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APPAREIL CIRCULATOIRE DES CÉPHALOPODES. 69Î

sang des veines branchiales efierenles (/), et d'un venlricule {p).

Les deux oreillettes sont placées ti droite et h gauche, de sorte que dans son ensemble le cœur occupe presque toute la largeur du corps. A l'oriûce de chaque oreillette, se trouve une valvule auriculo-ventriculaire. Du ventricule, parlent deux vaisseaux : l'un d'eux, Vaorle (.9), se dirige en avant; l'autre, l'artère abdominale {i4), part du bord postérieur, et va irriguer les viscères abdominaux postérieurs, les glandes génitales, les nageoires, le manteau, etc. Chez le Poulpe, l'artère génitale('/ 5) naît indépendamment, comme une troisième aorte. Les deux derniers vaisseaux sont très réduits; l'aorte céphalique est bien plus volumineuse. Elle donne à droite et à gauche des rameaux au manleau (2), au tube digestif, etc. Enfin au niveau du bulbe buccal, elle se divise en deux branches {i 3), qui vont se terminer par un vaisseau dans' chaque bras.

Les voies de retour du sang au cœur sont moins constantes que les artères. Le sang qui revient des bras se rassemble dans un sinus circulaire, autour de la tète; de ce sinus, dans la région ventrale, part une grande veine (^5), qui se dirige en arrière; elle reçoit, en avant du cœur, une autre veine abdominale (Pl. V, Va), ramenant le sang de la partie postérieure du corps. Aussitôt après, quelquefois même avant, la grande veine antérieure se divise en deux troncs (fig. 396, r, ?■'), l'un droit, l'autre gauche ; ce sont les veines caves (Pl. V, pr). Les veines caves se dirigent vers les branchies. Mais, avant d'y arriver, elles se renflent en un cœur musculaire ((îg. 396, s, et PI. V, C6r), le cœur veineux ; il envoie le sang dans l'organe respiratoire, par le vaisseau branchial afférent, qui suit, comme nous l'avons vu, la crête du support branchial.

La communication entre les artères et les veines s'établit soit par un réseau capillaire, soit par un système de lacunes.

Dans la Seiche, l'appareil vasculaire est presque clos. Il existe de véritables capillaires, ou dons tous les cas des lacunes fort bien endiguées; il est assez difficile de se prononcer à cet égard.

Mais dans les OctopoJes, le passage des artères aux veines se fait, à travers de vastes cavités, dépendant de la cavité générale : la plupart des viscères, les glandes salivaires, l'estomac, l'aorte, sont baignés par ce sang veineux qui revient dans la grande veine (.23) par deux gros canaux, partant du fond de la lacune et portant le nom de lubes iiéritonéaux.

Glande péricaudique (1). — A la base de chaque cœur branchial,

(Ij GnoDBEN, Arb. Wien., t. V, 1883.

çst «attaché un massif glandulaire qu'on appelle depuis Gi-obben. glande péricardique (Pl. V, gp). C'est un organe creux, attaché par un pédicule (Pl. V, F, p) au cœur branchial. Sa cavité est formée de canaux anastomosés irréguliers, aboutissant dans une cavité centrale {pf{) en communication avec la poche péricardique par uri fin canal (c). La paroi de cet ensemble de cavités est revêtue de cellules glandulaires, remplies intérieurement de concrétions. Ces cellules rejettent leur produit dans la poche péricardique dépendant de la cavité viscérale, où se trouvent plongés les cœurs branchiaux, et qu'il nous reste à décrire. . Sac ViscÉRO-PÉfiiCARDiQUE (1). — Le sac viscéral, appelé aussi sac viscéro-péricardiqiie, péricarde, cœlome secondaire, est très vaste chez les Décapodes (Pl. V, A,B,C); il est dans toutes ces figures coloré en rouge. 11 renferme l'estomac, le cœur, les artères branchiales, les cœurs branchiaux, les organes génitaux. Il constitue, une cavité unique ou du moins un ensemble dont les diverses parties communiquent entre elles par de longs canaux. Il communique avec l'extérieur par l'intermédiaire des sacs rénaux. Un canal réno-péricardique {Ce) débouche par un orifice cilié, le néphrostome (K), dans la cavité de ces organes. Chez le Nautile, la communication avec l'extérieur se fait directement par deux pores, situés tout près des orifices rénaux postérieurs.

