tous sens , de la moelle à l’écorce, au travers du corps ligneux, et qui s’appellent rayons médullaires-.

Cette organisation n'est pas absolument semblable dans tous les végétaux. On ne la retrouve point, par exemple , dans la tige du blé , des fougères et de plusieurs autres plantes , comme nous aurons à l’indiquer par la suite j on ne peut pas l’observer complètement dans les herbes qui ne vivent qu’une seule année ou deux seulement; mais il est facile de la reconnoître dans plusieurs arbres ou arbrisseaux , tels que le sureau , le noyer, le chêne et dans le plus grand nombre des plantes ligneuses de notre pays.

Sous le rapport du mode d’accroissement, on fait deux ordres des végétaux vasculaires ou à cotylédons. 1°. Ceux qui ont une tige^ conique munie dans son centre d’un canal et de rayons médullaires et qui se reconnoissent en outre par les couches concentriques que présente leur coupe en travers, de manière que leur lige prend plus de solidité de dedans en dehors ; telles sont les plantes qu’on a nommées à cause de cela exogènés (432), qui croissent en dehors. 2°. Ceux quiont des tiges cylindriques dans lesquelles les vaisseaux sont comme épars et non disposés par cercles ou zones concentriques, les parties les plus anciennement formées étant à l'extérieur et les plus nouvelles au centre ; ce qui a fait appeler ces végétaux endogènes, ou croissant en dedans. (433.)

Les liges des plantes dites endogènes , comme les palmiers, les roseaux, n ont donc jamais de moelle ni de corps ligneux. Elles sont, pour ainsi dire, entièrement composées d’écorce, dont les couches extérieures, sont les plus âgées et celles qui sont en dedans les plus nouvelles , de sorte que la partie la plus molle des tiges est en dedans ; et si la moelle existe, elle est interposée au milieu des fibres ou des filets ligneux.

On distingue les tiges d’après leur consistance en ligneuses et en herbacées. On leur donne aussi des noms particuliers, suivant leurs formes. Ainsi on les appelle chaumes dans les graminées,comme dans le blé, dont la tige est creuse en dedans, noueuse et garnie de feuilles qui lui forment des gaines {Pi. I, fig. 9) ; le tronc est la tige des arbres et des plantes, prise dans le sens le plus général, quand le diamètre reste à peu près égal, et ne se divise pas dans sa longueur ; le stipe est la tige des palmiers, lorsqu’elle est couronnée de feuilles à son sommet et formée parla base de leurs pétiodes (fig. 10). On distingue aussi les tiges par leurs positions , leurs figures, leurs conformations :

ainsi il eu est de couchées (fig. 4) , de comprimées, d’arrondies , de flexueuses (fig. 5), de dichotomes ou de fourchues régulièrement (fig. 6), d’articulées (fig. 7), d’anguleuses, de grimpantes, de sarmenteuses, de radicantes, etc.

La tige qui s’élève verticalement dans l’air, se divise en branches, en rameaux, en ramuscules et en feuilles. Toutes ces parties varient beaucoup pour la consistance, le nombre et la forme. Aussi les etudie-l-on afin de distinguer les végétaux entre eux ; nous ne parlerons ici que des feuilles , et nous traiterons principalement de celles des arbres et des arbustes, sur lesquels on peut facilement suivre le développement de ces parties.

Les feuilles d’un arbre, comme celles du pommier, sont une année à se développer.

Si Ion examine avec attention, au printemps, l’endroit de la branche sur lequel est attachée la queue de la feuille, qu’on nomme le pétiole, on observe dans l’angle rentrant ou dans i’aisselle , quelquefois même dans l’intérieur de la base du pétiole , un petit tubercule qui continue de grossir jusqu’en automne , c’est ce qu’on appelle un œil.

Tant que dure le froid, cet œil ne change pas du tout de forme ni de volume ; mais au premier printemps il se gonfle, et prend le nom de bouton au mieux de bourgeon. C’est la branche dans son jeune âge. On distingue les bourgeons à bois ou à germes , qui se développent par la suite pour former des

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branches, et ceux dits à fleurs ou à fruits : et c’est ce qu’il est important que les jardiniers reconnoissent pour ébourgeonner les arbres, car il en est qui ont des bourgeons mixtes. Les écailles qui recouvroient le bourgeon à l’extérieur tombent ; on voit paroitre une partie verte entourée de duvet , qui se développe et forme une petite branche, dont les extrémités s’étalent bientôt en petites lames aplaties, qu’on nomme feuilles, lesquelles étoient i’oulées ou pliées sur ellesmêmes dans l'intérieur du bourgeon, de manières très-diflerentes, selon les espèces.

Presque toutes les feuilles sont composées d’une lameetà'un pétiole. La lame est pour l’ordinaire disposée de manière que l'une de ses faces est supérieure ou tournée vers le ciel tandis que l’autre est inférieure. La face supérieure est ordinairement lisse et plus dure; l’inférieure est moins foncée en couleur , quelquefois velue et plus molle.

Ti'ès-souvent on voit sur ce côté inférieur des nervures qui aboutissent au pétiole , et qui, en se divisant, laissent enti’e elles de petites mailles, dans lesquelles la matièi-e colorante, verte, se dépose en grande quantité. Tantôt ces nervures sont parallèles , tantôt elles sont ramifiées. L’épiderme des feuilles est percé d’un grand nombre de pores, principalement sur la face inférieure, au moins dans les plantes qui vivent dans l’air. Vus au microscope, la plupart paroissent ovales ; on les regarde comme des orifices destinés à permettre les exhalations chez les végétaux, et peut-être à faciliter l’absorption.

