Incendies des mines en amas
i.** L* incendie récent , causé par [Rapproche S une lumière y d'un toc-feu , ou par tinfiam-mation du grisou , doit s'éteindre par étouffement , c'est-à-dire en fermant toutes les issues qui peuvent lui donner de l'air, par un muraillement soigné , bâti en argile amai*» grie par du sable et placé le plus près possible du lieu de l'incendie. Si le feu s'est déclaré dans un puits boisé , on s'en rendra maître en couvrant la bouche avec des madriers chargés de terre et de gazon, et si le puit^ est muraille et qu'il y ait de l'eau au fond, il suffira de la laisser monter en suspendant les travaux pendant quelques jours; mais si, pour ralentir le feu, on veut intercepter l'air , il faut ménager une ouverture de quelques pouces, que l'on couvrira tout simplement d'un bout de planche , afin de donner issue à l'eau qui se réduira en vapeur dès l'instant qu'elle atteindra le feu.
^!* L* incendie ancien , causé par un accident dont on a conservé le souvenir, doit s'éteindre comme le premier, si l'on a la certitude que le feu a été mis accidentellement, et qu'il n'est pas probable qu'il se renouvelle : c'est au directeur à disposer ses barrages ou ses murailletnens de manière à ne paralyser qu0 la plus petite partie possible de son atelier;
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car , pour obtenir un plein succès, il ne faut point être pressé de déboucher les issues que l'on a fermées.
5° U incendie spontané récent doit s'éteindre plutôt par étouflfement que par immersion, parce que l'humidité qui resterait après la retraite de l'eau , suffirait pour ranimer le feu, en activant la décomposition des pyrites, qui est toujours la cause première des incendies spontanés. Quand un tas de houille s'enflamme spontanément au jour, il suffît de l'étaler et de le retourner pour l'éteindre.
4.° L'incendie spontané ancien et étendu. Cest le plus difficile à éteindre , et celui auquel il convient d'imposer des limites ; car l'immersion aurait des inconvéniens graves , et l'étouiFement est à peu près impraticable.
En effet, rassembler les eaux intérieures, en leur opposant des digues et des barrages qui les forcent à monter jusqu'au foyer de l'incendie, c'est s'exposer à des fîltrations, et, qui plus est, à une inondation générale et désastreuse, dans le cas où une des digues viendrait à se rompre; car je suppose que les travaux inférieurs au foyer sont assez étendus pour mériter tous \es soins des exploitans et toute leur sollicitude. Mais enCn^ si l'on pouvait sans aucun inconvénient opérer l'immersion de toute la partie embrasée par la retenue des eaux souterraines ou par l'intermède de quelque cours deau de la surface , que l'on aurait amené dans les tra-
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Yanx, je puis assurer que le feu se renouvellerait tout aussitôt que l'on aurait asséclié les travaux , à moins cependant qu'il soit privé d'aliment, et qu'il ait achevé de dévorer tout ce qu'il pouvait embraser : et si cela était ainsi , a quoi donc aurait servi cette immersion et toute la dépense qu'elle aurait occasionée , puisque le feu se serait éteint de lui-même quelques mois plus tard.
Tous les soins doivent se borner, en pareille circonstance , à préserver les travaux inférieurs de la prppagation du feu , et l'on y parvient en remplaçant la houille » qui pourrait amener le feu dans les puits, par un remblai ou estapage fait avec soin, dans lequel il n'entre que des grès, et dont on écarte tout schiste bitumineux susceptible de s'embraser ; d'ailleurs on a remarqué que le feu tend beaucoup plus à s'élever qu'à se propager en profondeur, ce qui permet d'exploiter sans danger les couches de houille qui ne sont séparées des couches embrasées que par des bancs de grès et de schistes assez minces pour laisser passer la chaleur et filtrer des eaux excessivement chaudes; car il est reconnu depuis long-temps, que le feu n'attaque pas à plus d'un mètre de distance la bouille laissée intacte dans la profondeur (Cordier) : aussi plusieurs mines des environs d'Aubin^ département de l'Aveyron, sont exploitées de cette manière , et jusqu'ici il n'en est résulté aucun inconvénient grave. On exploite même
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a peu de valeur, et que Ton répugne à faire les frais de son extraction. Ce sont cependant ces poussières dont il faut déblayer 1^8 travaux , puisque ce sont elles qui causent la plus grande partie des incendies souterrains. En Angleterre , on élève ces menus charbons au jour, dans la seule intention d'en débarrasser les travaux et de les convertir en cendres . végétatives au profit de l'agriculture.
Les produits des incendies dont nous venons de parler» sont assez variés et, à peu près partout les mêmes; les schistes, les argiles schisteuses qui sont interposées entre les couches de houille , se convertissent par . l'action du feu en une espèce de roche calcinée , qui porte l'empreinte évidente de cet agent, et qui se fait reconnaître à sa couleur rouge de brique , à . ses nombreux pores , à son toucher âpre et sec ,*" et quelquefois, à sa grande légèreté. Parfois et accidentellement certaines argiles se convertissent en une substance semi- vitreuse, agréablement colorée en vert, en lilas, en jaune chamois, et qui est susceptible de recevoir un assez beau poli. Ce sont les porcellanites des minéralogistes. , Les fissures et les parois des fumerolles se tapissent le plus ordinairement d'efilorescences alumineuses, que l'on exploite au mojen du lessivage et dont on extrait de l'alun; quelquies autres sels se trouvent aussi dans ces fumerolles , qui brillent la nuit d'un
éclat assez vif et d'où Ton voit s'échapper de^ flammes assez éclatantes. Ces fumées chaudes et humides sont utilisées sous la forme de bains de vapeur, et lorsque, après l'extinction de ces feux souterrains , on vient à fouiller dans leurs résidus, il n'est point rare d'y trotbver de la houille convertie en coak, et quelquefois aussi du fer ou de l'acier natif, sus^ ceptibles d'être limés, forgés et mis en œuvre.
JVous avons déjà dit que la température des travaux qui avoisinent le foyer des houillères embrasées est quelquefois si élevée , que l'eau qui dégoutte du toit est à peu près bouillante; mais ces cas accidentels ne doivent point être considérés comme règle générale : ce sont des exceptions dans les mines.
La température des exploitations d'une profondeur moyenne de aoo à 400 pieds, qui sont Lien aérées, et dans lesquelles il n'y a ni excès d'hommes ni excès de lumières, se tient à environ quatorze degrés au-dessus de zéro du thermomètre de Réaumur: elle est plus haute dans les tailles de 18 pouces à 2 pieds, ainsi qu'au fond des galeries qui sont excessivement longues, et dans les travaux où l'air est mauvais; mais elle s'abaisse, au contraire, sur les points oùTaérage est vif et où il existe des filtra tiens, et cela tient à l'évaporation. Au reste, comme la température des travaux souterrains intéresse fort peu les exploitans , et que c'est un sujet qui se rattache beaucoup plus directement à la géologie et à la géographie