‹ Élémens des sciences naturellesChapitre 98 sur 147 · SEPTIÈME ORDRE · texte numérisé non relu

SEPTIÈME ORDRE

WSECTES DIPTÈRES.

Les Diptères sont, ainsi que nous l'avons dît (798), tous les insectes qui n’ont que deux ailes, comme les mouches. On voit souvent, au-dessous de l’origine de ces membres, des filets courts, terminés par un globule ou par une lame de corne, qui participent de tous les moavemeas de l’aile, et qu’on croit propres à servir de balanciers^ ce qui leur en a

(1)1a%. 3 de la pi. m reprësenle la bouche d'aue scolopendre.

(3) ]> %. 1 de la Pl. ni est celle de la bouche d’un iule.

DES INSECTES DIPTERES.

fait donner le nom, ou celui de librament , qui est analogue (PI. 16, a a. La fig. 17 représente cette partie très-grossie). Nous avons déjà indiqué quelle est la forme de leur nymphe, qui est le plus souvent immobile (PL Y, fig. 26) ; la larve de ces insectes est quelquefois sans pattes et sans yeux. La plupart vivent dans les eaux croupissantes, ou au milieu des matières animales et végétales corrompues, sur lesquelles les mères viennent déposer les œufs, qui plus rarement éclosent dans l’intérieur de leur abdomen; plusieurs même se développent dans le corps des animaux. Sous l’état parfait, ils vivent tous dans Pair, et ils forment un ordre très-naturel.

Les insectes à deux ailes ont été distribués en quatre familles principales , d’après la forme de la bouche. Les uns n’ont là aucune partie saillante , et l’on voit seulement un petit trou à l’endroit où la bouche devrait exister ; dans les autres , la bouche est bien visible, car, ou elle est prolongée en un suçoir corné qui fait toujours saillie, comme dans le cousin , ou ce suçoir est caché, avec une trompe charnue, dans un creux particulier du front qui le reçoit, comme on le voit dans les mouches ; ou bien on remarcjue un museau prolongé avec des palpes saillans, comme dans les insectes appelés tipules. On a désigné ces quatre divisions sous les noms astcmes ^ sclérostomes, sarcostomes et hjdromies.

Les oestres ou Astomes , dont la bouche n’est pas visible, et qui ne mangent pas, appartiennent à la première division ; ce sont de grosses espèces de mouches, trèsimportantes à connoître, parce que leurs larves vivent dans l’intérieur du corps dcg animaux, et produisent des accidens souvent fâcheux. Il y a une espèce, par exemple, qui dépose ses œufs dans la cavité des narines des cerfs ; il en naît une petite larve qui, s’insinuant dans les parties les plus profondes , y cause de vives douleurs , une inflammation et des ulcères. Une autre pond ses œufs ou ses petits vivans sur la marge de l’anus des chevaux, des mulets et des ânes. Leurs larves ont la peau hérissée de pointes dirigées en arrière, à l’aide desquelles elles se cramponnent et remontent dans la cavité des intestins. On en trouve

quelquefois plusieurs centaines dans l'estomac des chevaux. Lorsque ces larves sont assez développées pour se métamorphoser , elles se retournent et se laissent entraîner avec les excrémens. C’est dans ces matières ou sous la terre, qu’elles se changent en insectes parfaits.

D’autres espèces produisent quelquefois , à ce qu’il paroît, des ulcères sous la peau de l’homme ,mais surtout sous celle des bœufs ; elles y déterminent une sorte de cautère ou de fonticule, où certains oiseaux, appelés picjue-hceufs et anis^ vont les chercher pour s’en nourrir, et soulagent ainsi les animaux qui en sont attaqués. Une espèce d’oestre force , presque toutes les années , les Lapons d’émigrer, à une certaine époque , avec leui’s troupeaux de rennes,qu’ils conduisent dans des régions plus froides, sur des montagnes très-élevées. Les moutons de nos pays sont aussi attaqués par une espèce qui vient pondre ses œufs dans leurs narines. Les larves qui en proviennent pénètrent trèsavant dans les anfractuosités du nez, produisent une sécrétion de mucosité très-abondante , et des éternuemens qui deviennent quelquefois mortels pour ces animaux.