Les feuilles varient beaucoup dans les plantes : on a étudié leurs formes diverses, a uxquelles on a donné des noms particuliers, afin d’exprimer par un seul mot des dispositions dont on s’est servi pour indiquer le caractère des espèces. Ainsi, par exemple, il est des feuilles continues ou adhérentes , celles-là ne tombent qu’avec le rameau qui les porte, et souvent elles sont sessiles ou sans pétiole : il en est d’articulées, qui tombent nécessairement chaque année, et qui ont le plus souvent un pétiole. De même on nomme feuilles simples (PI. ni, fig. 1, jusques et compris la 18e), celles qui sont supportées par un seul pétiole, et dont toutes les parties sont continues ; et on appelle

feuilles composées celles qui sont partagées naturellement en plusieurs pièces, articulées les unes sur les autres, et qu’on peut séparer sans opérer aucune déchirure. On appelle folioles ces petites feuilles distinctes qui sont le plus souvent disposées par paires (PI. Il, fig. 17, 18,20; PI.iii, fig. 19,20,21).

On distingue encore les feuilles d’après le lieu de leur insertion ; ainsi il en est qui viennent de la racine, qu'on nomme radicales ; sur la tige , ou caulinaires ; sur les rameaux (PI. ii, fig. lO) , ou raméales ; avec leurs fleurs ou florales, comme dans la fritillaire. On les dit conjuguées quand elles sont réunies deux à deux (PI. ii, fig. 5, 7 et 8); décurrentes, quand elles se prolongent sur le pétiole (PL ii, fig. 8); digitées, quand leurs lobes repré.sentent les doigts de la main (PI. in, fig. 5,6, 8 , et PI. iv , fig. 2 , 3,6); flabelliformes , ou en éventail (PI. iv, fig. 2 et 3); eu fer de lance ou hastées (PI. iii, fig. 15, 16; PI. IV, fig. 17); tronquées (PI. IV, fig. 25) ; en violon ou panduriformes (PI. III, fig. 7] ; en bouclier ou peltées (PI. III , fig. l et 2) ; percées ou perfoliées (PI. IV , fig 7 et 8) ; pinnées , ailées ou en plume (PI. Il , fig. 2-8).

La plupart des noms de figures symétriques ( comme rondes , rhomboïdes , ovales , etc.) ont été aussi employés pour désigner la forme de feuilles qui sont tantôt linéaires, tantôt réniformes, lunulces, etc.

On les a aussi distinguées par leur épaisseur : il en est de grasses, comme celles de la -joubarbe ; de sèches , comme celles du laurier. La seule irfspection des planches dans lesquelles on a gravé au trait les formes principales , indiquera au reste la grande variété de formes que présentent les feuilles , quoiqu’on n’ait tracé que les contours de celles qui sont le plus remarquables.

Il y a encore dans les végétaux plusieurs organes qui paroissent tenir de la nature des feuilles. Tels sont, 1°. les bractées ou feuilles florales qui accompagnent les fleurs, quand leurs formes ou leur couleur les font diff’érer des autres feuilles ; 2°. les stipules qui se trouvent à la base du pétiole des feuilles; 3®. les vrilles, cirrhes ou mains , appendices filamenteux , à l’aide desquels

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les plantes s'accrochent aux corps voisins, et qui paroissent dépendre de l’avortement du pédoncule, du pétiole ou de la feuille elle-même ; 4». les épines ou les aiguillons , qui sont des espèces d’armes destinées à protéger certaines plantes ; So. enfin les poils et les glandes, dont les uns sont des filamens déliés , de formes diverses , qui se remarquent sur toutes les parties des plantes ; et les autres des parties saillantes , arl’ondies, comme vésiculeuses.

Il paroît que les pores qu’on observe sur les tiges et sur les feuilles, sont destinés à l'absorption et à la transpiration des plantes; plusieurs observations portent à le faire croire. Souvent dans les grandes chaleurs les feuilles d’un arbre se trouvent fanées pendant la journée , et l’humidité de la nuit suffit pour leur rendre la fraîcheur, quoique la terre dans laquelle cet arbre végète soit entièrement desséchée. Les plantes fanées , portées dans une cave humide, y reverdissent bientôt. Enfin les feuilles flétries qu’on place à la surface de l’eau en absorbent une grande quantité , et s’y conservent longtemps, surtout si elles sont posées sur la face inférieure ou sur celle qui est la plus garnie de poies.

On s'est aussi assui'é que les plantes transpirent , en les pesant à diverses époques de la journée , en les couvrant d'une cloche de verre sous laquelle l’eau se rassemble en gouttelettes. On croit meme qu’une partie de la rosée est le résultat de cette transpiration, qui est très-abondante dans le temps de la plus grande végétation , et dans un lieu chaud et sec , surtout lorsque la plante est e.xposée au soleil. L’eau que rendent les végétaux par cette transpiration, est une véritable excrétion; elle paroît être la même que celle qui s'est introduite par les racines ; mais lorsqu’elle sort, elle est privée de tous iesélémens nourriciers qu’elle avoit charriés avec elle. Cette excrétion est si abondante , qu'on s’est assuré, par des expériences exactes, qu’un pied d’héiiante ou de soleil rendoit près d’une livre et demie d’eau (634 grammes) par jour.

