LIMAÇON DES MAMMIFÈRES
obligé de s'enrouler en spirale à la façon d'un limaçon (fig. 615), ce qui lui a valu le nom qu'il porte en anatomie descriptive. L'importance de cet organe est d'ailleurs variable et se traduit par des différences dans le nombre des tours de spire. Ce nombre varie de un et demi [Cétacés)^ jusqu'à quatre ou cinq {Chéiroptères).
Chez les Marsupiaux, mais surtout chez les Monotrèmes, il est beaucoup plus réduit, et se rapproche de la lagena des Reptiles.
Limaçon des Mammifères. — Le moment est venu d'entrer dans l'étude plus détaillée de cet organe important, et de décrire l'appareil qu'on désigne sous le nom de limaçon. Le canal cochléaire en forme la partie la plus essentielle; mais, comme on l'a déjà vu, celui-ci est entouré par deux autres rampes, dépendant du labyrinthe osseux.
Ce dernier ne mérite pas à proprement parler une étude spéciale. II se calque sur le labyrinthe membraneux, avec cette différence que le vestibule n'est pas divisé en utricule et saccule.
Sauf chez les Poissons, il présente un petit diverticule analogue au canal endolymphatique ; il se termine en dehors de l'os par un cul-de-sac membraneux, soit dans l'espace sous-arachnoïdien, soit à la face inférieure du rocher. C'est le canal périlymphatique ou aqueduc du limaçon. C'est en effet à la base du limaçon qu'est le point de départ de ce canal.
Le rôle de ce diverticule est simple à saisir; il permet la vibration des liquides péri- et endo-Iymphatiques, qui serait annulée par suite de l'incompressibilité propre à tous les liquides, si toutes les parois étaient solides et rigides. C'est également le rôle du canal endolymphatique, et, comme nous le verrons aussi, de la membrane de la fenêtre ronde.
Revenons au limaçon que nous étudierons d'abord chez les Mammifères. Il présente trois rampes, s'étendant d'une extrémité à l'autre de la spire, et disposées comme l'indique la figure 616.
La rampe médiane, appelée rampe collatérale ou canal de Lôwenberg (C), correspond au canal cochléaire. A l'extrémité de la spire, elle se termine par un renflement, qui correspond à la lagena des Vertébrés inférieurs. Les deux autres rampes ne sont que des dépendances du labyrinthe osseux. La supérieure {A) communique avec le vestibule, l'inférieure {B) va se lerminer à la membrane de la fenêtre ronde. Dans tout leur trajet, ces deux rampes sont séparées l'une de l'autre, au côté externe par le canal cochléaire, au côté interne par une cloison, la lame spirale osseuse (^), qui dépend de l'axe osseux du limaçon et s'étend jusqu'au canal cochléaire. Toutefois, ce dernier n'atteint pas le sommet de la spire, et par là les deux rampes peuvent communiquer; l'orifice de jonction s'appelle l'hélicotrème. Le canal de Low cnberg a une section triangulaire ; il est hmité extérieurement par une membrane très vasculaire, accolée à la paroi du
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limaçon osseux; en haut par la membrane de Reissner {10), et en bas par la membrane basilaire de l'organe de Corti (5). Ces deux membranes s'insèrent sur la lame spirale osseuse et divergent pour aller s'attacher aux parois du limaçon. La membrane basilaire est de beaucoup la plus intéressante. Elle porte en effet un appareil fort compliqué , qu'on nomme l'organe de Corti.
h3i membrane basilaire {iig 617, £') va de la lame osseuse à laparoi opposée, où elle s'attache par un puissant ligament, le ligament spiral externe [L).
Sur cette membrane, sontplacés, sur une série ininterrompues , des organes juxtaposés, en forme d'arcs, dont l'ensemble peut être comparé à une allée couverte druidique [H). Chacun de ces arcs est formé de piliers adossés en Fig. ciG.- Coupe schématique d'un tour arc-boutant et de telle sorte du limaçon : A, rampe vestibulaire ; B, que les têtes des piliers mter-
rampe tympanique ; C, canal cochlé- - . . .c j a^^
aire ; 1 , 2, lame spirale osseuse ; 3, point de sortie des fibres auditives allant à l'organe de Corti; 4, bandelette sillonnée; 5, membrane basilaire = paroi inférieure du canal cochléaire ; G, membrane de Corti = pi-oduction cuticulairedes cellules de la bandelette sillonnée (représentée à tort par Lôwen- .y externes berg comme s'attachaut au ligament PO^r u uis p uc spiral; elle s'arrête au niveau marqué chez l'homme. Ce sont aes D); 7, ligament spiral; 8, son bour- productions cuticulaires des ;S;"LUS'd' ^^î^,r-°°pToi ceumes épilhéHales dom le
supérieure du canal cochléaire; 11, pé- corps est figuré dans la rioste; 12, ganglion spiral du rameau g^-j ^ \^ j^ase interne
cochléen du nerf auditif (Lôw^oEno). ^^^^ ^^^^ ^^^^^
ainsi accolées fait suite une lamelle, k peu près horizontale, dirigée vers l'extérieur. C'est également un produit cuticulau-e des cellules qu'elle surmonte ; elle est percée de nombreuses ouvertures, qui lui ont valu le nom de membrane réticulée, et par oi:i passent les terminaisons des cellules auditives.
Sur les côtés des arcs, adossées aux piliers qui les forment, se voient des cellules auditives, avec leur aspect habituel.
Leurs plateaux, munis de plusieurs cils insérés en fer à. cheval, dépassent le niveau de la membrane réticulée, et passent par
nés- s'engrènent dans des excavations correspondantes des piliers externes. Le nombre des piliers internes est plus grand que celui des pi- Hers externes : il y en a quatre