CIRCULATION DES BATRACIENS
le sang s'hémalose dans ces organes, el en sort par trois veines branchiales qui se réunissent entre elles, pour former la racine aortique droite. Le quatrième arc aortique {IV) aboutit directement dâns la racine aortique. 11 ne va donc pas à une branchie, mais c'est de lui que part l'artère pulmonaire {Ap), dont le sang, après avoir traversé les capillaires du poumon, revient directement dans l'oreillette gauche par la veine pulmonaire.
Kig. 579. — Cœur de la Grenouille [liana esavenlu). — A, face postérieure (le sinus veineux a été ouvert) : vci, veine cave inférieure ; ucs, veines caves supérieures; sv, sinus veineux; orv, orifice conduisant dans l'oreillelte droite, od; og, oreillette gauche; vl, ventricule; vp, veine pulmonaire; bb, troncs artériels. — B, coupe du cœur : va, valvule de l'orifice auriculo-ventriculaire ; o, orifice du bulbe ; ba, bulbe aortique, coupé pour montrer le ."îeptuui contourné, vs, qui le divise en une rampe aortique m, et une rampe pulmonaire n; pa, veines pulmonaires; vp, leur tronc commun, s'ouvrant en op, dans l'oreillette gauche m; les autres lettres comme en A. — C, section transversale du tronc artériel bb : cl, rampe carotidieune ; ar, rampe aortique; ap, rampe pulmo-cutanée (Gniou).
Les deux racines aortiqucs se réunissent enfin sur la ligne médiane pour former l'aorte commune [ac). C'est de ce dernier vaisseau que partent les artères destinées aux diverses parties fki corps; seules, les carotides externes (ce) et internes (ci) font i xception à cette règle; elles partent l'une et l'autre de la première veine branchiale. Les trois premiers arcs aortiques communiquent, en outre, avec la veine branchiale correspondante, par line anastomose qui permet au sang de passer du premier vais-
et
seau dans le second sans traverser la branchie. Nous verrons bientôt l'importance de ce fait.
Dans le deuxième et le troisième arc, la communication s'établit par l'intermédiaire d'un simple vaisseau; il n'en est pas de même pour le premier : l'anastomose se fait ici indirectement par un réseau capillaire {gc), qui met en relation l'arc aortique avec la carotide externe (ce) issue de la veine branchiale.
Que deviennent ces connexions chez les Batraciens adultes? Ce type se conserve à peu près intact chez les Pérennibraiiches, qui gardent toute leur vie leur appareil branchial. Il n'y a à signaler que des modifications de détail; c'est ainsi que le quatrième arc aortique disparaît chez le Protée et le Ménobranche, et l'artère pulmonaire part directement de la racine aortique. De même dans certains types, deux arcs aortiques voisins peuvent présenter une origine commune, mais se séparent d'ailleurs à une certaine distance et rentrent ainsi dans le cas général.
Chez les Urodèles et chez les Anoures, le système aortique subit de plus grandes modifications : Les branchies disparaissent, et le sang pour passer des arcs aortiques dans les veines branchiales suit alors uniquement les anastomoses que nous avons indiquées.
Le quatrième arc, devenu volumineux, forme la continuation directe de l'artère pulmonaire. Chez beaucoup d'Urodèles, il conserve encore sa connexion avec la racine aortique par l'intermédiaire d'un petit canal, le canal de Dotal (fig. C, CB). Chez les Anoures, les Tritons, etc., la communication s'oblitère, et le canal se transforme en une grande artère, Vartère cutanée, qui va se ramifier sous la peau, et permet au sang qu'elle conduit de s'hématoser à travers les téguments (fig. A, a. eu).
Les trois autres arcs forment seuls le système aortique. Mais le second prend sur les deux autres une prédominance marquée, il finit par acquérir le même calibre que la racine aortique ; il constitue chez l'adulte la 'crosse de l'aorte,' et on peut dire que du ventricule naissent deux crosses aortiques, une à droite et une à gauche, qui se réunissent postérieurement en une aorte commune [ad). Le premier arc aortique cesse de communiquer avec la racine aortique ; il ne semble plus chez l'adulte qu'un rameau de l'aorte proprement dite; mais il y a simple accolement, et les deux vaisseaux sont distincts dès le bulbe aortique (fig. 579, C). Ce premier arc donne naissance aux deux cai'otides, après avoir traversé un bulbe spongieux dont le^rôle est encore énigmatique, et qui résulte du développement du réseau anastomotique que nous avons signalé entre le premier arc aortique et la carotide externe. 11 est connu sous le nom de glande carotidienne {gc).