Des expériences ont appris que les plantes périssent bientôt quand elles sont privées

d’air, ou quand elles sont renfermées avec une trop petite quantité d’air atmosphérique qu’on ne renouvelle pas. On a acquis la preuve que toutes les parties vertes des plantes exposées à la lumière du soleil, dans le gaz atmosphérique , décomposent le gaz acide carbonique dont elles absorbent le carbone, en laissant dégager ainsi i’oxigène; de même que pendant la nuit, et lorsqu’elles sont à l’obscurité, elles absorbent ce même gaz et vicient l'air (178) On a remarqué aussi que, dans les mêmes circonstances , elles absorbent le gaz acide carbonique sous 1 état de fluide liquide ou dissous dans l’eau. On a cru pouvoir expliquer ce phénomène en disant que 1 acide carbonique absorbé avec l'eau qui le tenoit dissous, est décomposé par les parties vertes de la plante. On pense que le carbone qu il contient est fixé, retenu, et entre dans la composition du végétal; que le gaz oxigène ainsi devenu libre? se manifestealors avec toutes ses propriétés. De sorte que la respiration des plantes tient à leur nutrition et consiste , 1“. dans la décomposition du gaz acide carbonique, 2 °. dans l’absorption du carbone par le végétal; 3°. dans le dégagement de l’oxigène pendant le jour ; et 4°. dans l’absorption du gaz oxigène pendant la nuit.

Comme on avoit remarqué que les plantes placées sous l’eau, à l’action du soleil, et même de la lumière, laissoient exhaler du gaz oxigène , on en avoit conclu trop vite que ces végétaux décomposoient l'eau en absorbant 1 hydrogène. Des expériences positives , faites dans l’eau distillée, ou privée d’air par l'acte de l'ébullition, ont appris qu’il ne se dégageoit point d oxigène dans ces circonstances , et que celui qui avoit été obtenu dans les premières expériences piovenoit de la décomposition du gaz acide carbonique qui se rencontre naturellement dans l’eau aérée. On a reconnu aussi que cette décomposition ne s’opéroit que dans les parties ascendantes des végétaux, et que la coloration en vert dépendoit de la fixation du carbone.

Non seulement la lumière agit ainsi évidemment sur la respiration des végétaux, mais elle paroît encore produire la couleur, la saveur et l’odeur des feuilles et des fruits. Tout le monde sait que les plantes privées

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de la lumière restent ou deviennent blanches, fades et aqueuses. C’est un procédé que les jardiniers emploient tous les jours pour rendre nos légumes plus agréables. Il sufiit de citer ici les feuilles de céleri, de fenouil, de pissenlit, de chicorée, de salsifls, qu’on fait ainsi blanchir en les couvrant de teri’e ou en les enfermant pendant une huitaine de jours dans des caveaux obscurs. Ce qu’on appelle faire pommer les choux, les salades , est un procédé analogue , dans lequel les feuilles extérieures de la plante privent le centre ou le cœur du contact de la lumière. Toutes les plantes, même les plus amères, sont blanches et insipides lorsqu’elles sortent de terre; telles sont les tiges d’asperges , de houblon, de gentiane, de raiponce, qu’on peut seulement alors manger avec plaisir. Cet état de la plante se nomme étiolement. Les végétaux étiolés sont réellement malades ; ils souffrent d’une sorte de chlorose ou d'hjdropisie : quoique absorbant l’eau propre à la végétation, ils ne décomposent point l’acide carbonique, et ceux qui présentent sur leurs feuilles des taches blanches, qu’on nomme pannchures, sont aussi dans un état de maladie qui ne se perpétue que par les boutures ; telles sont quelques variétés de sureau, de buis, de rue , de roseau et de beaucoup d’autres plantes.

Toutes les plantes paroissent chei’cher l’obscurité par leurs racines, et la lumière par leur tige ; ainsi les pommes de terre qu’on abandonne dans des lieux humides , où la lumière ne pénètre que par un soupirail , dirigent au printemps leurs jeunes pousses étiolées vers l’ouverture extérieure^ quelquefois jusqu’à sept mètres de distance (environ vingt-un pieds,}, tandis que les jeunes racines se portent à quelques centimètres seulement, et en sens opposé. C’est encore à cette sorte d’attraction pour la lumière qu’on doit rapporter le mouvement que les plantes manifestent dans leur tige, lorsqu’on les tient enfermées dans des appartemens et dans des serres où la lumière ne pénètre que d’un seul côté. On voit bientôt toutes les fleurs et les feuilles se pencher comme pour aller au-devant des rayons lumineux. Si on dérange le vase , la tige se contourne sur elle-même pour reprendre une pareille situation. On a reconnu, par des essais ingénieux, que c’étoit plutôt la

lumière que l’air qui étoit recherchée ainsi par les plantes.

Un autre mouvement bien remarqu.able , qui se manifeste dans les feuilles , est celui qui a lieu lorsque la face supérieure d’une feuille vivante, encore attachée sur sa tige , a été tournée vers la terre ; alors elle fait un effort afin de se replacer, pour ainsi dire, dans sa situation naturelle ; elle se tord sur la petite queue qui la supporte , de manière, par exemple, que les feuilles d'une branche qu'un accident a retournée , sont toutes dirigées le lendemain dans leur situation première.

L’action des feuilles n'est ])oint continue.

Le plus grand nombre des végétaux éprouve, pendant l'obscurité , une sorte de sommeil.

C’est principalement sur les feuilles composées etsur celles des plantes légumineuses que ce sommeil est bien sensible; car pendant la nuitles folioles prennent une position tout-à-fait différente de celle qu’elles avoient dans la journée. La chaleur et l'humidité ne sont pour rien dans ces mouvemens. On a la preuve que ce phénomène a lieu pendant les éclipses de soleil. Dans l’acacia , par exemple, les folioles entrent dans une sorte de contraction par laquelle elles se renversent en dessous en s’appliquant les unes contre les autres ; aussi l'arbre est-il alors très-difficile à reconnoître. On observe une autre disposition le soir dans les feuilles delà sensitive , de la morgeline des oiseaux, du sainfoin , du pois odorant, du mélilot, de la pomme épineuse , etc. ; enfin chaque plante a , pour ainsi dire , une manière propre de se coucher pour dormir. Les fleurs éprouvent aussi un sommeil analogue.

