‹ Eléments d'anatomie et de physiologie génitale et obstétricale; précédes de la description sommaire du corps humain a l'usage des sages-femmesChapitre 117 sur 166 · MODIFICATIONS DE L'UTÉRUS SUIVANT L'ÉTAT DE LA VESSIE · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE L'UTÉRUS SUIVANT L'ÉTAT DE LA VESSIE

Culs-de-sac vésico-utérin et recto-vaginal. — Les deux feuillets péritonéaux, à ce niveau, se recourbent pour remonter, en avant, sur la vessie, formant le cul-de-sac vésico-utérin, en arrière, sur le rectum, constituant le culde-sac recto -vaginal.

Bords latéraux.

— Le bord interne répond à l'utérus et le bord externe se continue avec le tissu cellulaire pariétal.

Entre les deux lames des ligaments larges dont nous avons vu la constitution, se trouvent du tissu cellulaire, des vaisseaux pour l'utérus, et les organes qu'ils contiennent dans leur dédoublement, ovaire, trompe et ligaments ronds.

Les ligaments larges constituent plu- . tôt une gaine enveloppant l'utérus et ses annexes immédiates, qu'un véritable moyen de contention.

Modifications dans leur orieutatiou suivant l'état de la vessie. — Quand la vessie est pleine, elle refoule en arrière l'utérus, et la lame antérieure des ligaments larges se tend; quand elle

Fig. 170. — Coupe sagittale médiane de la cavité abdomino-pelvienne.

1, diaphragme; 2, foie: 3, estomac; 4, côlon transverse ; 5, intestin grêle ; 6, pubis; 7, vessie ; S, utérus; 9, rectum; 10, vagin; 11, duodénum (troisième portion) ; 12, pancréas; 13, 1.1, péritoine pariétal ; 14, ligament coronaire supérieur; 15, ligament coronaire intérieur ; 16, bord postérieur du t'oie dépourvu de péritoine ; 17, épiploon gastro-hépatique : 1S, méso-côlon tranverse ; 19. épingle engagée dans l'hiatus de "Winslow ; 20, 20. arrière-cavité des épiploons ; 21, feuillet antérieur et 22. feuillet postérieur du grand épiploon ; 23, mésentère; 24, grande cavité péritonéale.

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est vide, l'utérus revient à sa position normale. Il y a là une sorte de mouvement de balancement autour d'un axe tranversal représenté par leur bord inférieur.

Modifications pendant la grossesse. — Pendant la grOS-

sesse, l'utérus dédouble les ligaments larges, qui participent à l'hypertrophie de l'organe maternel. Après l'accouchement, ces lames s'accolent de nouveau, et subissent aussi l'involution.

Ligaments utéro-sacrés. — Cavité de Douglas. - — - Ce

sont deux forts ligaments falciformes dont la concavité regarde en haut et en dedans. Ils partent de la face postérieure du col de l'utérus, embrassant le rectum dans leur concavité, et vont se fixer aux troisième et quatrième vertèbres sacrées, et même plus haut, quelquefois jusque sur la colonne lombaire, d'où le nom de ligaments utero -lombaire s que leur a donné Huguier. Dans leur trajet, ils soulèvent le péritoine et forment ainsi deux replis qui interceptent entre eux une cavité nommée cavité de Douglas. Ils sont formés de libres musculaires, émanation de l'utérus et de tissu conjonctif.

Ce sont les plus puissants des ligaments de l'utérus. Ils opposent une très grande résistance à l'abaissement de cet organe. Leur tiraillement est douloureux et on lui a attribué les douleurs de reins dont se plaignent si souvent les femmes dans le cours de la grossesse.

Ligaments ronds. Leur trajet. — Canal de IXtick. —

Les ligaments ronds naissent des angles supérieurs et des bords latéraux de l'utérus pour constituer un cordon arrondi long de 12 à 15 centimètres, qui se porte vers le canal inguinal, le traverse et va se perdre, en se dissociant, dans la partie supérieure de la grande lèvre correspondante. Ils diminuent d'épaisseur de leur origine à leur terminaison : ils sont légèrement fusiformes.

Dans leur trajet abdominal, ils sont enveloppés par le péritoine ; mais au moment où ils s'engagent dans le trajet inguinal, la séreuse les abandonne. C'est tout à fait exceptionnellement qu'on trouve la persistance d'une disposition observée chez le fœtus où il y a, dans la grande

PLANCHER PELVIEN 199

lèvre, une gaine péritonéale appelée canal de Nûck (Duplay, Beurnier) (fig. 170).

Modifications pendant la grossesse. — Le ligament rond, pendant la grossesse, participe à l'hypertrophie génitale, mais d'une façon variable, suivant le niveau auquel on le considère, hb portion inguinale s'accroît très peu; les modifications sont d'autant plus considérables qu'on se rapproche de l'extrémité utérine (Beurnier).

strncture. — La structure des ligaments ronds est aussi variable suivant les points de son trajet.

Le ligament rond est essentiellement un cordon musculoélastique ; mais, dans sa portion abdominale, et plus on approche de sa racine utérine, il contient une très grande quantité de vaisseaux artériels et veineux, surtout de ces derniers, qui donnent par endroits, sur les coupes, l'aspect du tissu érectile.

Des fibres musculaires, toutes lisses, et du tissu conjonctif et élastique composent presque exclusivement l'extrémité vaginale (1).

Plancher pelvien. — Ces différents ligaments maintiennent l'utérus; mais le soutien peut-être le plus efficace est le plancher périnéal. Il faut se rappeler que l'axe de l'utérus ne coïncide pas avec l'axe du vagin et qu'il est incliné fortement sur la paroi postérieure du vagin. Or, celle-ci est placée sur un plan supérieur à celui du plancher pelvien, qui lui sert de moyen d'appui. L'utérus ne repose donc pas dans le vide comme on pourrait croire, puisqu'il ne correspond pas à l'orifice vaginal. Mais que celui-ci soit agrandi par une déchirure ou par une ampliation excessive du vagin et de la fente pubo-coccygienne et l'utérus sera peu soutenu et aura une tendance à s'engager clans le conduit vagino-vulvaire et à s'échapper au dehors. (Prolapsus. Chute de la matrice.)

A l'utérus sont annexés des organes dont le rôle est intimement lié à sa fonction et qui sont contenus, comme lui, dans le dédoublement des ligaments larges : ce sont les trompes et les ovaires.

(1) Ligaments ronds de l'utérus, par le Dr Louis Beurnier.

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