Chez les Oclopodes (Pl. V, D) la cavité du sac viscéral se réduit. Elle se subdivise en plusieurs cavités secondaires dont une (Cœ) contient les organes génitaux; deux autres [gp], les deux cœurs branchiaux; ces deux dernières s'ouvrent dans le rein et communiquent par là avec l'extérieur. Mais toutes ces diverses parties sont- encore en communication par d'étroits canaux (Ce) qui ont fait désigner l'ensemble de cet appareil sous le nom d'appareil aquifère.

Nous retrouvons ici le processus déjà décrit chez les Amphineures, qui conduit la cavité générale primitive à se morceler en plusieurs parties, dont l'une constitue la cavité génitale, tandis que l'autre, restant en général autour de l'organe central de la circulation, est en connexion avec les néphridies. On retrouve donc chez tous les Mollusques le même développement phylogénétique.

§ 7. — Appareil excréteur.

L'appareil urinaire présente dans toute la série des Mollusques une remarquable hoi^ogénéité. 11 ofl're de plus une analogie frappahfe a\ ce celui des Annélides. C'est en se basant en particulier

(1) Gkobben, Arb. Wieu., t. V, 18S3..

REINS DES AMPHINEURES. 6,9") sur cette analogie, qu'on a pu considérer les Mollusques comme tirant leur origine des animaux de ce dernier groupe.

Les reinsdes Mollusques, appelés quelquefois corpsde Bojanus, et en général au nombre de deux, ne sont autre chose que des organes segmentaires, renflés en un sac à parois glandulaires dans leur région moyenne, et mettant en communication le péricarde, reste de la cavité générale, avec l'extérieur.

Les cellules glandulaires n'existent en général que sur une région limitée des parois du sac rénal, où elles sont placées, toujours sur une seule assise, sur des Irabécules dont l'ensemble compliqué constitue un massif d'une épaisseur parfoisconsidérable. Ces

trabécules sont parcourus par une masse énorme de sang contenue soit dans des lacunes, soit dans des capillaires véritables. Le sang destiné h l'irrigation du rein semble toujours être du sang veineux. Il vient des grandes lacunes viscérales, se rend plus ou moins directement dans le sinus branchial afférent, el revient au cœur après avoir traversé la branchie.

Étudions les modiPications que subit ce type général dans la série des Mollusques.

Reins des Amphineures. — C'est comme toujours parmi les Amphineures qu'il faut rechercher la disposition la plus simple et laplus primitive. Dans les Solénogastres {ùg. 393), les reins sont de simples tubes droits, placés de chaque côté du rectum, et s'ouvrant en arrière dans la cavité branchiale [Chsetoderma] (fig. 393, A), ou dans un cloaque où débouche aussi le rectum (B, C) [Neomenia, Proneomenia). En avant, ils communiquent avec la cavité générale, formée, nous l'avons vu, du péricarde uni aux cavités génitales (P, 0). Chez le Chiton (fig. 393, D), l'appareil ne se modiiie que par le développement plus grand de la .partie glandulaire. Les deux reins ne sont plus de simples tubes établissant la communication du cœlome avec l'extérieur. Ce sont deux sacs glandulaires, s'élendant tout le long du corps sous la forme de deux tubes longitudinaux, munis de cœcums glandulaires latéraux et débouchant chacun à. l'extérieur par un orifice distinct. Un tube étroit met en communication le péricarde avec le rein. Mais ce rôle de conduit semble désormais être la chose seconr. daire; les deux canaux péricardique et excréteur aboutissant non loin l'un de l'autre (comp. la fig. 397, F), la prédominance est dévolue sans conteste h la nature glandulaire, c'est-à-dire au rôle de dépurateur urinaire.

Reins des Gastéropodes (1) . — C'est cette dernière disposition qui

(1)R. PERRiEn, A. S. N., 7" série, t. VII, 1889.

existe chez tous les Gastéropodes. Le rein est un sac à vaste ™ vite, et la communication avec le péricarde, qui est pourtant le

ca-

Fig. 397. - Schéma de l'appareil rénal des Mollusques et de ses relations avec le péricarde. - A, Acéphales; B, Fisswella: C, Hélérouéphridés [1 rocims, lluLiolis, etc.) ; D, Palella ; E, Mouotocardes ; — F, Niuiibrauches • Bornella (Aldeu et Hancock); G, Corambe testudinaria (H. FtsciiEii).

caractère originellement essentiel, apparaît comme tellement secondaire, qu elle a pu passer inaperçue à plusieurs observateurs, ou que même elle disparaît entièrement, quoique dans des cas bien rares (quand il existe deux reins).

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