On peut reproduire tous ces phénomènes avec une lumière ou une obscurité artificielle qui changent bientôt l'habitude des plantes.

Presque toutes les plantes dont les semences sont à deux lobes , et qui vivent plus d’une année , éprouvent, dan.s notre climat, une sorte de mort apparente , un véritable sommeil d’hiver. Leurs feuilles changent d’abord de couleur : ainsi dans la vigne, le sorbier , le sumac , etc., elles se teignent du plus beau rouge; dans le tilleul, le poirier, etc., elles passent au jaune ci-

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troa ; datis le chêne, le hêtre, elles sont couleur de rouille et comme desséchées ; enfin elles tombent presque vertes dans le cerisier et le frêne , et l’arbre reste dépouillé. Cependant il est des végétaux, comme les arbres verts, les pins, les genévriers, le lierre, le buis , qui ne perdent pas leurs feuilles, et d’autres, tels que les charmes , les hêtres, sur lesquels ces organes se dessèchent seulement sans tomber.

On ne sait pas encore positivement comment les fluides gazeux et liquides, absorbes par les feuilles et les racines , circulent dans l’intérieur des végétaux. Quelques observations portent à croire que la sève monte , pendant le jour , des racines vers les branches , au moyen des tubes ou Vaisseaux séveux qu'on a principalementaperçus dans certains arbres-(260) autour du canal de la moelle : beaucoup d'expériences semblent prouver que c’est toujours, dans l'état le plus ordinaire, un peu au travers du corps ligneux , et surtout par l'aubier , que s’opère cette ascension de la sève , tandis qu elle descend au contraire constamment par Técorce. Ce n’est qu’à l'époque du développement des bourgeons que la sève monte près de la moelle ; cependant il faut avouer que l’organisation des plantes n’a point été suffisamment étudiée sous ce point de vue; seulement on a /ait sur les arbres quelques observations qui ont appris comment s’opère leur accroissement.

Dans les arbres , la couche de l’aubier ( 259) qui s’est durcie ou qni a passé à l’état de bois , ne croît plus du tout. Cependant si on a enfoncé un clou à une distance mesurée , dans la partie ligneuse d’un tronc, il reste fixé au même endroit : au bout d’un temps , déterminé par l'espèce d’arbre sur* lequel on a fait l’expérience, le clou, se trouve complètement recouvert, parce qu'il a été enveloppé par les couches du nouveau liber , qui ont fait croître le volume de l’arbre , puisque ses parties n'augmentent chaque année qu'en grosseur ou qu’en diamètre.

C’est donc par la couche la plus extérieure du livret que paroît être produit cet accroissement , qui s’arrête pendant Thiver, en formant autour du tronc des cercles concentriques qu’on aperçoit très-bien dans les troncs d’arbres sciés en travers. Le nombre

des lignes circulaires correspond à peu près à celui de l’âge de l’arbre.

C'est aussi aux dépens de la couche extérieure du livret que 1 écorce augmente d'épaisseur. Quand on enfonce un clou dans le tronc d’un arbre , de manière que la partie large appuie sur le livret, l’écorce se forme au-de.s.sous, et le chasse dehors; tandis que si la tête du clou pénètre plus profondément, l’écorce la recouvre et il se forme meme au-dessus de nouvelles couches de bob. Cet accroissement en diamètre est donc le plus remarquable sur le tronc des arbres ; voilà pourquoi les noms qu’on écrit sur les écorces deviennent illisibles au bout d’un certain temps , car les lettres s’élargissent considérablement, tandis que leur hauteur reste la même. Il résulte de ces observations que le liber sécrète extérieurement les couches de Técorce , comme les couches intérieures de l’aubier forment le cœur du bois, ou la partie la plus dure , la plus solide dans les troncs des arbres.

Non seulement les plantes se développent et se réparent par les moyens que nous venons d indiquer, mais même elles sécrètent certains sucs ou des humeurs particulières , comme les huiles grasses ou fixes (284), et volatiles ou essentielles { 286 ) , les résines ( 287 ), les baumes et le camphre ( 288 ), les gommes { 289 ) , les gommes résines ( 290 ), le caoutchouc ( 291 ), le sucre (292) , la manne, le miel (298), Vamidon ( 294 ), certains acides { 295 ), etc.

h'huile grasse ou Jixe est presque toujours contenue dans les fruits des végétaux, et principalement dans les semences dont on l’extrait assez facilement par le broiement et l’expression. La plupart des huiles fixes sont liquides à la température dans laquelle nous vivons, mais elles se concrètent par le froid ; telles sont celles d’olives, d’amandes,etc. : on dit alors qu’elles se figent ; le beurre du cacao est toujours dans ce cas. Exposées à Tair , quelques unes se dessèchent, surtout lorsqu’elles sont étendues en couches trèsminces ; on les nomme alors huiles grasses siccatives ; telles sont celles de noix, de lin et celle de pavots nommée oliette , ou par corruption , d’œillet. Presque toutes les

ET DE LEURS FONCTIONS

huiles grasses, celle de ricin exceptée , sont insolubles dans l’alcohol : c’esta vec les huiles grasses qu’on fait les savons , la plupart des peintures dites à l’huile , l’encre des imprimeurs , qui est de l’huile de noix ou de lin, épaissie par l’action du feu et broyée avec du noir de fumée ; elles servent aussi à l’assaisonnement de beaucoup de mets, à la eombustion pour l’éclairage , pour les lampes domestiques , pour préparer les laines au tissage des étoffes pour ramollir les cuirs, etc.

