SQUELETTE VISCÉRAL DES MAMMIFÈRES
transformations les plus remarquables que l'analGmie nous ait donné de constater. Elles ont été démontrées par les recherches embryogéniques d'Huxley et de Parker (Qg. 511).
Au début du développement, dans le premier mois chez l'homme, les arcs mandibulaire et hyoïdien, très semblables entre eux, ont des connexions analogues à celles que nous avons rencontrées chez les Vertébrés inférieurs. Ils s'unissent sur la ligne médiane avec leurs congénères placés de l'autre côté. Tous les deux s'articulent ensemble à leur extrémité dorsale au niveau de la région otique. Bientôt l'arc mandibulaire se renfle à celte extrémité, qui correspond à la région de l'os carré, sans qu'il y ait de séparalion avec le reste de l'arc qui constitue le cartilage de Meckel. Pendant ce temps, le squamosal s'est étendu au-dessus de la région otique, recouvrant l'extrémité dorsale des deux arcs considérés. Tout autour, il se soude au prootique de façon à constituer une cavité, où sont enfermées ces extrémités. A la région inférieure toutefois, lasoudure ne se fait pas, et il persiste une fente, la scissure de Gloser, par où passent le prolongement de l'arc mandibulaire unissant le cartilage carré au cartilage de Meckel, et, en même temps, une branche du trijumeau, la co7^de du tympan .
Un peu plus tard, par régression du cartilage, la portion supérieure de l'arc se sépare du cartilage de Meckel, et donne deux osselets de l'oreille : le marteau {mb, ml) et Yenclume [i). Cette dernière correspond à l'os carré, le premier à Varticulaire des Téléostéens, qui' est, on se le rappelle, la portion supérieure ossifiée du cartilage de Meckel {mk). Ce dernier, d'abord libre, est bientôt englobé par les os de membrane que nous avons décrits chez les Reptiles, mais un seul os semble ici se développer, c'est le dentaire, dont l'ossiQcation donne le maxillaire inférieur. Ce dernier os vient s'articuler dans une apophyse glénoïde du temporal, ou plus exactement du squamosal. Il y a donc une différence morphologique profonde dans l'articulation de la mâchoire inférieure, considérée chez les Mammifères et chez les autres Vertébrés. Chez ces derniers, l'articulation se fait entre l'os carré et l'articulaire. Celle articulation primaire est R. Pbrribr. — Aaat, comp.
Vig. 511. — Vue latérale des arcs mandibulaire et hyoïdien d'un embryon de Porc. — mk, cartilage de Meckel ; ml, corps du marteau ; mb, manche du marteau; i, enclume ; st, étrier ; / <//, membrane du tympan ; i.h'/, ligament inlerhyal ; sl.h, styl-hyal ; h/i, hypohyal; bh, basi-branchial ; ih.h, rudiment du premier arc branchial (Parker).
VERTÉDRiiS. — SQUELETTE.
représentée chez les Mammifères par l'articulation de rencliime et du marteau. A sa place s'est constituée une articulation secondaire, réalisée entre deux os de membrane, le squamosal et le dentaire.
Le segment supérieur de l'arc mandibulaire, le ptérygo-palatin, semble atrophié chez les Mammifères, et les os palatins et ptérygoïdes paraissent être surtout des os de revêtement; il n'est pas impossible cependant qu'on trouve à leur intérieur des restes de îi'os primaire correspondant.
D'après Kôlliker, le marteau serait lui-même un os d'origine eomplexe. Son apophyse grêle serait développée aux dépens
Fig. 512. — Os hyoïde de Cheval. — 1, corps de l'hyoïde (basihyal + basibranchiaux); 'i, prolongement lingual; 3, grandes cornes (hypobraochiaux); 4, petites cornes (hypo-hyal); 5, 6, cérato-hyal ; 7, articulation avec le styl-hyal (apophyse styloïde du temporal) (Chauveau).
d'un os de membrane qui recouvre, chez les Poissons, la portion supérieure du cartilage de Meckel, et qui est lui aussi recouvert par le squamosal; c'est Vangulaire, qui s'unit plus tard au marteau primaire.
En arrière, l'enclume est en rapport au moyen de l'os lenticulaire avec l'étrier [st). D'après les recherches les plus récentes, celui-ci est un os dont l'origine est complexe (1). Sa sole, appliquée sur la fenêtre ovale, est un produit direct de l'ossification de la paroi de la capsule otique ; son arcade semble au contraire développée aux dépens de la portion supérieure de l'arc hyoïdien'; ce serait l'hyo-mandibulaire (Salensky, Gradenigo, Rabl). Sa forme
(I) Gegenbaur et Reichert le considéraient comme une dépendance exclusive de l'arc hyoïdien, taudis que Kôlliker le rattache au mandibulaire.