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REPRODUCTION ASEXUÉE

Les Rhabdocèles proprement dits n'ont plus que deux testicules pourvus chacun d'un canal excréteur.

L'organe copulateur est assez simple. Le pénis est creusé d'une cavité aveugle; il peut se dévaginer comme un doigt de gant et sortir ainsi de sa gaine : ce n'est plus un conduit génital, mais, un organe excitateur. La gaine s'ouvre dans un cloaque où débouchent aussi les conduits génitaux et le canal d'une vésicule séminale volumineuse et musculaire. Cette poche ne se développe qu'après la ponte des œufs d'été; ceux-ci sont dus à une aulofécondation. Les œufs d'hiver, au contraire, se produisent ordinairement après un accouplement réciproque (Schneider).

Trématodes. — On trouve constamment chez les ïrématodes deux canaux déférents (fig. 353, e) provenant de deux testicules ; mais ceux-ci varient beaucoup dans leur complication. Ordinairement ils sont simples (globulaires ou allongés), mais parfois ils deviennent lobés et ramifiés un grand nombre de fois [ûislomum hepalicum). Les canaux aboutissent dans une vésicule séminale (/■), à la base du pénis.

Cestodes. — Le testicule des Trématodes se rapproche, on le voit, du type des Rhabdocèles; les Cestodes au contraire, même ceux qui ne sont pas segmentés {Amphilind), reproduisent la disposition des Triclades et des Polyclades (fig. 336). On trouve dans chaque segment un grand nombre de testicules épars (6), dont la plupart sont en relation par de fins canalicules {d) avec un long conduit déférent (/") aboutissant à l'organe copulateur.

L'appareil d'accouplement est très constant et construit sur le même type dans les deux groupes. Le canal déférent (/"), près d'arriver à l'ouverture génitale, s'élargit en une vésicule séminale à parois épaisses [g). Cette vésicule se prolonge en un canal fln et contourné, qui bientôt se transforme en un conduit large et épais, creusé dans le pénis. Les parois de ce canal peuvent se devaginer et saillir au dehors. Le pénis et le petit canal qui le précède sont contenus dans un sac clos, qui est la poche du pénis, ou poche du cirre. Des glandes compliquées débouchent dans le penis.

Comme nous l'avons dit, il paraît certain qu'il y a aulo-fécondation. Mais . est peu probable que le pénis soit introduit dans le canal emel e, qui est beaucoup trop étroit. Le rôle du pénis est donc tout à fait problématique.

§ 9. Iteproduclion asexuée.

On sait depuis longtemps que les Planaires d'eau douce jouis-

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sent de la propriété de régénérer les parties du corps détachées par accident. Celte propriété est notamment très développée chez les Planaires terrestres. Lorsqu'on coupe en deux un Bipalium, la moitié postérieure se refait des yeux et une bouche. Chez le Bipa- Ihim JCewenselu section se fait spontanément (Richter, Trimen). Un individu se divise et les deux moitiés se complètent rapidement. Nous sommes dès lors en présence d'un nouveau mode de reproduction, qui rappelle très exactement celui que nous avons signalé chez le Lumbriculus parmi les Annélides. Des faits analogues ont été observés depuis longtemps chez de nombreux Rhabdocèles : Catenula lemnx (Dugès), Microstomum lineare (OErsledt), Microstomum gigantewn (Hallez), Stenostomiim leucops et unicolor (0. Schmidl), Alaurina composita (MetschnikofT), etc. ; mais ici c'est un véritable boui-geonnement, qui se produit vers l'extrémité postérieure, et qui donne naissance àde nouveaux êtres déjà formés avant de se séparer. 11 peut même arriver que ces derniers ne se séparent pas immédiatement et restent unis en une chaîne pareille à une colonie linéaire. Chez le Microstomum giganieum par exemple, huit individus produits par trois bipartitions successives restent ainsi accolés bout à bout. Il y en a seize dans le Vorlex lineare. Dans tous les cas, la chaîne se brise bientôt d'une manière irrégulière. Cette tendance à la reproduction asexuée est bien plus accusée chez les Plathelminthes parasites. Les divers anneaux d'un Ténia constituent tous, comme l'a démontré Van Beneden, des individus homologues à un ïrématode, et produits par bourgeonnement aux dépens du premier formé, le scolex, lequel vient de l'œuf. 11 semble donc qu'il y ait alternance de générations chez les Cestodes. L'individu provenant de l'œuf est asexué et donne par bourgeonnement des individus sexués. Nous verrons tout à l'heure ce qu'il convient d'en penser.

§ 10. Développement.

Nous ne nous sommes pas proposé dans cet ouvrage de décrire les phénomènes du développement des animaux ; nous n'avons donc pas à insister sur l'embryogénie des Platlielmintiies. Mais les métamorphoses par lesquelles ces vers arrivent à l'état adulte ont ti'op d'importance au point de vue morphologique, pour que nous ne soyons pas obligé de les résumer brièvement.

L'embryogénie des Rhabdocèles est peu connue. Le développement des TuRBELi.ARUis est eu généi-al très simple et très rapide, et il conduit directement à la forme adulte. Toutefois dans une importante famille de Polyclades, les Euryleptidés, existent de véritables métamorphoses: l'embryon quitte l'œuf pourvu de cils, d'un tube digestif, d'un pharynx, et surtout d'un cercle desixouhuit appendices sur lesquels règne une couronnecoutinue de longs cils vibraliles (larve de JMiiller). Cette forme larvaire (fig. 337) a été comparée à l'Aclinotrocha des Phoronis et au Pilidium des Némertes. Les appendices disparaissent plus tard.

