INTRODUCTION
Le Magnétisme animal , cette action de l’homme sur ses semblables, après avoir été nié avec passion , combattu avec mauvaise foi , et repoussé par ceux qui devaient naturellement s’en occuper, est enfin généralement admis ; ses phénomènes ont été
constatés dans tous les Etats de l’Europe ; on ne diffère plus d’opinion que dans la manière de l’envisager. Suivant les uns, le
Magnétisme se borne à une influence irrégulière dont on ne peut attendre aucun résultat satisfaisant pour la guérison des maladies; suivant les autres, il est le re-
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mède universel et la seule médecine naturelle. Ceux ci n’y voient rien que de matériel, et prétendent expliquer tous ses phénomènes par un fluide transmis du magné-
liseur au magnétisé; ceux-là rejettent entièrement toute cause mécanique, et font intervenir une force spirituelle. N ous n’embrassons ici aucune de ces hypothèses; les combattre serait nous écarter de notre but; nous voulons nous borner à l’exposition de ce qui est bien constaté; et pour cela , nous poserons les principes préliminaires suivans : 1 i
L’homme est doué de sensibilité > c’està-dire de la faculté de recevoir des impressions de la part des objets extérieurs. Les organes de la sensibilité sont les nerfs , qui se divisent en deux systèmes, dont les fonc-
lions sont entièrement différentes : le premier système comprend les nerfs qui se rendent au cerveau ; ces nerfs sont plus particulièrement distribués dans les organes sensibles extérieurs 3 ce sont eux qui servent à établir la comniunication qui existe entre l’homme et la nature. Ce système prend le nom de cérébral , parce qu’il est soumis à l’influence du cerveau. Le second , nommé sy stème viscéral > est plus particulièrement distribué dans les viscères, ou dans les organes qui concourent à l’entretien de la vie; il a plusieurs centres , dont le principal est
le plexus de l’estomac. Ce système de nerfs se trouvant être hors de l’activité du sensorium, isole, au moyen de ses centres, les opérations des viscères , et ne nous livre que des impressions confuses, dans l’état ordinaire de santé.
Lorsqu’une cause étrangère vient déranger l’équilibre qui existe entre les diverses fonctions des organes , il arrive quelquefois que
la sensibilité semble abandonner le système cérébral , pour se porter dans le système viscéral , ce qui donne lieu à plusieurs phénomènes fort remarquables. Chaque viscère devient un organe sensible > qui reçoit des impressions particulières de la part des objets j et les fonctions die ces viscères sont elles-mêmes perçues par le sensorium, qui semble avoir quitté le cerveau pour un des centres du système viscéral.
Ces phénomènes avaient été déjà observés dans plusieurs maladies, lorsque la découverte du somnambulisme magnétique est* venue les présenter dans leur ensemble, ainsi que nous le verrons plus loin. Ici, il ne nous importe que de distinguer les deux genres d’impressions transmises par les deux systèmes de nerfs, et ces impressions sont les sensations de couleur, d’odeur, de résonnance, de goût et de tact pour le système cérébral ; et de désir, d’éloignement, d’amitié, de haine pour le système viscéral.
On donne particulièrement le nom dUînSr tinct\ ces dernières impressions.
Lors donc qu’un objet est perçu, par l’homme , c’est parce qu’il a agi sur les organes sensibles, dont les uns, les organes externes, livrent une connaissance de l’objet, tandis que les autres, les organes internes, ne transmettent qu’une impression confuse, et souvent insensible, d’attrait ou d’éloigne* ment pour cet objet.
L’homme est , de tous les objets , celui qui agit avec le plus d’intensité sur les organes internes de ses semblables ; cette action , qui a été observée de tout temps , sous le nom de sympathie 9 peut être considérée comme un cas particulier de la loi générale de la nature, qui fait que les parties semblables agissent avec plus de force les unes sur les autres; ainsi la corde qui vibre, faitelle résonner toutes celles qui sont à l’ unisson. Ainsi deux gouttes d’eau , d’huile ou de mercure, placées a une très-petite dis-
tance , s’unissent par une mutuelle attraction , tandis que la goutte d’eau reste inébranlable à l’attraction de la goutte de mercure, et qu’elle se refuse à toute union avec la goutte d’huile.
Lorsque les facultés intellectuelles concourent à la détermination de cette action , c’est alors quelle obtient son plus haut degré de développement, ainsi que nous le verrons dans le chapitre suivant. Ce qui précède est suffisant pour que nous puissions aborder l’exposition du Magnétisme.
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