‹ Élémens pratiques d'exploitationChapitre 29 sur 140 · I9DE ET SONDAGE · texte numérisé non relu

I9DE ET SONDAGE

qui recouvre une formation plus ancienne que lui;

S."^ Pour s'assurer si une couche que Ton exploite et dont on connaît l'inclinaison, se retrouve et persiste encore à une distance donnée;

4.*" S'il existe de la tourbe au-dessous des terrains d'alluvion qui forment le fond d'une yallée ;

5.^ Si un amas que Ton exploite se prolonge à telle ou telle distance;

6.^ Si un filon bien caractérisé» qui est stérile au jour, donne du minerai à une certaine profondeur;

7.'' S'il n'existe point quelque couche de fer limoneux au-dessous de celles que l'on se contente d'exploiter jusqu'à présent;

8.^ Enfin, pour aider à l'aérage des travaux infectés de mofettes, et pour aller à la recherche des vieux travaux inondés dont on ne .connaît pas parfaitement la position , ainsi que nous le dirons d'une manière plus dé*taillée en parlant de l'aérage et de l'assèchement des mines dans le chapitre qui est consacré aux moyens employés pour la conservation des hommes et des travaux.

De la recherche des eaux souterraines au mojren de la sonde. Des puits artésiens ou Jbntaines jaillissantes.

Si je ne suis pas très-partisan de la recherche des -mines au moyen de la sonde, et si

j'ai placé ce mode de recherche en dernière ligne, comme étant le moins satisfaisant de tous, à mon avis, je pense tout différemment par rapport à la découverte des eaux souterraines, bien qu'elle présente aussi de grandes dif&cultés à vaincre ; mais au moins on ne peut pas rester dans l'incertitude, et jusqu'ici le sondage est le seul moyen de ramener à la surface de la terre ces sources abondantes qui circulent dans ses entrailles , et qui sont appelées à féconder et à embellir les campagnes les plus stériles et les plus mal arrosées.

La première idée de créer des fontaines jaillissantes appartient aux Français; elle fut mise à exécution dans l'Artois, d'où est venu le nom de puUs artésiens^ qu'on leur donne ordinairement, et c'est encore a un ingénieur français, M. Garnier, que l'on doit un bon traité sur Tart du fontenier-sondeur, qui a Remporté le prix proposé par notre excellente Société d'encouragement.

-Cette découverte est donc toute française, et quoiqu'on l'ait exportée de l'autre côté de la Manche et dans les États-Unis d'Ame* ri que, où on lui a donné plus de suite qu'en France, l'honneur de l'invention nous appartient tout entier, et je ne saurais mieux faire pour donner une idée de cet art si neuf et si important, que d'extraire ce que je crois devoir en dire, de l'excellent ouvrage que je viens de citer, et auquel je renvoie pour

PUITS ARTÉSIEIY5. 7g

les détails qui sont particuliers à la recherche dea sources jaillissantes et montant dfi fond. '

On avait cru, et M. Garnier lui-même Tavait avancé dans son ouvrage, que toute autre espèce de roche que le calcaire ne pour* rait présenter les mêmes avantages pour la recherche de ces fontaines, mais l'expérience est venue nous donner un heureux démenti; car, ainsi que nous le verrons bientôt, on en trouve tout aussi bien dans les terrains primordiauK que dans les terrains secondaires.

Moyens d'exécution.

Lorsqu'on a choisi la place où l'on désire établir nne fontaine jaillissante, on forme, afin d'éviter de construire un échafaudage et pour pouvoir en même temps travailler avec facilité, une excavation pyramidale de 1 8 pieds de profondeur environ, dont la pointe est toni*née en bas et dont la base, qui a 18 pieds de côté (6**), se trouve à la surface du terrain : les quatre côtés de cette espèce de trémie sont garnis de palleplanches et soutenus par plusieurs cadres, qui vont toujours en diminuant a mesure que Ton approche du

^ 1 De l'art du fontenier-ion^f ur et des paits artésiens , par François Gamier, ingénieur des mines. Ouvrage couronné par la Société dVncoaragement , et imprimé par ordre du Gott* ▼eiaaaeiik

8o TRAVAUX DE RECHERCHE.