La famille des Sceebostomes , ou Haustellés, réunit tous les insectes à suçoir saillant, souvent coudé ou articulé sur sa longueur, qui reste évident, même dans l’état de repos. Les espèces réunies par ce caractère sucent presque toutes , sous l’état parfait, le sang ou les humeurs des animaux et des végétaux ; mais sous celui de larve, leur manière de vivre est sauvent tout-à-fait différente , de sorte que ces larves , et quelquefois leurs nymphes, n’ont aucune analogie avec les insectes qu’ils produisent. Cette fomille comprend un grand nombre de genres, qu'on peut ranger très-bien d’après la forme des antennes. Les uns , comme les siomoxes, les rhingiesy les myopes et les hippobosques, ont les antennes munies, sur leur dernier article, d’un poil isolé , latéral ou terminal (PL ii, fig. 28) j d’autres , comme les taons, les asiles, les canops, les e/npis, les bombyles, les cousins, ou n’ont pas de poil isolé aux antennes , ou ils en ont beaucoup ( PL ii, fig. 24, 26 ). Nous ne parlerons que de quelques-uns de ces genres.

DES INSECTES DfPTÈHES.

Les cousins sont malheureusement trop connus, surtout dans les climats' chauds et humides, car on a beaucoup de peine à se garantir de leurs piqûres. Les mosquites et les maringoins , qui sont si' incommodes dans les pays chauds , paroissent appartenir à ce genre. Leurs larves vivent dans les eaux croupissantes , ainsi que les nymphes : celles-ci se meuvent très-bien, ce qui est une exception dans cet ordre. C’est principalement le soir, et dans les lieux sombres et humides, que les cousins voltigent, et font entendre leur ennuyeux bourdonnement :

ils sont attirés par la lumière. On a dit que les mâles ne piquoient pas , mab cela n'est pas certain pour toutes les espèces. La trompe de la femelle est formée de plusieurs soies rapprochées, dont deux seulement ont des dentelures dirigées en arrière. On a cru aussi observer que, quand les cousins ne sont pas dérangés du lien où ib piquent, il ne s y élève point de tumeur, et que l’inflammation , produite par cette piqûre, dépend de la présence des soies rompues qui sont restées dans la plaie. On ne eoanoit pas encore de remède e&cace contre cette inflammation. On a observé que les cousins attaquent certaines personnes de préférence.

Les asiles sont aux insectes ce qoe les oiseaux rapaces sont aux autres obeaux ; ils font principalement la chasse aux petits papillons et aux mouches ; ils les saisbsent au vol , à l’aide de leurs longues pattes , et les emportent pour les sucer à leur aise. Leurs larves vivent dans la terre ou dans le sable, dans lequel elles tendent des embûches aux insectes. On reconnoît les asiles à leurs antennes très-courtes, en fil de soie, et à leur suçoir vertical. Les empà ont à peu près les mêmes mœurs.

Les taons ont la tête plus large que le corselet, et les antennes en croissant, articulées à l’extrémité ( PL îi, fig. 26 ) ; ils sucent principalement le sang des animaux ; leurs yeux sont ordinairement très-gros, et brillent des coulcnrs métalliqnes les plus belles pendant qu’ils vivent ; ib piquent pins fort, et harcèlent davantage les chevaux et les bœufs dans les temps d’orage.

