‹ Eléments d'anatomie comparéeChapitre 38 sur 412 · REPRODUCTION DES INFUSOIRES · texte numérisé non relu

REPRODUCTION DES INFUSOIRES

chacun des Infusoires conjugués possède avec le noyau 4 paranucléus(3). Trois de ces derniers subissent bientôt une modiUcation régressive, disparaissent peu à peu, et sont entièrement résorbés ou rejelés(4). Maupasles compare aux globules polaires des Métazoaires; ce sont des particules de rebut, inutiles désormais à l'animal.

Le paranucléus restant se divise une dernière fois (5) et produit deuKorganites, que l'on peut appeler \e pronucléusmâle et le pronucléus femelle. Tandis que ce dernier reste immobile (6, p'g), les deux individus conjugués échangent leur pronucléus mâle (pj. Les deux pronucléus que contient après ce changement chaque individu se combinent alors pour constituer un nucléus mixte (7, p), formé du pronucléus femelle de l'individu considéré, et du pronucléus mâle qu'il a reçu du conjoint.

La conjugaison proprement dite est, dès ce moment, terminée, et les deux individus commencent à se séparer. Mais, avant même que la séparation se soit produite, une série de phénomènes commence à se manifester dans chacun des individus (9 et 10).

Le nucléus s'étire en un filament n), et se fragmente en une multitude de petites vésicules [nx) qui sont ensuite résorbées ou expulsées.

En même temps, le paranucléus qui vient de se former subit 3 bipartitions successives, qui amènent la production de 8 paranucléus.

De ces huit corpuscules, trois {px) se résorbent, quatre autres deviennent des nucléus, le dernier est le paranucléus définitif II.

C'est à ce moment que se produit la première bipartition. A cet effet le paranucléus se divise en deux, et chaque individu résultant emporte deux noyaux et un paranucléus. Après une seconde bipartition, chaque individu a un noyau et un paranucléus; la constitution est redevenue normale, mais les divisions se continuent.

En résumé, on est autorisé à considérer le phénomène que nous venons de décrire comme une véritable fécondation. Mais, tandis que chez les Métazoaires la fécondation est indissolublement liée à la production d'un nouvel être, ces deux phénomènes sont ici à, peu près indépendants. La reproduction des Infusoires est toujours essentiellement agame ; la conjugaison détermine simplement un rajeunissement, une rénovation de l'individu. Sans cette intervention, les fractionnements répétés aboutiraient à une dégénérescence graduelle des individus, qui entraînerait chez eux une désorganisation pareille à. la sénilité.

La conjugaison des Vorlicelles diffère notablement de ce que nous venons de décrire. Il existe en effet chez ces êtres deux sortes d'individus : des individus de grande taille qu'on peut considérer comme les individus normaux ; d'autres au contraire

beaucoup plus petits, produits par une division répétée, et disposés en rosette de 4 à 10 individus.

Chacun de ces derniers possède un disque ciliaire rudimentaire. Ils ne tardent pas à se détacher de la colonie, et après avoir nagé quelque temps, ils vont s'attacher à la base des grands individus, avec lesquels ils se conjuguent. La fécondation est donc ici inégale, et on peut distinguer une microgamète (mâle) et une macrogamète (femelle).

Les phénomènes intimes de la fécondation se poursuivent d'abord identiques à ceux que nous venons de décrire, jusqu'à la formation de deux pronucléus, dans chaque gamète ; mais ici commence la différence : le pronucléus mâle de la macrogamète et le pronucléus femelle de la microgamète disparaissent; le pronucléus mâle de celle-ci passe dans la macrogamète, et s'unit à son pronucléus femelle. En même temps, et dans l'espace d'un quart d'heure, le contenu de la microgamète passe tout entier dans le gros individu. La conjugaison est donc complète, les deux individus se fusionnent, pour ne plus se séparer. Quant k la suite du processus de la rénovation, il est conforme au cas général.

Reproduction des acinétiens. — Enfin les Acinéliens se reproduisent par division ou par bourgeonnement. Mais le cas le plus fréquent est un processus tout particulier de bourgeonnement interne (1).

Il se forme d'abord une invagination du tégument, et c'est le fond de cette invagination qui en bourgeonnant donnera le futur individu. Celui-ci restera donc enfermé dans une poche formée par les parois de l'invagination. 11 peut d'ailleurs y avoir un ou plusieurs bourgeons dans chaque cavité. Le noyau des nouveaux individus est produit par la division du noyau primitif, dont un fragment pénètre dans chacun des bourgeons.

Les embryons des Acinétiens sont toujours ciliés, soit uniformément, soit d'un seul côté, soit même suivant des hgnes, des zones ou des spirales; ce n'est que plus tard qu'ils se fixent, perdent leurs cils et acquièrent des tentacules.

Formation des colonies. — En général les individus nés par division ou par bourgeonnement d'un individu primitif se séparent de celui-ci aussitôt après leur formation. Mais dans certains cas cette séparation n'a pas lieu, les individus fi'ls restent attachés à leurs parents et constituent avec eux des colonies. Toutes les classes de Protozoaires en présentent :

Chez les Amibes , les individus produits par division restent

(1) BuTscHLi, j. z., t. X, isn.

Page 1