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SOUTÈNEMENT DES TERRES ET DESROCHES

Boisage des emplacemens.

, Toute espèce de machine de rotation peut être employée à desservir des travaux inclinés; mais quand leur ouverture est souterraine et éloignée du jour, ordinairement on n'y applique guère que le treuil ordinaire , ou le treuil à engrenage, a6n de ne point être obligé de faire un emplacement trop vaste» trop coûteux et trop difficile à boiser.

L'emplacement d'un treuil ordinaire est déjà assez grand pour qu'il exige beaucoup de gros bois, et encore il arrive souvent que l'on est obligé de le renforcer par des pièces supplémentaires.

Une descenderie de loo pieds de long, par exemple, de 4 pieds de haut sur 4 de large en oeuvre, demande un tour de 6 pieds de long (i^""), des manivelles de 5 pieds, et 18 pouces de passage en dehors de ces manivelles: total, i5 pieds pour la largeur de l'emplacement sur au moins 6 pieds de long, non compris la portion de la galerie de roulage qui passe vis-à-vis et oii circulent les chiens, les brouettes et les rouleurs. Ainsi, pour placer un simple tourniquet dans l'intérieur d'une mine, il faut un emplacement de i5 pieds sur lo environ.

En pareille circonstance il est bon de prolonger les chandelles qui portent les tourillons du treuil depuis le sol jusqu'au plafond, afin qu'elles contribuent à le soutenir de con»

BOISAGE DES EMPLAGEMENS. 5oi

cert avec deux ou trois fortes poutres, que ron place dans le sens de la longueur et que Ton soutient avec de grandes poites qui se serrent à mesure qu'on les redresse, et que Ton maintient ensuite dans cette situation avec de fortes pattes de fer, que l'on enfonce dans les poutres et qu'on laisse déborder au devant des poites de 2 ou 3 pences. Il arrive souvent aussi que l'on a soin de creuser légèrement le bout supérieur des poites , afin qu'il embrasse une portion de là circonférence des poutres, qui sont ordinairement rondes et non équarries. Le plafond et les côtés des emplacemens sont garnis de gros picots, dont le nombre varie avec la solidité même de la rocbe.

Du boisage des différentes espèces de puits.

Les roches dans lesquelles on peut chasser des galeries non boisées, peuvent aussi se soutenir seules dans les puits, et surtout dans les puits ronds et ovales; aussi, quand le terrain est bien réglé et que l'on sait d'avance que l'on aura de grandes couches solides à traverser, on doit s'arranger de manière à ne boiser ou murailler que les parties ébouleuses, et pour cela il suffit que les bois ou le muraillement ne débordent pas les parties non boisées et qu'ils reposent immédiatement dessus (pL XXIII, fig. 1 ), afin que les tines ne puis-

3o4 SOUTÈNEMENT DES TERRES ET DES ROCHES.

pes, etc. On remarquera que l'un des pontals est placé sous la pièce qui fait la séparation , et non pas à l'extrémité, et cela afin que les grands bois aient moins de portée. Le court bois ou étrésillon qui porte sur le peutal et qui fait la séparation de la petite et de la grande case du puits, reçoit non-seulement les échelles , mais aussi une cloison de planches bouffetées, qui se serre au moyen d'une clef que l'on fait entrer de force de bas en haut : cette clef est une planche comme les autres , mais plus large d'un bout que de l'autre. Il faut apporter beaucoup de soin à l'établissement de cette cloison , parce que c'est elle qui procure un tirage capable de renouveler l'air du fond, et elle le fait quelquefois ayec tant d'énergie qu'il est difficile de porter une lampe allumée dans le puits d'échelle , ainsi que nous le yerrons bientôt en parlant des divers moyens d'aérage.

J'ajoute qu'il faut se servir de planches vertes , parce que les sèches , en se gonflant par l'humidité, finissent par se bomber, et que l'on est obligé de les lever et de les retoucher.