Dans quelques circonstances les huiles fixes semblent sortir des pores de la plante, et exposées à l'air en très-petites gouttelettes, elles s’épaississent et se changent en une matière qui a la plus grande analogie avec la cire. Cela est surtout remarquable dans certaines espèces de plantes , comme le galé, le cirier ; c’est cette matière qui Ibime le glauque sur les feuilles de beaucoup de plantes qui croissent sur les bords de la mer, comme sur quelques espèces de choux, de panicauts : telle est encore la poussière blanche que l’on remarque sur les prunes et sur beaucoup d’autres fruits. On a cru long-temps, mais à tort, comme nous le ferons connoitre , que les abeilles alloient la recueillir , et principalement dans la poussière des étamines. Toutes les propriétés de la cire des végétaux sont à peu près les mêmes que celles des huiles fixes , mais elles brûlent plus facilement; elles se volatilisent par la chaleur, et elles forment aussi des espèces de savons avec les alcalis.

Les huiles volatiles J qu’on a aussi appelées essences ou huiles essentielles , se déposent naturellement dans de petites vésicules qu’on observe dans toutes les parties, à l exception de l'intérieur des semences. Ainsi on en trouve dans les racines de l’iris , dans le corps ligneux du sapin , dans l’écorce de la cannelle , dans les feuilles de la rue, dans les fleurs de la lavande, dans les enveloppes du fruit des citrons, des oranges.

Souvent on les obtient par des incisions , par la simple ejjpression ou par la distillation. Elles varient beaucoup par la consistance, l’odeur et la couleur. En général, leur saveur est âcre ; elles sont légèrement solubles dans l'eau qui sert à les distiller, et à laquelle elles communiquent de l'odeur et

de la saveur. L’alcohol les dissout; elles s’épaississent et se dessèchent par l’évaporation ; toutes ont de l’odeur ; elles s'enflamment très-facilement et donnent beaucoup de fumée : on les emploie ordinairement comme parfums ou comme peintures. C'est parmi les premiers que l'on range les huiles de bergamotte , de nérolis , de roses, de lavande , de menthe , etc. Les huiles volatiles qui sont le plus souvent employées par les peintres , sont celles de térébenthine , d’aspic , de romarin , de citron,

Les résines sont à peu près aux huiles volatiles ce que la cire végétale est aux huiles fixes. On les regarde comme des huiles épaissies par la dessiccation. La plupart jjroviennent des tiges ou des troncs des végétaux, sur lesquels des huiles volatiles se sont en partie évaporées et solidifiées ainsi. Telles sont la térébenthine , la poix blanche ou de Bourgogne, la colophane , Varcancon (630), le mastic, la sandaraque, Xélémi, la copale , la résine animée , etc. La résine extraite de certains arbres verts, par le feu, porte le nom de goudron quand elle est liquide , et de poix noire lorsqu’elle a plus de consistance. Toutes ces résines se dissolvent dans l’esprit de vin; elles servent ainsi beaucoup dans les arts pour faire des vernis. La poix et le goudron servent aussi de peinture pour préserver de l’action nuisible de l’eau, les bois des vaisseaux et leurs cordages.

Les baumes sont des résines unies à un acide volatil, qui est celui qu’on trouve en grande quantité dans le benjoin, et qu’on nomme à cause de cela benzoïque. Leur consistance varie : le siorax et le benjoin sont solides; les baumes du Pérou et de Tolu, ainsi que le styrax, sont mous. Le camphre est une matière qui a beaucoup d’analogie avec les résines et les baumes. On le retire de plusieurs huiles volatiles , mais surtout parla distillation du bois de certaines espèces de laurier; quand il est pur, il est blanc, concret, cristallisé, très-odorant, trés-inflaramable; il nage et brûle à la surface de l'eau.

Onnovamegomme une matière muqueuse, une sorte de substance sans odeur ni saveur, mais qui laisse dans la bouche une certaine

DES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL

viscosité appelée mucilage. Elle ne se dissout pas dans l’esprit de vin, mais très-bien dans l’eau. On l’observe dans diverses parties des végétaux, tantôt à la surface des graines, comme dans les fruits à pépins , les graines de plantain . de melon ; dans les racines du lis; dans les liges de la mauve , de la consolide ; sous l’écorce de la plupart des jeunes branches au printemps; à l’extérieur des troncs et des branches des mimoses.des astragales : telles sont la gomme arabique , du Sénégal, la gomme adraganthe, les mucilages de pépins de coings, de graines de lin, de racines de guimauve, etc. , et les fruits des arbres à noyau. On s’en sert principalement dans les arts pour donner du lustre aux étoffes et du liant aux couleurs qu’on emploie à l’eau, comme pour la miniature et la gouache.

Les gommes résines semblent aussi participer des propriétés des gommes et des résines, car elles sont en partie solubles dans l’esprit de vin et en partie dans l’eau. On ne les observe jamais que dans l'intérieur des végétaux. Souvent elles découlent des tiges ou des rameaux des plantes sous forme d’émulsions. Elles portent des noms différens selon qu elles proviennent de telle ou telle plante : telles -sont la scamonce^ Veuphorbe, le galbanum, Valoes , la gomme ÿutte, [’asafœtida, Vopopanax, la gomme ammoniaque^ Yopium. La plupart sont employés en médecine.