On a donné le nom d'hippobosque à des diptères qui vivent sur le cheval, et par suite à plusieurs insectes vobios, qui se nourrissent sur la peau des animaux. On les a nommés improprement mouches - araignées , poux-atiés. Ce sont des insectes très-aplatb qui ressemblent en effet à des poux. Ib s’accrochent facilement sur les poîb les plus Ibses, à l’aide des crochets contournés et d’un appendice velu qui terminent leurs pattes (PI. ïv, fig. 35). On en voit une espèce sur les moutons ; ceîïe-ci ne prend Jamais d’ailes , une autre vit sur les hirondelles , elle a des ailes très-alongées, qui ne peuvent servir au vol. L’espèce qui se nourrit sur le cheval se trouve ordinairement entre les cuisses de cet animal j elle pond nne petite masse arrondie en forme d’œuf, qui est une véritable nymphe, dont il sort un insecte ailé. Les stomoxes sont des mouches qui piquent très-fort, et qui s'attachent surtout aux Jambes des chevaux et des hommes, dont elles sucent le sang dans le temps de pluie. Leur nom provient de la forme de leur bouche j on les confond avec les mooches domestiques, auxquelles elles ressemblent beaucoup, mab qui ne peuvent pas piquer la peau. Les conops, les mjropes, les hombjrles et les rhingies se trouvent sur les fleurs, dont ib sucent les nectaires.

Les famiJîes des diptères à bouche charnue, ou proboscidés, renferment une innombrable quantité d’insectes qu’on a rangés dans deux grandes divisions; savoir :

les simplicicomes ou âpiiOcèses , qui n'ont pas de poil isolé aux antennes, et les laléraUsètes ou CHÉTOtoxBs , qui en ont un simple ou plumeux. Chacune de ces divisions se partage ensuite en piusiears genres: les principaux sont, dans la première section , les rhagiofts, les bibions , les anthrax^ les stratiomis, les midas , les nemotèles , les céries ; et dans la seconde, les genres mouche J syrphe j échimonie, tétanocère, eénogmtre , cos/nie , etc. Tons, sous i état parfait, se nourrissent des liquides qu’ib trouvent à la surface des corps.

On ne connoîl pas bien encore les mœurs des diptères simplidcornes. On sait cepen-

DES INSECTES

dant que les rhagions , qui ont le ventre très-pointu et sans poil , proviennent de larves carnassières qui se pratiquent des trous dans le sable ; que les siraliomis ou mouches armées, dont l’abdomen est plat et ovale , et les antennes réunis en Y à la base, ont des larves alongées, aplaties, en fuseau , formées de douze articulations ; qu’elles vivent dans l’eau; à la surface de laquelle elles*viennent étaler une sorte d’aigrette comme huilée qui termine leur corps, et dont le centre présente une ouverture pour la respiration, etc.

Les larves des mouches et des sjrphes vivent, en général, dans les matières animales ou végétales qui se décomposent, ou dans les différentes parties des plantes. Il y a des espèces qui naissent toutes vivantes, et dont le développement s’opère en quatre ou cinq jours. D’autres sont deux années à se préparer à la métamorphose, etne restent quelquefois qu'une seule journée sous l’état de mouche ou d'insecte parfait. Les vers de la viande , qu’on nomme asticots , et ceux du fromagedonnent des mouches. Les larves arrondies avec une longue queue , qu’on trouve dans les eaux croupissantes , et que l’on nomme vers à queue de rat , se changent en syrphes.

Les échinomies , ou mouches hérissonnes, ont sur le corps des poils très-roides ; leur larves vivent, comme celles des ichneumons (878) , dans le corps des chenilles , et il sort quelquefois d'un chrysalide de papillon trois ou quatre de ces mouches. Les tétanocères ont reçu ce nom de la forme particulière de leurs antennes dressées , dirigées en avant dans le repos, à article intermédiaire très-alongé ; elles vivent sur les plantes qui se décomposent. Les cénogastres sont de très - gros diptères à poil latéral des antennes plumeux (Pl.ii, fig. 28), à bec prolongé et à ventre transparent et comme vidé, ainsi que l’indique leur nom. Les larves des cosmies ou téphrites se développent dans les tiges , les réceptacles et les racines tubéreuses des plantes, principalement sur les espèces de la famille des crucifères et de celle des cinarocéphales ; on les appelle ordinairement vers mineurs.

Les insectes parfaits qu'ils produisent, ont les ailes écartées et le plus souvent bariolées

Page 1