Avant de serrer les cadres avec la garniture de picots et de coins, on doit en plomber les quatre angles, afin de s'assurer que le puits est parfaitement vertical. Cette opération se fait au moyen de quatre ficelles plombées que l'on attache au premier cadre. Je conseille d'employer encore un autre moyen de vérification, c'est de laisser tomber un aplomb

BOISAGE DES PUITS. 3o5

de la bouche et du centre du puits, et de vérifier avec une règle si les quatre angles du cadre que l'on pose sont également éloignés de ce point c,entral. Vient ensuite la pose des quatre porteurs, qui ne sont autre chose que quatre rondins ou pieds droits que Ton fait entrer de force et tout debout sous les quatre angles de chaque cadre. Ces pièces, de peu d'importance en apparence, achèvent de consolider l'ensemble du boisage d'un puits, et l'on ne doit pas négliger de les placer; car elles soulagent beaucoup les tampages : ils varient de hauteur avec î'écartement des cadres; souvent ils ont 4 pieds de haut et 3 pouces de diamètre. On les maintient dans leur situation arec des pattes de fer.

Dans les pays où l'on fait usage de bois ronds, on peut exécuter toutes l^s pièces que nous avons décrites avec ces bois non équarris, mais l'ouvrage n'est jamais aussi régulier. Cependant l'usage en est presque général en Saxe.

En parlant des outils, j'ai déjà ditque je préférais l'usage des échelles à tout autre moyen de circulation. C'est dans la petite case qu'on les attache , et comme elles ne doivent point avoir de pente, on les fixe solidement avec de grands clous sur le court bois qui porte la cloison du coté des tînes; de 3o en 3o pieds (lo""), on établit un petit échafaud ou l'on peut se reposer et laisser passer les ouvriers qui montent ou descendent eu sens opposé.

3o6 SOUTÈNEMENT DES TERRES ET DES ROCHES.

A chacun de ces petits planchers les échelles changent de main.

Comme les coups de mines hriseraient les échelles et la cloison, si on les descendait jusqu'à la profondeur où Ton travaille, on est dans l'usage de laisser la cloison de deux cadres en arrière, et d'attacher, au moyen d'un crochet de fer plat fait en S, une échelle volante que les mineurs enlèvent en passant pour se mettre à l'abri de l'explosion.

En même temps que l'on pose la cloison, on cloue sur les cadres ces bois longs et étroits que l'on nomme coulans > qui empêchent que les tines, en balançant, ne puissent accrocher le boisage. On en met cinq sur chacun des deux grands côtés, et quatre sur le petit; car celui qui est garni de la cloison n'en reçoit point : total quatorze coulans pour deux cadtes; car ils ont lo pieds de long, 3 pouces de large et 18 lignes d'épaisseur.

Dans certains pays l'on est dans l'usage de diviser les puits en trois parties égales : une pour chaque tiiie et l'autre pour les échelles; mais celte dernière est beaucoup trop grande. Dans d'auères mines on les partage en deux parties seulement, pour le passage des tines , et les ouvriers montent et descendent par un puits séparé ou se servent des tines. Dans tous les cas ces espèces de cloisons ont l'avantage de soulager les grands côtés des cadres et de s'opposer puissamment à la poussée.

Le boisage octogone s'exécute rarement; il

BOISAGE DES PUITS. Zo'J

est plus difficile que le boisage carré , mais dans tous les cas ce ne doit être que dans les puits ronds qu'on doit en faire usage; car dans un puits carré une partie du bois ne toucherait point à la rocbe, et il faudrait remplir les vides avec un grand nombre de picots, de brûBcbes et de coins^ M. Castian, directeur des mines de Mons» l'a fait exécuter avec beaucoup de succès. Je l'ai tu employer dans des puits carrés , mais sur des mines où les ouvriers n'entendaient rien au boisage.

