REINS DES SÉLACIENS
en régression et le mésonéphros forme seul le rein définitif.
Les reins (Qg. 63-4) sont toujours attachés à la surface dorsale delà cavité générale, contre la colonne vertébrale; leurs dimensions sont très variables, ils peuvent être asymétriques ou confluer ensemble en certains points sur la ligne médiane. Les deux uretères, plongés dans la masse du rein dans la partie antérieure, émergent à sa face ventrale, en arrière {ci). Avant de s'ouvrir au dehors, ils se fusionnent en un seul canal, Vurèthre (?^«), qui porte parfois latéralement un réservoir auquel on donne le nom de vessie. Mais ces organes semblent au point de vue morphologique fort différents de ceux qui portent le même nom chez les Amniotes. Ce sont de simples parties différenciées des conduits urinaires, tandis que chez les Amniotes, elles constituent des parties autonomes, développées aux dépens de l'ouraque.
L'orifice urinaire est en général en arrière de l'orifice génital ; parfois cependant il existe un orifice uro-génital commun, situé en arrière de l'anus.
Il n'existe pas chez les Téléostéens de canal de Miiller.
Reins des Ganoïdes. — Au contraire chez les Ganoïdes, ce dernier canal fait son apparition ; ce fait mis à part, les reins présentent dans ce groupe une grande analogie avec ceux des Téléostéens ; ils se divisent en deux parties : la partie antérieure, représentant le pronéphros, cesse bientôt de fonctionner et se transforme en tissu adénoïde ; la portion postérieure, le mésonéphros, est le rein véritable ; mais les enton-
Fig. 634. — Appareil uriuaire de la Perche : ?7, reius ; eu, canal de WolCf ; ru, uretère commun; av, canal vertébral; sv, sinus veineux (GinoD).
noirs péritonéaux, présents dans l'embryon, disparaissent plus tard.
Reins des Sélaciens. — Le pronéphros ne se forme pas chez les SÉLACIENS. II n'est représenté, suivant Balfour, que par l'orifice terminal du canal de Wolff dans la cavité cœlomique. Les reins
fie constituent donc aux dépens du mésonéphros et forment deux longues bandes plates, attachées à la colonne vertébrale. La portion antérieure est étroite, la postérieure beaucoup plus volumineuse. Cette forme correspond h un fait déjà énoncé dans les considérations embryogéniques qui précèdent.
Les tubes segmentaires primitifs se divisent en effet en deux groupes (fig. 631) : les tubes antérieurs se mettent, chez le mâle, en connexion avec le testicule et lui servent de conduit déférent; dans les deux sexes, ils débouchent d'ailleurs dans le canal de "Wolff, en gardant leurs connexions primitives. Au contraire, les tubes postérieurs (sO modifient notablement leurs connexions : ils s'allongent, et finissent par s'ouvrir à peu près au même niveau à l'extrémité du canal de Wolff. Dans d'autres espèces, il se constitue de chaque côté un canal unique où arrivent les tubes postérieurs, et qui débouche à l'extrémité du canal de Wolff. Suivant Balfour, ce serait Jà la première indication du métanéphros des Amniotes, mais dont l'origine, chez ces derniers, se serait notablement modifiée.
Quelques-uns des orifices péritonéaux s'obUtèrent chez le Scyllium; dans d'autres cas, c'est la totalité (Balfour).
L'important à signaler ici, outre la division du rein, est le fait que le canal de Wolff sert à la fois d'uretère et de canal déférent. A ses dépens s'est constitué un canal de Mûller, qui sert d'oviducte chez la femelle, mais se réduit chez le mâle à un simple vestige qui reste attaché au foie [md].
Les deux uretères se réunissent toujours avant leur terminaison, et débouchent derrière l'anus par un orifice commun.
B. Batraciens. — L'étude de l'appareil urinaire des Batraciens est particulièrement intéressante, par les gradations remarquables que nous montrent les divers groupes.
