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III. — CÉPIÎALOCIIORDES

CLASSE UNIQUE. - LEPTOGARDES. - Amphioxus.

Nous réunissons sous le nom de Protochordes un certain nombre d'animaux qui, d'après les recherches récentes de 1 embryogénie, se rattachent assez nettement à la souche d'où sont dérivés les Vertébrés. Deux caractères importants, persistant à l'état adulte, suggèrent ce rapprochement avec les Vertèbres mfeneurs : c'est d'abord la présence de fentes percées à travers les parois du corps et faisant communiquer la portion antérieure du tube digestif avec l'extérieur. Ce sont les fe>Ucs branchiales.

PROTOCHORDES. '743

C'est ensuite et surtout la présence d'un organe de soutien, la corde dorsale ou nolochorde, dérivé de l'hypoblaste, et s'élendant au côté dorsal du tube digestif. La première indication du squelette des Vertébrés est précisément cette notochorde, qui se sépare de bonne heure de l'hypoblaste, et forme dans toute la longueur de l'embryon un cordon longitudinal, solide, placé entre le tube digestif et la moelle épinière. C'est autour de lui que se forment plus tard les vertèbres.

Parmi les Protochordes un groupe, composé du seul genre Amphioxus, présente une corde dorsale tellement semblable h la notochorde des embryons de Vertébrés, que beaucoup de zoologistes n'hésitent pas à ranger Y Amphioxus parmi les Vertébrés proprement dits. Il est incontestable qu'une telle manière de voir peut facilement se soutenir. Mais l'ensemble des Vertébrés, au sens strict, forme un tout tellement homogène, constitue un type si nettement différencié, qu'il semble y avoir intérêt à en détacher les formes aberrantes, qui ne participent pas rigoureusement à tous les caractères de ce type. V Amphioxus se rapproche d'ailleurs avec tant de netteté des Tuniciers, que nous sommes amené à former pour ces deux groupes un embranchement commun, quitte à affirmer la parenté réelle de cet embranchement avec celui des Vertébrés.

La notochorde de VAmphioxus s'étend d'une extrémité à l'autre du corps, et est notamment développée dans la tête, où elle s'avance bien en avant de la bouche, de là le nom^ de Ckpha- LOCnoRDES. Elle persiste toute la vie, et se constitue, à son état définitif, comme un organe indépendant, né de l'hypoblaste par une sorte d'invagination intéressant toute la longueur du tube digestif.

Les Tuniciers présentent une disposition assez différente. La corde dorsale est localisée dans la région caudale (d'où le nom d'UROcnoRDES qui leur a été donné). De plus elle se forme par la transformation directe de la paroi dorsale de l'archenteron, qui se désorganise complètement dans toute la portion caudale. A part les quelques genres qui forment le groupe des Appendiculaires, la corde disparait toujours à l'état adulte.

Un troisième petit groupe vient se rattacher encore aux deux précédents. C'est celui des Hémiciiordes, comprenant un seul genre, le Balmoglossus. Ici la corde dorsale est tout à fait réduite. Elle est localisée uniquement dans la tète, et se forme comme un diverlicule de la partie antérieure du tube digestiL lîlle reste constamment creusée d'une cavité, qui conserve sa communication primitive avec le tube digestif.

■^^^ PROTOCIIORDES. — IIÉMICIIORDES.

En résumé, trois types seront étudiés dans ce chapitre .

Les HÉMicnoRDES.

Les TuNiciERs (Ubochordes).

Les Géphalocbordes.

Il est d'ailleurs légitime de réunir ces trois types avec les Vertébrés en un groupe général des Chordata, comprenant dès lors les Prolochordes et les Vertébrés.

f. — HÉMICnORDElS (1).

Les Hémichordes renferment un seul genre, ie Balanoqlossus découvert par délie Cliiaje. L'aspect vermiforme du corps (fig. 428) 1 avait, jusqu'à ces dernières années, fait ranger dans le groupe des Vers.

On y distingue trois parties : l" un lobe préoraJ, la trompe in) s étendant en avant de la bouche, et relié par un mince pédicule au reste du corps; 2° le collier (c), portion renflée en forme de large bourrelet, qui porte la bouche à sa face ventrale - 3° le tronc, la partie essentielle et la plus longue du corps. Dans la région antérieure du tronc, se présente, de chaque côté de laJi-ne dorsale, une rangée de fentes branchiales faisant communiquer la cavité digestive avec l'extérieur. On désigne souvent cette région sous le nom de région branchiale {d). Le reste du tronc a ses parois closes; on y distingue parfois, surtout à l'extrémité, des annulations, mais elles ne correspondent pas à une métamérisation réelle. L'anus [a) est situé à l'extrémité du corps.

Gqelome ; MÉSODERME. —Le cœlome est divisé en cinq parties distinctes, dont l'existence est liée cà l'histoire de l'origine du mésoderme. Celui-ci prend naissance aux dépens de cinq invaginations du tube digestif primitif (fig. 429c). L'une d'elles, impaire et antérieure {cœ,), donne la cavité de la trompe, et ses parois deviennent le mésoderme proboscidien ; deux autres invaginations symétriques donnent les deux moitiés de la cavité cœlomique du collierles deux dernières donnent les deux moitiés de la cavité générale du tronc (cœ„ cœ,). Il résulte de cette genèse que le cœlome est traversé dans le tronc et le collier par un mésentère dorsal et un mésentère ventral. Ces mésentères peuvent se résorber plus ou moins, mais ils n'en persistent pas moins partiellement toute la vie. Le cœlome reste à peu près libre dans le tronc [cœ,]. Dans les deux portions antérieures, il se comble au contraire d'un tissu conjonclifétoilé, laissant toutefois d'assez larges espaces libres.

AAVl, 1884, 1885, I88C.-AoAssiz.Mem.Acad. ofArtsaud Sciences, t.lX, 1873.

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