A la mine de houille d'Essen , en West-* phalie , où l'on a été obligé de traverser 5o mètres de sable mouvant, Ton a fait usage d'un bi^sage carré fait au jour, parfaitement garni de picots et calfaté, que l'on descendait à mesure que l'on s'enfonçait, au moyen de quatre chaînes auxquelles il était suspendu. Pour pa^er cette terre absorbante et meuble , que l'on nomme kurzawska en Silésie, M. d'Aubuisson rapporte que l'on commence par bâtir a la surface du terrain un cy-» lindre creux, que l'on contient à l'extérieur au moyen d'une espèce de cage de fer et que l'on descend dans le puits à mesure qu'il avance* Le cylindre s'enfonce, et on l'alonge à la partie supérieure par de nouvelles assises de maçonnerie. Cet expédient ingénieux, qui fut apporté en Silésie par un Français, rappelle la tour de M. Brunel. Ce moyen est excellent, mais on parvient au même but en en* fonçant des picots serrés avant de creuser,

5o8 SOUTÈNEMENT DES TERRES ET DES ROCHES.

ainsi que nous l'avons déjà dit en parlant des galeries que Ton cliasse à travers de vieux remblais, des terrains pourris, etc.

Quand le boisage d'un puits est pourri et qu'il faut le renouveler d'un bout à l'autre , on commence par enlever le premier cadre du baut et Ton change les deux tampages, ensuite le cadre; on passe au second et succès^ vivement à tous les autres , et l'on voit que les tampages sont d'un grand service en pareille circonstance, puisque cbaque cadre est

indépendant et se soutient de lui-même.

Du pilonnage. '

Le plionnàge est une manière de soutenir les parois des puits ronds d'un petit diamètre , qui consiste à plier des brancbes vertes de cbéne dans l'intérieur de ces petits puits, et à les disposer de manière à ce que le petit bout de l'une corresponde au gros bout de celle qui la suit : de cette manière toutes les branches, qui sont vertes, flexibles et que l'on j^lie de force, font ressort en tendant à se redresser, et cette disposition suffit pour arrêter la poussée des terres. Ce genre de boisage, qui n'est guère employé que dans les ^uits par lesquels l'on extrait les minerais de fer d'alluvion et dans quelques marnières de la JNormandie, est parfaitement assorti à la courte durée de ces travaux et au peu de.

PLIONNAGE DES PUITS. Sog

vide qu'on leur donne. Le plîonnage a été cependant exécuté à la mine de plomb de Vedrin , où l'on faisait anciennement usage de puits jumeaux de 3o pouces (0,8:3) de diamètre, que Ton poussait quelquefois jusqu'à 5o toises (100").

Voilà tout ce que Ton peut dire de général sur le boisage des galeries et des puits ^ mais il est une foule de petits accessoires qui dépendent des circonstances locales et qu'il ne faut point décrire , parce que c'est le lieu , l'emplacement, la nature des matériaux et les usages du pays qui les prescrivent , et que tout homme intelligent est en état d exécuter, Je renvoie tout ce qui a trait au picotage et au cui^elage des puits, au paragraphe que nous allons consacrera la retenue, à l'écoulement et à l'évacuation des eaux.

S- 8- Des kastes y stempel et des échafaudages.

Nous avons vu , en parlant de l'exploitation des filons par gradins descendans, que ce mode dattaque exigeait que les déblais fussent accumulés en arrière des mineurs sur des planchers ou échafauds que l'on nomme kastes. Les pièces de charpente qui doivent soutenir tous ces déblais, sont des espèces de tampages ou stempel qui se placent en travers du filon ,'et qui sont assujettis dans deux mortaises, dont l'une au toit et l'autre au mur, au

3lO SOUTÈNEMENT DES TERRES ET DES ROCHES.

moyen d'un serrage pareil à celui que nous avons décrit en parlant des pontals qui soutiennent les cadres des puits; mais on recommande de ne pas les placer tout-à-fait à angle droit avec le mur : cette différence doit être égale à l'épaisseur du bois. L'expérience a prouvé qu'un tampage placé de cette manière et garni de son serrage , offrait la plus grande résistance possible à la pression des déblais. Si Ton exploite un filon qui présente des rétrécissemens et des renflemens successifs, il est évident que l'on doit choisir la place d'un étranglement pour y établir la kaste, puisqu'une partie des déblais sera soutenue par la roche elle-même.