Le caoutchouc, qu'on nomme aussi résine ou gomme élastique , n'est ni une résine ni une gomme, mais une matière végétale particulière que l’on retire du suc de différens arbres de l’Amérique méridionale et des Indes (626). Cette matière se trouve dissoute dans un suc propre qui s évapore. Celte substance éminemment élastique est principalement employée, à cause de celte qualité, pour effacer le crayon de plombagine, et pour enlever les autres salissures du papier sur lequel on la frotte ; les petites gerçures ou fentes qui s’y forment faisant alors l’office de pinces. On s’en sert dans les arts et quelquefois dans la chirurgie; mais le plus souvent les instrumens dits de gomme élastique , ou enduits de cette matière, ne sont recouverts que par des couches plus ou moins épaisses d'huiles siccatives. Tels sont

en particulier les taffetas vernis et les sondes. Cependant on est parvenu aie dissoudre dans l’éther et dans une sorte d huile volatile qu’on obtient par la distillation de la substance même, ou lorsque l’on prépare les gazs destinés à l'éclairage : cette sorte d’éther ramollit le caoutchouc de manière à ce qu’on peut l’étendre entre deux lames d’étoffes qui deviennent par ce moyen imperméables à l'eau , ce qui a permis de les employer pour faire des coussins de matelas, des bouées remplies d’air. En Amérique on applique le suc de la plante, qui est une sorte d’émulsion de caoutchouc, sur des moules d’argile, pour l’y faire sécher; on brise ensuite l'argile desséchée , et l’on obtient ainsi les poires ou bouteilles plus ou moins épaisses, formes sous lesquelles cette matière est livrée au commerce ; mais elle n’est guère connue que depuis une centaine d'aniiées. L’arbre qui la fournit a été nommé hes^ea par Aublet qui l'a observé à Cayenne.

Le sucre f dont le nom seul rappelle la saveur, se rencontre dans beaucoup de parties très-différentes des végétaux , telles que les fleurs, les fruits, les racines , les liges ; mais on le relire le plus ordinairement de la canne à sucre. C’est le sucre ordinaire. Lorsqu'il est bien pur, il cristallise d’une manière régulière ; c’est ce qu’on nomme sucre candi.

Il est blanc , ou plutôt transparent et sans couleur. Ce n’est que lorsque sa cristallisation est confuse qu'il paroit blanc. Les usages du sucre sont bien connus. Les sucres des betteraves et des châtaignes sont absolument les mêmes que celui delà canne. Celui qu’on retire du jus de raisin est différent, il n’a pas ^une saveur aussi fx-anche.

La manne est une matière sucrée qui provient de la sève épaissie de certains frênes, principalement dans la Calabi’e ; elle contient une matière plus pure appelée que l’on obtient à l’aide de l’esprit de vin, qui la dissout à chaud , et la laisse déposer sous forme de petits cristaux par le relroidikement. Il paroit aussi que le miel est encore une sorte de sucre liquide préparé par les abeilles, qui en trouvent les matériaux dans le nectaire des fleurs. Elles avalent ce suc qu’elles y pompent, et le déposent ensuite élaboré de manière à ce qu’il ne puisse plus fermenter.

ET DE LEURS FONCTIOKS

On retrouve aussi Vamidon ou \a fécule dans beaucoup de parties des végétaux, comme dans les racines, les tiges, mais piincipalement dans les graines, surtout dans celles dites céréales. On l'en extrait parla simple trituration dans l eauj car il se dépose au fond sous la forme d'une poudre blanche sans saveur ni odeur. Exposée au feu avec de l’eau, la fécule se dissout et forme ce qu'on nomme colle ou empois, qui est une sorte de gelée ayant beaucoup d'analogie avec la matière muqueuse. L’amidon paroit être la base de la substance nutritive du blé : on le retrouve dans le manioc ou la cassave, dans la pomme de terre; dans les tiges de plusieurs palmiers tels que le sagou j dans le riz, le sarrasin, forge, favoine,etc. On peut en obtenir de falcohol , de 1 acide oxalique : il sert aux apprêts des étoffes de lin et de coton auxquelles il donne beaucoup de consistance.

On a encore reconnu dans les plantes certains acides qui s’y développent naturellement, et qu'on nomme acides végétaux. Ils y existent soit dans les fruits , comme dans les pommes , les citrons ; ce sont les acides malicjue, citrique, etc. : soit dans les feuilles de l’oseille et de l’alleluia, ainsi que dans les poils qui couvrent les feuilles des pois chiches ; c’est alors I acide oxalique : soit dans le tamarin, le sumac, f épine-vinette, le raisin ; et on le nomme acide lariareux ^ etc.

Mais ces matières sont entièrement du ressort de la chimie, surtout celles qui sont le plus souvent produites par l’art, comme le vinaigre, qu’on nomme acide acétique ou vinaigre radical quand il est très-concentré; tel e.st encore l'acide gallique qu’on retire des excroissances produites sur les chênes par des insectes et cju’on nomme noix de galle (8"ô). C’est avec la décoction de noi.x de galle et celle du bois de Campêche gommées, sucrées et colorées en noir par l’oxide de fer, qu’on fait Vencre à écrire.

Nous venons de voir comment les végétaux se développent, s’accroissent,se nourrissent ; comment ils respirent et sécrètent quelques humeurs ou substances particulières; il faut étudier maintenant les diverses manières dont ils peuvent perpétuer leur espèce.

