‹ Eléments d'anatomie et de physiologie génitale et obstétricale; précédes de la description sommaire du corps humain a l'usage des sages-femmesChapitre 100 sur 166 · A.— VAGIN · texte numérisé non relu

A.— VAGIN

Vagin. Ses limites. Sa situation. Sa direction. — Le

vagin est un conduit fibro-musculaire qui s'étend de la vulve à l'utérus en traversant le plancher pelvien : il se trouve placé entre la vessie, en avant, et le rectum, en arrière. Sa direction légèrement incurvée est à peu près verticale, la femme étant debout.

Sa longueur. — Le vagin mesure en moyenne de 6 à 8 centimètres : il est un peu plus long en arrière qu'en avant. Elle est variable du reste suivant les femmes.

Cavité vaginale. — A l'état ordinaire et normal, les parois du vagin sont accolées; sa cavité est virtuelle. Mais ses parois sont extraordinairement dilatables, beaucoup moins cependant aux deux orifices. Aussi, lorsqu'on a pratiqué une injection vaginale, y a-t-il toujours du liquide accumulé en arrière de la fourchette qu'on est obligé de déprimer pour le faire écouler. L'orifice supérieur est de même, en général, plus étroit, de sorte que la cavité vaginale est fusiforme.

Le pénis creuse quelquefois, jusqu'en arrière du col, une poche, poche copulatrice. fausse route vaginale de Pajot.

Orifice inférieur. — A son extrémité inférieure, le vagin traverse le plancher périnéal, et il est entouré, à son

vagin ni

orifice, par un collier érectile formé par les bulbes du vagin et le constricteur du vagin, puis par le releveur-anococcygien. dont il traverse la boutonnière pubo-coccygienne (fîg. 157 et 149).

Orifice supérieur. — L'orifice supérieur reçoit une partie du col de l'utérus (portion vaginale). A ce niveau, les bords de l'orifice vaginal supérieur se replient en dedans et viennent s'insérer sur tout le pourtour du col de l'utérus, formant une rigole circulaire autour du col.

Culs-de-sac vaginaux. — Cette rigole est appelée encore cul-de-sac vaginal. On l'a, pour la facilité et la précision de la description, divisée en deux culs-de-sac latéraux, un cul-de-sac antérieur et un cul-de-^ac postérieur, le plus profond de tous.

La paroi de ces culs-de-sac est, à l'état normal, assez souple et mince pour permettre au doigt explorateur de reconnaître les régions annexes du petit bassin.

Parois du vagin. — Le vagin ne présente en réalité que deux parois, antérieure et postérieure, et deux bords auxquels on donne parfois le nom de parois.

Paroi antérieure. — Cloison vésico-vaginale. — La paroi antérieure est en rapport de bas en baut avec l'urèthre puis avec la vessie auxquels elle est unie intimement par l'intermédiaire d'une cloison fibro-celluleuse, cloison vésicovaginale. C'est ce rapport intime qui explique la possibilité d'une communication des deux cavités par une fistule vésico-vaginale, produite par la mortification des tissus placés entre le pubis en avant, la tête fœtale en arrière, lorsque le travail se prolonge (fig. 158).

Paroi postérieure. — La paroi postérieure est en rapport avec le rectum. Mais celui-ci décrivant une courbe à concavité postérieure, et le vagin une légère courbe à concavité antérieure, ils sont presque tangents. En bas ils limitent un espace triangulaire, une sorte de coin à base inférieure, c'est la cloison recto-vaginale.

Elle est formée de tissu cellulaire lâche qui permet le facile glissement de ces deux organes l'un sur l'autre.

En haut, dans l'écartement du vagin et du rectum,

pénètre un cul-de-sac du péritoine. Ce rapport, sur une longueur de 15 millimètres, qui n existe quen arrière, est très important.

Bords. — Les bords ou parois latérales sont en rapport, de haut en bas, avec le plan fibreux supérieur (aponévrose moyenne) que le vagin traverse, le muscle releveur de l'anus qui y prend quelques insertions, la partie inférieure

des ligaments larges.

Ces bords ou parois sont côtoyés par les artères vaginales et des vaisseaux veineux.

Structure. — Le vagin est composé de trois tuniques ou couches : une externe ou fibro-cellulaire, une moyenne ou musculaire , et une interne ou muqueuse.