Plus un filon s'apprOche de la ligne verticale et plus les kastes doivent être fortes et multipliées; car on concevra facilement, en jetant un coup d'œil sur la planche XXV, que le tampage de la figure i porte toute la charge , et que celui de la figure 2 n'en porte que la moitié. En effet, comme les corps pèsent toujours perpendiculairement à l'horizon , il n'y a réellement que le triangle A qui pose sur le tampage C , et le triangle B repose en entier sur le mur du filon, que je suppose incliné à 45 degrés. L'on voit, en effet, que des huit colonnes de déblai, celles 1,2, 3,4 pressent sur le tampage , et celles 5, 6, 7, 8 sur la roche.

Pour donner une idée du poids que le^ kastes horizontales ont à supporter, nous sup-

KASTES ET ÉCHAFAUDAGES. 5l 1

poserons que le filon ait 6 pieds (2"), et que rëloignement de l'un à l'autre soit également de 6 pieds. Nous supposerons que ce même ëchafaud ait 5o pieds (lo'") de long et qu'il soit soutenu par vingt tampages, on trouvera qu'en multipliant 6 X 6 X 3o = 1080 pieds cubes, soit 40 mètres cubes. Portant le poids du déblai à 100 livres ou 5o kil., à cause des vides, nous trouverons que le poids de ce tas de déblai de 6 pieds de haut , de 6 pieds de large et de 3o pieds de long, est égal à 108000 livres ou 54000 kilog. , et que chacun des vingt tampages doit supporter 5400 livres ou ^3700 kilogr. Or, M. Hassenfratz, dans ses tables de la résistance des bois de chêne , qui font partie de son excellent Traité de l'art du charpentier, porte celle d'une pièce de a mètres de long et de 0,18 carrés, à i458o kil. ' Ainsi , d'après ce calcul , on voit que l'on pourrait diminuer le nombre des stempel ou ne pas leur donner un aussi grand diamètre, sans oublier toutefois que le bois diminue de force, en raison de l'altération qui commence à l'attaquer presque à l'instant même où l'on vient de le mettre en place.

Comme les bois se détériorent insensible* ment dans l'intérieur des mines, et que la pression est toujours à peu près la même malgré le tassage, on a toujours soin d'employer des bois plus forts qu'il ne le faut dans le moment

I Hassenfratz, Traité de Tart du charpentier, I.^' partie.

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OÙ on les pose; et de plus, on les soutient encore par deux chevrons qui se buttent au milieu du tampage, comme on le voit figure i, et qui permettent aux ouvriers de circuler, ainsi que nous l'avons dit en parlant de l'exploitation des mines en masses et du travail en travers.

Le boisage est bien certainement le moyen le plus simple et le plus expéditif pour s'opposer à la poussée des terres; mais dans bien des cas ce n'est pas le plus économique. Aussi en Angleterre, où le bois est fort cher, ne boiset-on qu'à la dernière extrémité : le remblai, le muraillement en pierre ou en briques, sont les moyens ordinaires de soutènement Cependant dans les mines de Dudley on remarque quelques cadres en bois de Norwége , dont les chapeaux ne sont pas entaillés, et qui reposent sur deux rondins qui font l'office de poites ou de poteaux. Ce boisage, exécuté en sapin écorcé non équarri, revient à 3^ 6o^ le rondin de 7 pouces de diamètre et de 9 pieds de long, en sorte que le cadre non posé revient à 3^ 76^. Nous sommes mieux partagés que cela en France, même pour les bois durs; un cadre de chêne ne revient qu'à 5^ a5^ dans la Dordogne, à 4^ 5o^ en Bretagne , et en pin à .1 ^ a5^ dans le Var, où ces bois sont cependant très- recherchés pour la fabrication des planches à caisse, réclamées par le commerce du savoH de Marseille.

DV MURAILLEMENT.

Lorsque les bois durs sont chers, que les matériaux sont communs et qu'il s'agit de consolider un puits d'extraction ou une galerie d'écoulement qui doivent durer longtemps, il ne faut point balancer à employer le muraillement, qui coûte plus cher à établir, mais qui, devant durer éternellement, devient plus économique en définitive que tous les boisages que nous avons décrits cidessus.

Si la charpente des mines a ses principes particuliers, la* maçonnerie souterraine a les siens aussi; car je ne parle point ici des piliers et des murs de soutènement que Ton est parfois forcé d'exécuter pour consolider les grandes excavations des carrières souterraines, et qui se bâtissent à peu près comme les murs de nos édifices.