Le cas le plus simple est celui des GïMNOPmoNES (fig. 635, R), où l'appareil est constitué par une longue série de tubes distincts, très contournés, et débouchant dans le canal de Wolff (ûg. 635 B). Chacun d'eux présente un entonnoir (n) et un glomérule de Malpighi [gl). Il y en a d'abord un par segment, mais leur nombre augmente bientôt, jusqu'à 20; il atteint près de 1000 dans toute l'étendue du rein. L'ensemble forme deux longs rubans très étroits, attachés à la colonne vertébrale. Le canal de Mùller (A et B, m) existe dans les deux sexes.
L'appareil urinaire des Urodèles est constitué comme celui de tous les Batraciens par le mésonéphros ^e.pronéphros, qui n'est formé d'ailleurs que de deux ou trois entonnoirs, s'atrophie assez rapidement.
Fig. 635. — Appareil gf-nito-urinaire des Gymnophiones : A, appareil màle A'Epicrium r/lulinosum; B, appareil femelle du môme; C, porlion postérieure de l'appareil uro-génital ;du mâle; D, portion grossie schématisée de l'appareil mâle; E, une petite partie du testicule.
li, reins; c, canaux segmentaires; w, néphrostomes; «7/, glomérulcs ; w, canal de Wolff= uretère; K, vessie; ou, ovaire ; ?n, canal de Millier; of/, oviducte; /, testicule; /c, capsules spermatiques ; co/, canal collecteur ; re, rameaux efférents; l, canal latéral ; re, anastomoses du système elTércnt du testicule avec le système urinaire; ca, corps adipeux;»-, rectum ; d, cloaque ; rel, muscle releveur du cloaque; a, auus; pa, papilles dorsales paires du cloaque; pa', papille dorsale impaire sectionnée ;p, poches postérieures du cloaque; mp, muscles rétracteurs de ces poches (Spenoel).
Les tubes du mésonéphros sont disposés avec une mélamérisation assez régulière, bien qu'il y en ait toujours plus que de myotomes, environ de 2 à 4 par segment. Ils se terminent toute la vie par un entonnoir péritonéal ouvert dans la cavité générale. L'ensemble (fig. 636) constitue deux grandes masses, qui se
divisent nettement en deux parties, dont la disposition est exactement calquée sur ce que nous avons décrit chez les Sélaciens.
Les tubes antérieurs, tout en gardant leur néphrostome et leur corpuscule de Malpighi, se mettentchez le mâle (B) en rapport avec le testicule, et servent de conduits au sperme. Un rudiment de cette disposition existe chez la femelle (A), mais les connexions avec l'ovaire sont tout à fait rudimentaires et la fonction des tubes antérieurs reste purement urinaire.
Les tubes postérieurs se modifient dans les deux sexes, de la même façon que nous l'avons vu faire chez les Sélaciens. Leur ensemble constitue le t'ein pelvien [Beckenniere de Spengel) (?'), par opposition au rein génital [Geschlechtsnieré) qui est la partie antérieure. Les uretères débouchent séparément dans le cloaque.
La disposition change notablement chez les Anoures (fig. 641 et 644).
Chaque rein constitue une masse homogène, où se voient une multitude de canalicules, disposés sans aucune métamérisation. Ces canahcules sont fermés à leur extrémité interne et y constituent une capsule de Bowman, entourant un glomérule de Malpighi (fig. 641 A). Ces glomérules sont accumulés à la surface ventrale du rein ; les canalicules convergent au contraire à l'extrémité antérieure de la face dorsale, où ils arrivent dans l'uretère, ou canal de WolfT. Les canaux déférents du testicule vont bien se mêler aux canalicules de la partie
Fig. 636. — Schéma du sj'stème uro-génital du Triton tœnialus.
A, appareil femelle ; B, appareil mâle : t, testicule; ov, ovaire; r, rein; w, canal de Miiller = od, oviducte; ve, réseau efférent du testicule; s!(ff, canal de Wolff; up, papille uro-génitale (Spengel).