GROUPES APPARENTÉS AUX BRYOZOAIRES
1. Ptérobrancues (tig. 277). — Des deux genres qui sont réunis sous cette dénomination, le Rhabdopleura (B) est depuis longtemps connu. On l'a dragué dans les mers du Nord, dans les parages des Shetland, des Lofoden et des côtes de Norwège; le Cephalodiscus (A) a, au contraire, été découvert récemment, dans la campagne du Challenge?^ sur les côtes de Patagonie, à environ 300 mètres de profondeur.
PTÉROBRANGIIES. 473
Tous les deux bourgeonnent et produisent des colonies ; mais, tandis que les blastozoïdes du Rhabclopleura restent unis entre eux, par le stolon sur lequel ils sont nés, ceux du Cephalodiscus se séparent au bout d'un certain temps, et- les divers individus de la colonie n'ont entre eux que des rapports de voisinage.
L'aspect extérieur des individus rappelle au premier abord, dans les deux cas, celui des Bryozoaires. Mais, au lieu de posséder un lophophore portant une rangée continue de tentacules, ils présentent autour de la bouche deux bras dans le Rhabdo-
'■'K-nn^n -^^EROBRAxNCI-IES. - A, Cephalodiscus dodecalophus (MaC h„.nn?: (AL^,,A^N). 6, bourgeou; 66, bouclier
iZT, I '^"'a'^'ilaires (une partie seulement est visible dans
Uphalod,scus) ; D, disque tentaculiCèrc; S/, stolon; œ, œsophage: e, estomac ; intestin ; 5^, ganglion. 1 s , , =1"
pleura, douze dans le Cephalodiscus, placés symétriquement el couverts chacun d'une double rangée de tentacules ciliés.
Le tube digestif est recourbé en U, comme celui des Bryozoaires. On n'a pu découvrir de système nerveux dans le Ithabdopleura; chez le Cephalodiscus, c'est un simple ganglion, analogue à celui des Bryozoaires. On n'a décrit chez aucun des deux types d appareil néphridien.
Sur la face ventrale, se détache le stolon; il est court chez le Cephalodiscus, et, à son extrémité libre, il porte deux ou trois bourgeons (pu se détachent à mesure de leur développement Chez le Rhabdopleura, au contraire, le stolon est ramiOé, et se relie au stolon commun à toute la colonie qui rampe sur le sol.
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Les individus sont protégés à l'intérieur de tubes, simples produits de sécrétion du bouclier buccal, fort différents par suite des loges des Bryozoaires.
Dans le Cephalodiscus, ces tubes sont de simples cavités creusées dans une masse gélatineuse branchue et irréguliére, le cœnœcium. Dans le Rhabdopleura, l'appareil protecteur se compose de deux parties : l'une recouvre le stolon basilaire qui porte les individus; cette portion est divisée par des cloisons en articles, dont chacun correspond à un individu. Latéralement, sur chaque article, s'attache un tube dressé qui entoure l'individu correspondant et à l'intérieur duquel ce dernier peut se rétracter.
La parenté de ces deux types avec les Bryozoaires ne semble pas douteuse. Malgré la différence dans la forme des couronnes tentaculaires, il n'est pasimpossible deles ramener au même type. On s'accorde à considérer les Ptérobranchiîs comme des Bryozoaires aberrants ; mais l'absence complète de renseignements embryogéniques, et beaucoup de points encore obscurs de l'anatomie, empêchent de préciser d'une façon complète les affinités des deux groupes (1).
II. Phoronidés (fig. 277 bis). — C'est également aux Bryozoaires que semble se rattacher le genre Phoi'onis, découvert en 1836 par Strethill "Wright. Sa larve, V Actinolrocha, découverte en 1846 par J. Mùller, lui fut définitivement rattachée par Kowalevsky en 1867.
Les individus vivent également en sociétés, mais comme chez le Cephalodiscus, c'est-à-dire sans garder de rapports anatomiques. Ils sont logés dans un tube produit simplement par sécrétion, et très différent par suite de l'ectocyste des Bryozoaires. Le corps, extrêmement long, porte en avant une couronne de tentacules (Tj disposés exactement comme chez les Bryozoaires
(1) Dans une récente note {Challengei' Reports, 1887), publiée eu appendice au mémoire de Mac lutosh, Sydney F. Harmer conclut de ses observations qu'on doit considérer Cephalodiscus comme proche parent de Balanoglossiis, et le faire entrer dans le groupe des Entéropneustes. Le bouclier buccal ou épistome serait l'équivalent de la trompe ; le cœlome serait divisé en trois parties successives, une pour la trompe, l'autre pour le cou, la dernière pour le corps, chacune d'elles étant subdivisée à son tour en deux 'moitiés, droite et gauche. Le fait le plus saillant serait la présence d'une paires d'orifices branchiaux (?) couverts par un opercule, et d'un diverticule dorsal et médian du tube digestif qui pénètre dans la trompe, et qu'on considère comme représentant la notochorde. L'examen des figures de Harmer ne nous semble pas aussi convaincant, et pour ce dernier point en particulier, il semble un peu téméraire, dans l'état actuel, de vouloir regarder ce diverticule si rudimentaire et si peu différencié comme l'homologue de la corde dorsale du ISalanoglossus et des Vertébrés.
PnORONIDÉS.
Phylactolèmes, sur un lophophore en fer à cheval. Le tube digestif (œ, i) est en forme d'U, et occupe toute la longueur du corps; ses orifices sont disposés comme chez les Bryozoaires.
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DhJ i V du vaisseau circulaire; vlph, vaissem du lopho:
phore vaisseau médian; vl, vaisseau latéral; vd va ses deux
ïtrae^C^îSr""' N, népWEf n. son /ore
Les néphridies (N), au nombre de deux, sont de courts tubes s'ouvrant dans la cavité générale.
Toutes les dispositions qui précèdent montrent une réelle ressemblance avec les Bryozoaires; mais l'appareil circulatoire témoigne d'une din'érencialion bien plus grande; l'appareil est parfaitement clos, et formé de vaisseaux à parois nettes, muscu-
VERS CILIÉS
leuses, et tapissées d'endothélium. La portion centrale est un cercle (uc,, vc^) d'où partent deux vaisseaux {vm, vl) s'étendant tout le long du corps, et s'unissant au niveau de la courbure du tube digestif par un réseau anastomotique. Le sang renferme des
globules colorés en rouge par l'hémoglobine.
On a cru pouvoir tirer de cette remarquable constitution des affinités spéciales, par exemple des rapports avec les Géphyriens et les Bracbiopodes. Mais ces rapports sont extrêmement values, et contredits par l'emhryogénie toutàfait spéciale de cet animal.
Sa place est très certainement à côté des Bryozoaires, avec lesquels les ressemblances sont frappantes.