MuraiUement des galeries.

Le muraillement d'une .galerie est partiel ou complet, suivant que la roche est ébouleuse au mur et au toit, ou que le toit seulement menace de s'écrouler; dans ce cas il ne faut qu'un simple arceau. La planche XXVI, fig. 1 , représente une voûte dont l'une des retombées repose sur la roche, et la figure 3, au contraire, offre un muraillement

5 1 4 MURAILLEMENT

complet. On cite inéme des galeries en Hongrie dont l'entrée se compose d'un ovale muraille tout autour, et dont l'extrémité inférieure du grand axe sert à contenir les eaux qui s'écoulent de l'intérieur des travaux. Le moellon simplement dégrossi suffit toujours au muraillement des mines; mais s'il doit supportei* une poussée latérale, on devra donner quelques pouces de fruit ou de talus, depuis le pied jusqu'à la naissance de la voûte (fig. 3), qui doit toujours être à plein cintre y composée des pierres les plus longues que Ton pourra se procurer dans les déblais, et fermée par une c/ç^légèrement piquée.

Cette clef, au lieu de s'enfoncer de haut en bas , ainsi que cela se pratique quand on ferme une voûte ordinaire , doit se pousser de devant à l'arrière , puisque l'on n'a pas assez d'espace entre la roche et Veaçtrados de la voûte.

Si le terrain est très -humide, que Teau suinte entre les moellons, il faudra employer le mortier fait avec la chaux hydraulique qui durcit sous l'eau , ou plus simplement et surtout plus économiquement bâtir avec de la mousse , en mettre un petit matelas entre chaque pierre et ne point la ménager.

Je ferai remarquer que toutes les mousses ne sont pas bonnes , et que l'on doit choisir celles qui sont très-branchues et d'un vert jaunâtre, et rejeter au contraire les mousses vertes, courtes et qui ont la forme d'un petit

t>& GALERIES. Si S

plumet ^. Je parle ici par expérience et d'après le témoignage d'un bon mineur qui avait travaillé dans les mines du Nord.

Les pierres plates sont préférables à toutes les autres , parce qu'elles se posent mieux et plus vite ; c'est ainsi que les mines d'Andréasberg, de Clausthal, etc., au Hartz, sont muraiJlées à pierre sèche , et que ce moyen économique est une des causes de leur prospérité.

Les schistes y les roches feuilletées sont bien plus propres à cet emploi que les grès, les granits , etc. Cependant à la mine de fer de Bendorff on exécute le muraillement des grandes cheminées par lesquelles on jette le minerai, avec des quarz irréguliers, et ces espèces de puits j qui ont 2^ de diamètre à la base et un seulement à leur embouchure, ^élèvent quelquefois à 70 et 80 toises (140 ^ 160 mètres).

Lorsqu'on doit murailler toute une galerie, il faut monter les murs de soutènement jusqu'à la naissance de la voûte pendant une certaine longueur, et ne commencera voûter que lorsque les ouvriers qui sont chargés de cette première partie du muraillement, ont pris quelques mètres d'avance. Sans cette précaution les ouvriers se généraient, les matériaux encombreraient la galerie, et l'on-

1 Les hjrpnum et les sphagnum ne pourrissent pas ^ Itêbryum pourrissent.

3l6 MUKAILLEMENT

yrage marcberait mal; tandis que par le moyen quç j'indique on établit nn échafaud qui porte sur les deux murs : on y monte les matériaux destinés à la confection delà voûte, et la galerie n'est pas entièrement interdite à la circulation.

On devra faire exécuter deux ou trois petits cintres en planches à la Philibert Delorme, les bien consolider avec des boulons, de manière à ce que l'on puisse les retirer et les déplacer sans les démonter. Cette armature, qui ne devra pas avoir plus de 2 pieds (0,66) ^ de long, s'ajustera sur 4 pieds droits assemblés, se consolidera avec des coins ou des calles: sur ce cintre le maçon bâtira sa voûte ; mais comme il ne pourra pas toujours monter dessus, toutes les pierres qui serviront de clef se glisseront d'avant en arrière. C'est encore pour cette raison qu'il ne faut armer que 2 pieds à la fois, et qu'il faut pouvoir déranger le cintre avec facilité. Si l'on bâtit à chaux et sable, et que l'on ne veuille pas désarmer avant que le mortier ait fait sa prise, on placera de nouveaux cintres à la suite du premier; mais si c'est à pierre sèche ou avec de la mousse, rien n'empêche de désarmer dès que la clef est posée.