DÉVELOPPEMENT DES TRÉMATODES. 883 Parmi les Trématodes, les Polystomidés, plus élevés en organisation ont

Fig. 337. — A, Larve d'Eurylepla aiiricidala, immédiatement après l'éclosion : m, bouche (Hallez). — B, Larve de Planaria angulata (?) montrant la métamérisation (Agassiz).

une embryogénie directe et accélérée; les Distonidés au contraire présentent constamment des phénomènes de métamorphoses. De plus, celles-ci ne s'accomplissent pas dans le même hôte, et l'individu doit changer plusieurs fois d'habitat, avant d'atteindre l'état adulte. Il subit des nnrjralions.

Un Distome n'arrive à son complet développement qu'après avoir été pai'asite de deux hôtes au moins, et de plus, à diOférents stades, il se produit dans l'embryon un bourgeonnement interne qui donne naissance à un certain nombre d'autres embryons plus élevés en organisation. Prenons pour exemple le Distomum hepnliciini. De l'œuf s'échappe un embryon cilié pourvu d'une tache oculaire, d'un ganglion et d'un rudiment de tube digestif. A cet état il nage quelque temps, libre dans l'eau, mais se fixe bientôt, par un rostre que porte son extrémité antérieure, aux téguments d'un Mollusque (fig. 338) {Li/mnxa (nmcalida, L. paregra). Ce rostre (d) pénètre comme un coin, et avec lui l'embryon tout entier, qui arrive ftn;ilcmeritdans l'intérieur de la Lymnée. Là, l'embryon perd ses cils, qui tombent avec les cellules qui les portent, et il se transforme eu un sac qu'on appelle sporocijste. II renferme des amas cellulaires vermifornies, qui peu à peu s'échappent du sporocystc et se développent en embryons appelés ncdi':i (fig. 339). Leur organisation est un peu supérieure à celle de l'embryon cilié ; ils possèdent en effet un tube digestif simple, mais bien développé, avec un rudiment de pharynx une ouverture latérale {d) donne issue aux jeunes embryons nés

Fig. 338. — Embryon cilié de Dislomum hcpalicum, perforant les tissus d'un mollusque. — /, cellules eu ôpaulelte de la première rangée ; d, rostre ou papille céphalique ; g, taches oculaires (Tac^iAs).

dans le corps de la Rédie. Celle-ci en effet ne donne pas encore le Distome ;

PLATIIELMINTHES.

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mais elle contient des cellules gerniinatives qui se développent, soit en de nouvelles rédies, les i-édies filles (A), soit en une autre espèce d'embryons,

appelés Cercaires (B). qui se rapprochent davantage encore de l'organisation du Distome : ils ont eu effet (fig. 340) une ventouse orale (a) et une ventrale [d], un tube digestif [b') bifurqué et terminé par deux culs-de-sac (c), un double ganglion avec une commissure cérébroïde, et enfin un appareil excréteur formé de deux longs conduits symétriques. Ce qui caractérise principalement la Cercaire, c'est la présence d'un long appendice caudal, ne contenant aucun autre organe qu'une lige centrale de tissu conjonctif.

Les Cercaires, en sortant de l'enveloppe de la /?^cZie, quittent aussi la Lymnée et se mettent à nager librement au moyen de leur appendice caudal. Mais bientôt elles sécrètent une capsule rigide au moyen de deux glandes volumineuses; elles perdent leur appendice caudal et s'enkystent sur une plante quelconque. Ces kystes sont avalés par les moutons, et, dans le tube digestif de ces derniers le jeune Distome se produit définitivement à l'intérieur du kyste, s'échappe de son enveloppe, et pénèti'e dans le foie par les conduits biliaires.

Ce type de développement est général pour la plupart des Distomiens : les premières métamorphoses se passent toujours dans un Mollusque aquatique (Gastéropode ou Acéphale), taudis que le Distome adulte peuthalîiter un Poisson, un Batracien, un Oiseau ou un Mammifère.

Il peut d'ailleurs avoir simplification ou complication parla suppression ou l'addition d'une phase intermédiaire. Ainsi la phase sporocyste peut être supprimée : si l'embryon cilié est pourvu d'un tube digestif bien développé, il ne produit pas à son intérieur de Rédies; il se transforme lui-même en Rédie. Chez le Distomum cycnoïdes, la cercaire ne s'enkyste pas et, une fois arrivée dans le corps de la grenouille, elle se transforme graduellement en Distome.

Au contraire, la migration peut se compliquer par la nécessité d'un troisième hôte intermédiaire (Mollusque, larve d'insecte.

Fig. 339. — Rédie adulte contenant une Rédie-fille A, une Cercaire approchant de sa maturité B, deux autres Cercaires plus jeunes C, et des germes de toutes dimensions D. — a, cellules glandulaires ; 6, pharynx ; c, collier ; d, orifice d'éclosion ; e, appendices postérieurs; f, germes à divers états de développement; g, cellule germinalive.

Lettres grecques se rapportant à la cercaire : a, ventouse buccale ; P, œsophage; x, cœcum intestinal; 6, rudiment de la ventouse orale ('Tho.mas).

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