Les végétaux se reproduisent de deux manières différentes : par propagation ou par la séparation de quelques-unes de leurs parties déj.à toutes formées, soit au moyen de leurs racines ou de leurs branches , soit par le développement de leurs bourgeons ; mais la manière la plus ordinaire est celle qui a lieu par les semences, et qu'on nomme la génération des plantes.

Tous les jours on voit au pied des arbres de jeunes pousses qui sont provenues des racines, et nos forêts ne se perpétuent le j)lus souvent ainsi que par les souches des gros troncs qu'on laisse dans la terre , afin qu’elles donnent des rejetons. Des branches d’autres arbres ou de plantes vivaces produisent aussi des racines lorsqu'elles sont couchées dans le sol. Au bout d'un certain temps, on peut les séparer du tronc qui leur a donné naissance, et elles continuent de végéter : c’est ce qu’on appelle prooigner.

Quelquefois des plantes , comme le fraisier, la violette, fournissent des branches qui rampent à la surface de la terre pour prendre racine à quelque distance. On nomme ces sortes de branches des jets , des coulans ou des drageons.

Ce mode de propagation a fait naître f idée de se servir de procédés analogues pour ohlenir constamment des rejetons, semblables à certaines variétés de plantes, comme celles de l'œillet. Ou couche dans la terre, des branches de ce végétal, après avoir fait une petite plaie ou une ligature sur l'une des articulations de la tige {vojez PI. vm, fig. K), ou après avoir fait une section transversale et circulaire sur l’écorce, ou l avoir liée fortement; il se forme en cet endroit un bourrelet autour duquel on retient de la terre humide, et il s’y développe des racines. Ou a soin cfy entretenir l’humidité ; on couvre de mousse k superficie de la terre , et ou place à quelque distance un vase plein d'eau, dans lequel on trempe un fil ou une lisière de laine, dont l’autre bout vient aboutir au vase où est la teri’e {vojrez PI. vm, fig. L). C’est ce qu’on appelle marcotter ou faire des marcottes. D'autres végétaux, comme les saules , les peupliers , les girofliers jaunes, etc., se propagent d’une manière bcau-

DtaiÉRiL.

DES VÉGÉTAUX EN GÉNÉRAL

coup plus simple encore ; une de leurs branches fichée dans un terrain convenable donne bientôt des racines , et s'y développe parfaitement. Oo nomme celte opération une bouture, en terme de jardinage.

On a dit que les bourgeons ou les gros boutons des arbres se développoient quelquefois lorsqu’après s'être séparés de la branche, ils lomboient sur une terre convenable', mais il paroit que si le fait est vrai il est fort rare. Les plantes qui oui des oignons ou des bulbes , comme les échalottes, la tulipe, le lis, etc., sont cependant dans ce cas. Les petits bulbes situés sur la tige ou sur la base de rombelle de plusieurs aulx , produisent en terre , par leurs racines, de petits bourgeons qu'on nomme caïeux, et qui perpétuent l’espèce , comme les bourgeons des arbres, et les propacules de la joubarbe.

On a tiré le plus grand parti, dans l'art du jardinage, de cette faculté qu'ont les bourgeons de se développer, même après avoir été séparés de la branche sur laquelle ils sont nés 5 mais au lieu de les mettre eu terre, on les applique sous l’écorce d’autres arbres, en y pratiquant une ou plusieurs incisions qui mettent en contact le bourgeon d’un arbre ou d'une variété d'arbres déterminée, avec le liber ou le livret d'un autre individu *, c’est ce qu'on nomme ÿrejfer.

La greffe est donc une sorte de soudure ou de plantation d'une branche d’un végétal dans le liber d’un autre végétal, dont la végétation devient alors commune aux deux individus, auparavant étrangers l'un à l'autre. On multiplie ainsi les espèces ou les variétés de certains arbres qu'on ne pourroit obtenir autrement. Les jardiniers emploient cinq ou six procédés différens pour obtenir le développement du bourgeon ou de îa greffe sur 1 écorce des autres arbres . qu’ils nomment alors sujets. C'est ce qu'on appelle greffer par approche (303), en fente (304), par juxta-position (305), et en écusson (306).

Pour opérer une greffe par approche, il faut que les deux arbres voisins soient enracinés, et puissent se toucher par quelquesunes de leurs parties. On peut alors les réu¬

nir par les troncs, en les croisant ( PI. vin , fig. A); mais on ne se sert guère de ce procédé que lorsqu'on veut conserver la tête d’un arbre utile dont le tronc est vicié, lorsqu’il a éprouvé quelque grand accident.

Alors encore on peut approcher deux sauvageons qui se servent mutuellement d’étaies ( PI. vni, fig. B) : ou bien enfin on croise plusieurs branches et on les applique les unes sur les autres comme pour former une haie qui ne laisse que des intervalles en losange (fig. C).

On pratique la greffe en fente de plusieurs manières. Ainsi les jardiniers nomment greffe à l’anglaise (fig. D), l'application d un rameau à double entaille sur un sujet de même grosseur auquel on l’assujettit solidement : ils appellent greffer en poupée {'ào, E), lorsqu'ils coupent en travers la branche ou le tronc du sujet dans une partie où il n’y a pas de nœud, et qu'ils fendent ensuite ou soulèvent légèrement l’écorce correspondante à l’enlaine, pour y insinuer, de l’un et de l’autre côté, une petite branirbe taillée en biseau, de manière que les parties correspondantes du livret et de l’aubier se touchent (1), Ce qu'on nomme les greffes en couronne ou à six bourgeons (fig. F) sont des gi effes placées entre le bois et l’écorce, sans fendre le corps ligneux.

La greffe par juxla-position se fait principalement sur les noyers, les châlaigners.