fond y de manière à ce que le dernier n'a plus que 8 pieds de coté : cette excavation, ainsi boisée et garnie de porteurs, permet aux ouvriers d'y descendre sans craindre le moindre éboulement , quand bien même le terrain ne serait composé que de sable fin. Arrivé là , on fait agir la sonde garnie d'une tarière, et l'on donne au trou un diamètre slss&l grand, pour que l'on puisse y enfoncer à coups de mouton des espèces de tuyaux carrés d'un pied de côté intérieurement, composés de planches épaisses et bien jointées. Ces tuyaux se nomment coffres en terme de l'art, et comme il importe infiniment qu'ils s'enfoncent en conservant un aplomb parfait, deux grillages, qui sont eux-mêmes ajustés avec tout le soin possible , les conduisent et leur servent de guide jusqu'au moment où ils pénètrent dans le trou de sonde.

Lorsque ce premier coffre, qui est armé inférieurement d'un sabot d'acier bien trancbant, est enfoncé de quelques pieds dans le trou de sonde, on en ajoute un second à sa partie supérieure; on fait agir la sonde, a&n. de faire du vide au-dessous, et l'on continue ainsi à enfoncer tout à travers le sable mouvant, jusqu'à ce que l'on atteigne au point oii. la chute du mouton cesse de l'enfoncer, ce qui arrive ordinairement à 8 ou lo mètres au-dessous du fond de l'excavation pyramidale; mais comme ce premier cofire a des dimensions telles qu'on peut en introduire

PUITS ARTÉSlENSi 8l

jusqu'à quatre dans son intérieur, on en passe un second, qui est par conséquent plus petit que le premier de toute l'épaisseur des planches et du jeu nécessaire à son introduction* La manœuvre est la même, tant avec la tarière qu'avec le mouton, et l'on parvient ainsi a passer les terrains les plus mouvans et les plus meubles, sans que leur pression et leur espèce de fluidité apportent le moindre empêchement à la continuation du travail qui reste à faire.

. Parvenu au terrain argileux, on fait agir la tarière comme nous lavons dit en parlant de la recherche des minerais, avec cette seule différence, que Ton donne généralement plus de largeur au trou, 7 pouces et }{ , et plus, parce que l'on doit y introduire des tuyaux ronds que l'on nomme buses et qui doivent former le vide intérieur de la fontaine jaillissante. Ces buses sont des tuyaux de bois forés avec soin, qui ont 10 pieds de long, 7 pouces de diamètre extérieur, 2 pouces d'épaisseur et par conséquent 3 pouces de canal; ils s'assemblent bout à bout comme les tuyaux de pompe ou les chenaux de conduite. Il faut que ces buses traversent les argiles, qui ne contiennent que des eaux non potables, et qu'elles pénètrent un peu dans Je calcaire, alin que les eaux salubres que l'on trouve ordinairement dans ces roches, ne se mêlent point avec celles des glaises, qui sont hydro-sulfureuses, et qui ne conviennent

8a TRATAmc DE RECHEAGHC

même pas toujours à Tirrigation des prairies ou à l'arrosage des jardins. Ou continue le sondage à travers les bancs calcaires, jusqu'à ce que l'on ait rencontré un volume d'eau assez puissant et qui monte du fond de manière à s'approcher de la surface et souvent à jaillir de plusieurs pieds au-dessus.

Tout ce qui précède a rapport à la recherche des eaux dans les terrains crayeux de l'ancienne province d'Artois, qui présentent pour difficulté essentielle le passage des sables mouvans, l'enfoncement des coffres, des buses et l'isolement des bonnes eaux d'avec les mauvaises, et c'est dans l'ouvrage de M. Garnier qu'il faut aller chercher les figures et les détails d'exécution, qui sont infinis et qui contribuent puissamment au succès de l'établissement de ces précieuses fbntaines.

Exemples de fontaines jaillissantes exécutées avec succès dans différens terrains.

Il nous reste à rapporter les exemples qui prouvent que l'on peut ramener à la suiface de la terre des sources montant de fond en sondant des terrains tout différens de ceux qui constituent le sol des environs de Paris et celui du département du Pas-de-Calais, où les puits artésiens ont pris naissance.

Je trouve dans le Recueil industriel de M. de Moléon un excellent mémoire anonyme sur Us fontaines souterraines ou puits

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