La couche externe est formée de tissu conjonctif lâche, riche en fibres élastiques. Dans la couche musculaire, on peut distinguer une couche interne, la plus épaisse, de fibres longitudinales, une externe à direction circulaire, et une moyenne, intermédiaire, dont les fibres entre-croisées se relient aux deux premières.

La muqueuse qui tapisse le vagin se continue en haut avec celle du col de l'utérus, en bas avec celle de la vulve. Elle est sillonnée de replis. Les uns sont longitudinaux, plus nombreux en avant, où ils forment les colonnes du vagin. Plusieurs de ces plis convergeant en avant, comme

Fig. 158. — Organes génito-urinaires de la femme (coupe antéro-postérieure).

1, sacrum ; 2, rectum; 3, cul-de-sac recto-vaginal du péritoine ; 4, vagin; 5, vessie ; 6. artère iliaque primitive ; 7, veine iliaque primitive.

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les lames d'un éventail, forment un tubercule situé un peu au-dessous du méat urinaire et nommé tubercule antérieur du vagin. Il y a aussi des plis transversaux qui croisent les plis longitudinaux et constituent ainsi, près de l'extrémité vulvaire, la lyre du vagin.

Cette muqueuse est très riche en papilles, extrêmement longues chez l'enfant nouveau-né, mais faisant une saillie peu accusée chez la femme qui a eu des rapprochements sexuels nombreux ou des accouchements. Elle possède un épais revêtement pavimenteux stratifié et aucune glande. Le liquide vaginal provient uniquement de la mue des cellules épithéliales.

Nerfs et vaisseaux. — Le vagin est très riche en terminaisons nerveuses, surtout près de son orifice vulvaire. On y trouve aussi des plexus, veineux et lymphatiques, serrés. (Voir Vaisseaux et nerfs des organes génitaux, p. 208.)

Vices de développement. — Le vagin peut manquer. Existant, il peut présenter des anomalies.

1° Il peut être rudimentaire, et n'être représenté que par un tout petit canal laissant passer le sang des règles.

2° Les parois du vagin peuvent être accolées sur une partie de leur étendue.

3° Il peut être cloisonné transversalement ou longitudinalement.

Le cloisonnement transversal est formé par des brides en forme de croissant ou de diaphragme. Elles peuvent s'opposer à la copulation, à la fécondation ou à l'accouchement et nécessiter leur section. L'accouchement peut parfois cependant se faire sans une intervention; mais, pour avoir trop attendu, on a vu survenir une rupture de l'utérus.

Le cloisonnement longitudinal forme les vagins doubles. Le cloisonnement peut être total ou bien partiel. Total, il coïncide souvent avec un utérus double. Il peut y avoir dans ce cas deux hymens ou un seul hymen. Les deux conduits sont alors de calibres inégaux et c'est dans l'un d'eux, le plus large, qu'est pratiqué le coït.

Dans certains cas d'utérus et de vagin doubles, un des

conduits vaginaux recevant en haut un col utérin est fermé en bas, d'où rétention des règles d'un côté, alors que l'écoulement se fait bien du côté opposé.

Le cloisonnement longitudinal peut être partiel, et c'est en général la partie supérieure de la cloison qui manque.

L'accouchement peut se faire malgré ces cloisonnements, longitudinaux. Pendant la grossesse, ils sont résorbés ou bien ils sont déchirés pendant l'accouchement, ou encore rejeté^ latéralement. Ils peuvent cependant former quelquefois un éperon qu'on est obligé de diviser.

Fonctions tin vagin. — Le vagin est l'organe copulateur de la femelle. Le liquide qui lubréfie ses parois est variable comme quantité, suivant les femmes : il y a, à l'état normal, des vagins secs et des vagins humides.

Sécrétion vaginale. — Ce liquide est formé de sérosité contenant en suspension des éléments figurés, et beaucoup de cellules épithéliales. Ce liquide contient normalement des microbes indifférents; mais il contient aussi, presque toujours, des germes morbides venus du dehors, soit par la simple entrée de l'air, soit par le coït, soit même par les injections, et qui ne demandent qu'une occasion pour se développer. Ces conditions favorables à leur développement se trouvent réalisées par l'écoulement et la stagnation des liquides de la menstruation et de l'accouchement.

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