OVAIRE
Poids. — Son poids moyen est de 6 grammes. L'ovaire droit est un peu plus gros que le gauche (Puech). Pendant la période menstruelle le volume de l'ovaire augmente temporairement.
Coloration. — Leur coloration extérieure est blanchâtre. Lisse et uni chez la jeune fille, il se couvre de cicatrices pigmentées à partir de la puberté et prend, avec l'âge, un aspect crevassé.
Cicatrices extérieures. — Ces cicatrices résultent de la déchirure d'un ovisac.
Cette cicatrisation est précédée d'une formation spéciale qu'on peut observer sur un ovaire examiné quelque temps après une époque menstruelle.
On voit alors sur l'ovaire une tumeur arrondie, solide, du volume d'une noisette présentant en un point une déchirure plissée et de couleur jaunâtre. On lui donne le nom de corps jaune, et plus particulièrement celui de corps jaune de la menstruation s'il n'y a pas eu fécondation. Il disparaît en deux mois. Il porte le nom de corps jaune de la grossesse, s'il y a eu fécondation. Il est plus gros et met alors sept ou huit mois à rétrocéder. (Voir p. 220 et 223, Menstruation et Fécondation.)
Consistance. — L'ovaire, de consistance rénitente chez la femme jeune, devient très dur chez la femme âgée.
Faces et bords. — On lui considère deux faces convexes : une qui regarde en avant et en haut, anléro-supérieure ; une autre, inclinée en arrière et en bas, ou poster o-inférieure.
Il a deux extrémités, une externe qui donne attache au ligament de laHrompe ou tubo-ovarique ; une interne, reliée à l'utérus par un cordon musculaire long de 3 centimètres environ, ligament utéro-o varie/ ue.
Bord supérieur. — Bord inférieur. — Hilc de l'ovaire,
— Il a deux bords, un supérieur convexe, épais, libre; un inférieur, rectiligne, légèrement excavé en son milieu, par où entrent et sortent les vaisseaux, nommé hlle de V ovaire (1). Au niveau du hile se rencontrent les vais-
(1) D'après P. Valliu, cette orientation classique de l'ovaire n'est pas exacte. L'ovaire serait normalement dirigé presque verticale-
seaux de l'utérus et de l'ovaire qui s'anastomosent et forment un amas vasculaire nommé bulbe de V ovaire. On appelle ligament rond postérieur ou lombaire, des faisceaux musculaires qui entourent les vaisseaux ovariques et qui. partis du fascia sous-pértionéal, au-dessus du détroit supérieur, se terminent par trois languettes : une d'elles va à la trompe, l'autre à l'utérus, et la troisième au hile de V ovaire.
Structure de l'ovaire. Ses couches. — L'ovaire Se compose de deux parties : une extérieure, qui en forme comme la croûte, et une deuxième, intérieure, recouverte par la précédente, formant comme le noyau de l'ovaire ou couche médullaire. On l'appelle aussi la portion bulbeusede l'ovaire, qu'il ne faut pas confondre avec le bulbe, amas vasculaire attenant mais extérieur à l'ovaire.
Leur épaisseur relative. — L'épaisseur relative de ces deux couches varie suivant l'âge. Plus la femme vieillit, plus la couche médullaire prend de place ; de sorte que chez la femme avancée en âge c'est elle qui forme la presque totalité de l'organe.
Au microscope, on trouve une troisième couche. C'est une membrane mince formant comme une sorte de vernis entourant l'ovaire; elle porte le nom d'albuginée.
Il faut donc étudier successivement, en allant des parties les plus superficielles vers les plus profondes:
a. L'albuginée,
b. La couche corticale,
c. La portion bulbeuse ou médullaire.
A. Albuginée. — C'est une mince trame très serrée de fibres conjonctives qui se continue sans ligne de démarcation avec la couche sous-jacente de même nature, mais de texture plus lâche. Elle est recouverte d'une couche épithéliale unique formée de petites cellules cylindriques basses.
B. Couche corticale. — Par dissection, on ne peut isoler
ment et il faudrait lui considérer une face externe ou pelvienne, une face interne ou tubaire, un bord convexe ou postéro-m terne et un bord rectiligne ou antéro-externe. (Paul Valin. Situation et prolapsus des ovaires, Th. Paris, 1887.)
OVISACS — LEUR NOMBRE
la couche précédente de celle-ci; elle s'en distingue aisément, et par sa texture conjonctive lâche, et surtout par la présence dans son stroma des œufs, d'où le nom de couche ovigène qu'on lui a encore donné. Chez la fille pubère elle a 1 millimètre d'épaisseur.
Ovisacs. — Les ovisacs ou follicules de V ovaire, encore nommés vésicules de Graaf, du nom de l'anatomiste qui les
Fig. 174. — Ovaire de la taupe.
A, stroma ou trame de l'ovaire ; B, B, ovisacs à divers degrés de développement ; a, capsule de l'ovisac ; b, membrane granuleuse ; c, membrane vitelline claire renfermant l'ovule. Le plus gros des follicules est recouvert de son réseau vasculaire.
a particulièrement bien décrits en 1672, sont semés dans la trame conjonctive de la couche corticale et sont très nombreux.
Leur nombre. — D'après Sappey. un ovaire normal contiendrait plus de 300,000 ovisacs et chaque femme pubère posséderait près de 700,000 œufs. Chez le fœtus, le nombre des ovisacs est aussi considérable qu'il le sera à la puberté, mais ils sont minuscules, tassés les uns contre les autres.
A. Pozzi.
Anatomie.
Après la puberté, le nombre des ovisacs diminue pour disparaître même totalement chez les vieilles femmes.
Leur forme et leur volume. — Ces corps Sont Spllériques, d'un diamètre de 30 à 40;/ (millièmes de millimètre). Lorsqu'ils subissent leur évolution physiologique (voir plus loin), ils prennent un volume beaucoup plus considérable ; arrivé à maturité un follicule de Graaf peut atteindre le volume d'un pois et même, exceptionnellement, celui d'une petite cerise. Les plus gros sont les plus profonds et empiètent sur la substance médullaire.
Leur structure. —
Chaque vésicule de Graaf est composée d'une capsule d'enveloppe formée de tissu conjonctif où circulent de nombreux vaisseaux ; dans la partie la plus profonde de cette enveloppe conjonctive les lymphatiques sont si nombreux qu'ils forment un véritable tissu réticulé ganglionnaire qui double la première.
Membrane granuleuse. — Cette capsule est tapissée intérieurement d'une couche de petites cellules arrondies, faiblement stratifiée, nommée membrane granuleuse.
Cumulus proliger. — En un point, ces cellules s'accumulent, forment un petit tas qu'on nomme cumulus proliger ou disque ovigène. Le disque ovigène est toujours situé sur lepôle de l'ovisac le plus éloigné de la surface de l'ovaire (fig. 174 et 175). La partie centrale de la cavité de la vésicule de Graaf est remplie de liquide albumineux. Ovule. — L'ovule est contenu dans le cumulus proliger.
Fig. 175. — L'œuf ovarien dans la vésicule
de Graaf.
1, tunique péritonéale de l'ovaire ; 2, tunique fibreuse de l'ovaire ; 3, parenchyme ovigène ou couche corticale de l'ovaire ; 4, enveloppe conjonctive et 5, couche réticulée lymphatique* de l'ovisac ; 6, membrane granuleuse ; 7, disque ou cumulus proliger ; S, ovule (membrane vitelline ou zone claire, vitelius et noyau) ; 9, cavité de l'ovisac remplie de liquide ; 10, vaisseaux de l'ovisac.