Il ne faut pas s'attacher à lier toutes ces portions de voûtes les unes avec les autres; les Romains nous ont appris que cela n'influe point sur leur durée, et que la réparation en est infiniment plus facile en cas de dégradation.

DES GALERIES. 5lJ

Si l'on fait usage de briques pour le muraillement des mines, ainsi qu'on le pratique en Angleterre et ailleurs, non -seulement pour les galeries, mais aussi pour les puits, on devra faire exécuter des briques en voussoirs pour les Toutes et pour les cintres des puits; mais dans ce cas on ne peut se passer d'employer du mortier, car on ne saurait poser des bri* ques à sec, et le mortier de terre ne résiste pas à l'humidité. Si le plâtre était à vil prix et que l'ouvrage fut parfaitement sec, je ne verrais pas d'inconvénient à l'employer. On conçoit que l'usage. des briques ne peut être prescrit d'une manière générale; il faut pouvoir les cuire avec du charbon de rebut sur le lieu même où elles doivent être employées, afin qu'elles reviennent au meilleur marché possible.

Si l'on est obligé de donner du talus, je conseille d'établir dans la galerie et contre les côtés deux espèces de tables, que l'on dressera au moyen de quatre crochets de fer, de manière à leur donner l'inclinaison voulue et à laisser entre elles et la paroi de la galerie la place de poser les briques.

Les ouvriers ne seront pas fort à leur aise , mais comme ils travailleront toujours devant eux et sans être obligés de s'occuper de plomber ou de présenter la règle de talus, qu'ils reculeront à mesure qu'ils auront posé leur parement vu et qu'ils auront remblaye les vides avec des déblais, rien n'empêche

3 1 8 H€RàlLL£M£NT

d'employer ce moyen, que je crois boa, expéditif et économique. On conçoit que, pour désarmer et changer de place, il suffit d'ouyrir les crochets , qui devront être assez solides pour faire l'office de contreforts. La figure 4-9 pl- XXyi, donne une idée de cette armature, qui peut tout aussi bien s'employer pour les murs droits que pour ceux en talus.

Le muraillement en ceintures, qui est exécuté dans les mines de mercure d'Idria, en Carniole, se compose de petites voûtes en briques d'un pied de large et éloignées d'un pied les unes des autres. Chacune de ces ceintures coûte 12^90^. (Héron.)

Il y a des mines où l'on ne muraille que les côtés et où l'on place des pièces de bois en travers, qui font l'office de chapeaux.

Ce moyen a été employé avec succès à la mine de houille de Litry, prèsCaen, département du Calvados, et voici les détails que nous en a donnés M. Duhamel, fils, dans les Annales des mines '. Il s'agissait de passer à travers de vieux travaux, comblés ou éboulés, pour aller exploiter des couches de houille que les anciens avaient négligées. De vastes communications ont été établies entre tous les puits d'extraction, ensuite ces communications en ont reçu d'autres moins étendues, qui ont permis d'aménager la totalité de l'exploitation, comme on distribue

I Tom. Y, pag. Z^.

D£S GALERIES. SlQ

une foret en conpes réglées. On employa d'abord le boisage, mais l'obligation où l'c^ se trouva de le renouveler très* souvent, à cause des fréquentes ruptures qu'il éprouvait, dé*^ termina la compagnie à adopter le muraillement vers la fin de 1811.

On ne donna d'abord aux murs que ^S^ a 65^ d'épaisseur; mais bientôt ils perdirent leur aplomb, et l'on fut obligé de leur donner depuis 83^ jusqu'à l'^ySo, quand le fardeau des toits sembla l'exiger. Cependant, à l'exception des environs des puits, cette épaisseur est rare; la plus ordinaire est 3 pieds ( 1™).