Le plus ordinairement elle s’opère en anneau (fig. G)} c'est-à-dire qu’après avoir coupé la tête d’un sauvageon, on cerne et ou enlève circulairement une partie de l’écorce à la hauteur d’un pouce, et qu’on applique sur cette partie de l’aubier mis à nu, un autre cerceau d ecorce absolument pareil tiré d’une branche de même grosseur qu’on re-

(1) L’art de faire des entes ou des greffes est fort ancien. Pline, Virgile, Columelîe, et beaucoup d'autres anieiirs, l'ont décrit avec détail. Voici comment Deiille a traduit les i»eaax vers des Gcorgkfues :

« Tantôt dans l'endroil même où le boulon vernneil » Déjà laisse échapper sa feuille prisonnière,

B On fait avec l'acier une fente légère;

» Là, d'on arbre fertile on insère un bouton B De l’arbre qui l’adopte utile oourrtsson- » Tantôt des coins aigus entrouvrent avec force » üa tronc dont aucun nœud ne hérisse l’écorce, etc. »

ET DE LEURS FONCTIONS

lient à l’aide de filasse et d’une sorte d’emplâtre composé d’argile, de boue et de bouse de vache.

La greffe en écusson (fig. H) consiste en un morceau d'écorce taillé en ’V', au centre duquel est placé l’œil ou le jeune bourgeon qu’on insinue dans la fente verticale d'une incision double en forme de T, pratiquée sur l'écorce du sujet, jusqu’il l'aubier , on écarte ensuite les deux lèvres de l’écorce pour recevoir l'écusson. Quand il est convenablement place', on lie la plaie. Le greffe en chevron brisé \ (fig. I ), est une modification de la précédente , et s’emploie principalement pour les arbres résineux.

Il paroît constant aujourd'hui que les greffes ne réussissent qu'autant qu’on les applique sur des arbres avec lesquels elles ont quelque analogie , principalement par la consistance du bois , par la quantité de sève que l'un et l’autre absorbent, par la structure du fruit, et surtout par l’époque où leur sève monte dans le tronc. Tous les fruits à noyau, comme les cerisiers, les abricotiers , les pruniers , les amandiers, les pêchers , peuvent servir réciproquement de greffes et de sujets. Il en est de même des fruits à pépins, comme les poiriers, coignassiers , pommiers , néfliers, et plusieurs autres. On a reconnu que l’analogie des familles permettoit toute espèce de greffe , même dans les herbes et dans l'extrémité molle et herbacée des tiges ou des rameaux non encore ligneux ,et des plantes annuelles entre elles.

La seconde sorte de propagation des plantes est celle qui s’opère par des semences ou par des graines. C'est une véritable génération dans laquelle de petits œufs ou des germes , contenus dans des organes particuliers, reçoivent vraiment la faculté de vivre par eux-mêmes, à la suite d'une opération naturelle, que l’on nommeJeconc/ation f sans laquelle ils ne peuvent germer ou se développer.

Presque toutes les plantes ont des organes destinés à la fécondation, mais ils ne se manifestent qu’à une époque fixe et déterminée pour chaque espèce ; c’est ce qu’on nomme

la yieuraison. Il y a la plus grande diversité à cet égard entre les végétaux. Les uns fleurissent souvent dans la même année qui les a vus naître, et ne donnent du fruit qu’une fois : d’autres sont deux ou trois ans , et quelquefois même jusqu’à vingt , avant de produire des fleurs ,qui se succèdent ensuite sans interruption, d’année en année, jusqu’à la fin naturelle de l individu. Quelques plantes semblent même avoir une époque fixe dans le mois et dans le jour pour donner leurs fleurs. On a relevé des tables de ces particularités , sous les dénominations de calendrier de Flore et H'horloge de Flore.

Dans notre climat, par exemple , il y a des fleurs nocturnes, et d’autres qu’on nomme diurnes. Parmi les premières, une espèce de ficoïde, qu’on nomme noctiflore , s’épanouit à sept heures du soir , et se ferme à la même heure le matin : tel est le cierge à grandes fleurs ou serpent, qui fleurit dans nos serres du Jardin du Roi presque régulièrement le 14 juillet de chaque année , vers les sept à huit heures du soir; tels sont encore le silène noctiflore , qui s’ouvre vers cinq heures du soir ; le liseron pourpre , à dix heures ; la belle-de-nuit , vers huit heures. De même , parmi les fleurs diurnes, qui sont en beaucoup plus grand nombre, onen observe qui s’épanouissent entre trois et cinq heures du matin , comme les salsifis ; à sept heures, comme le nénuphar; à onze heures, comme le pourpier; à midi, comme le plus grand nombre des plantes grasses.

Nous avons déjà vu que tous les êtres organisés jouissent de la faculté de reproduire des êtres absolument semblables à eux (232).

Ce sont les fleurs qui sont les organes de la génération dans les végétaux. Le plus souvent on désigne ainsi la réunion d’un grand nombre d’organes qui constituent l’appareil de la fécondation et des annexes protecteurs des embryons. Ou y distingue des parties mâles et d’autres femelles , qui sont quelquefois séparées , mais le plus souvent réunies. Les organes mâles ont reçu le nom à'étamines; ceux de la femelle s’appellent pistils. Ils sont ordinairement entourés d’une enveloppe appelée périanlhe ou périgone, qui est double quelquefois ; alors l'intérieure , le plus souvent colorée, se nomme corolle, et l’extérieure calice. La queue des fleurs se nomme pédoncule : on le distingue en partiel et en commun, suivant qu'il sup-

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