Le muraillement d'une voie consiste en deux murs verticaux et parallèles ( pi. XXVI, fig. 3), hauts de 6 pieds 6 pouces (:2°',i6), épais de 3 pieds et écartés Tun de 'l'autre de 5 pieds ( 1*^,66), de manière à ce que la distance comprise entre leurs parois exté* rieures est de g pieds 6 pouces (3",67) : ils doivent avoir 1 pied de fondation.

Les chapeaux de chêne (ou billes) 9 longs de 6 pieds 9 pouces environ (a'^ysa), sur 6 et 7 pouces de carré, sont éloignés l'un de l'autre, de milieu à milieu, de 3 pieds environ, et reposent de 11 pouces sur des soles ou semelles, que l'on place sur chacun des murs. Au-dessus de ces chapeaux on range, les uns à côté des autres, des espèces de picots, qui sont faits avec des bois de chêne refendus^ nommés ^c/é/7ie^ en Normandie.

La hauteur du vide, sous bois, est de 6

520 MURAILLEMENT

pieds (1^,95); la face des murs, qui doit être cachée^ est tirée au cordeau et parementée, pour astreindre l'ouvrier à la régularité ; mais on y restape ensuite les débris dont on veut se débarrasser, afin de ne laisser aucun vide entre ces murs et le terrain auquel ils servent d'appui.

Les paremens vus sont plus soignés que ceux qui doivent être cachés, et Ton j emploie aussi les plus belles pierres : le massif de ces murs, qui est compris entre les deux pa* remens, est composé de blocage posé à la main et bien garni. Les pierres, qui sont de grès quarzeux à grain plus ou moins fin, s'extraient de l'intérieur même, où l'on a ouvert plusieurs carrières, afin de diminuer les frais de traùsport : le mortier dont on fait usage., est fait avec un schiste tendre et pourri, provenant de l'intérieur de la mine et délayé dans un peu d'eau.

Les précautions indispensables à prendre pour la confection de ces murs, consistent dans l'ouverture d'une voie provisoire , solidement boisée , de 4 mètres environ de largeur, divisée en deux parties par une ligne de bois qui sert à la soutenir. On n'embrasse jamais plus de 10 mètres de construction à la fois , et souvent moins , si le défaut de solidité du toit s'y oppose; une partie du mur étant achevée , et le mortier ayant acquis la solidité convenable, on retire le boisage pour le faire servir en avant» et ainsi de suite.

Les murs placés au pied des puits 9 à l'entour des cabinets de chargeagCy ont depuis 6 jusqu'à la pieds de haut^ on n'y emploie que des pierres plates plus ou moins fortes, et ces constructions, qui exigent beaucoup de solidité, sont toujours faites à chaux et à sable.

Ce mode de soutènement , qui participe et du boisage et du muraillement, s'exécute depuis long -temps dans certaines mines de Hongrie; mais il parait que M. Noél, directeur des mines de Litrj est le premier qui l'ait fait exécuter en France.

Voici le sous- détail du prix d'une toise, ou de a mètres courans, d'une galerie muraillée par cette méthode.

Extraction de la pierre 4^ ^^^

Transport, prix moyen 4 ^^

Maçons, Vnanœuvres, payés ensemble à raison de 5^ 76^ par toise carrée , ce qui donne pour une hauteur de 6 pieds 9 pouces 4 ^^

Préparation du mortier 2 5o

Posage et enlèvement des bois pro-*

▼isoires 1 ^

Pour l'autre côté de la galerie autant 16 71

Pourri chapeaux ou billes, 52 picdts

et 2 soles en chêne 6 4^

^ r^rur. . . . . 7^7^'

5ââ MURAILLfiMENT

Êeport 59^ 82^

Entretien de ced bois, auxquels on suppose une durée moyenne de oti2e ans ^ 60

Réparation annuelle ^ . 1 •»

Sous- détail de la valeur du boisage d'une galerie de Litry , ayant en dedans du bois les mêmes dimensions que les voies muraillées.

Prix eomparatife.

4 Bois ou poites de 9 pieds de long (S*") , contenant 18 bûcbes, mesure normande^ ci id bûches;

2 Chapeaux ou billes de 6 pieds

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