TISSU CARTILAGINEUX ET OSSEUX
Nous les réunissons à cause de leur proche parenté.
Caractères physiques du tissu cartilagineux. — Le Cartilage est un tissu résistant, criant sous le couteau, mais se laissant facilement entamer, assez élastique; à la coupe, il est d'un blanc bleuté. Il recouvre les extrémités des os ; c'est lui qui donne cet aspect nacré aux surfaces articulaires des os frais.
Constitution auatomique. — Il se compose de deux parties : d'une substance fondamentale, transparente, ferme, creusée de godets appelés lacunes du cartilage ou chondrop/astes. Dans ces godets sont les cellules cartilagineuses ; il y a, en général, une lacune pour chaque cellule.
VARIÉTÉS Cartilage hyalin. — Le
cartilage, à l'état de pureté , s'appelle cartilage hyalin.
Fibro-cartilage. — Dans la substance fondamentale peuvent s'ajouter d'autres éléments. Ainsi, il peut y avoir des fibres du tissu fibreux (déjà étudié). Le cartilage alors est plus résistant. Dans ce cas il porte le nom de fibro-cartilage. Exemple : le cartilage de la symphyse pubienne.
S'il s'y mêle en notable quantité des fibres élastiques, on a un cartilage fibre— élastique ou élastique.
Transformation du tissu cartilagineux en tissu osseux.
— Dans la substance fondamentale, peuvent se déposer des
Fig. 2. — Cette figure représente une coupe de cartilage hyalin, dont les capsules ont été ouvertes, coupées par le rasoir, et dont on aperçoit la tranche. Dans cette figure le cartilage est en voie de multiplication : c figure la suhstance ou protoplasme de la cellule cartilagineuse ; b son noyau et a un noyau dans le noyau lui-même ou nucléole; d marque' le contour des capsules cartilagineuses primitive et secondaire.
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grains de sels calcaires, ses cellules peuvent subir des modifications et il y a transformation du tissu cartilagineux en tissu osseux. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans les os des membres. La démonstration est facile à faire. Si on prend un os comme l'humérus (os du bras), et qu'on le plonge dans un acide affaibli, étendu d'eau comme de l'acide chlorhydrique, au bout d'un certain temps, cet os qui était rigide comme une barre de bois, se présente comme un corps mou qui, à l'œil nu, ne diffère en rien du frai cartilage. Cette transformation est due à la disparition des sels calcaires, carbonates et phosphates qu'on pourrait appeler d'un nom qui peint bien leur rôle dans le cas particulier, sels pierreux. Cette disparition des sels de chaux se voit dans le rachitisme et dans une maladie qui frappe quelquefois la femme enceinte, Yostéomalacie. et alors les os devenus presque cartilagineux cèdent, se tordent, d'où des déformations particulièrement sensibles sur le bassin.
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Caractères physiques» — Le tissu osseux forme le squelette, c'est-à-dire la charpente du corps. Il est blanc, dur, résistant, mais cassant. Sa résistance atteint son maximum chez l'adulte; elle diminue chez le vieillard, dont les os sont plus fragiles. Chez l'enfant, il est moins sujet à se briser, et il l'est d'autant moins qu'on se rapproche davantage de la naissance. Cela tient à ce qu'il participe encore des qualités d'élasticité du tissu aux dépens duquel il s'est formé.
Constitution. — Le tissu osseux possède une trame fondamentale constituée par du tissu fibreux dense, disposé en couches concentriques à la manière des pelures d'un oignon dans les os longs, comme l'humérus, par exemple : cette trame s'infiltre de sels calcaires, se pétrifie, par l'apport surtout de carbonates et de phosphates de chaux.
Aspect à la coupe. — Quand on fait une coupe transver-
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sale sur un os comme l'humérus, le fémur, on voit que le tissu de cet os est percé d'une grande quantité de trous, orifices d'autant de canaux, qu'on voit en coupant l'os en long (fig. 3) et qui portent le nom de canaux de Havers. Autour de ces ouvertures arrondies sont disposées, en cercle, des lacunes avec des prolongements creux, qui se rendent dans le canal de Havers. Ce ^ÉPH sont les ostéoplastes (fig. 4, a, b). Dans ces lacunes sont des cellules nommées ostéoblastes.
Chaque os est entouré d'une membrane, nommée périoste, ce qui veut dire membrane placée autour de l'os.
et qui lui forme un manchon.
Les cavités du tissu osseux sont remplies d'une substance blanc rose en général, jaunâtre chez le vieil animal, qu'on nomme moelle osseuse. Elle pénètre partout :
on en trouve jusqu'à la face profonde du périoste. La cellule caractéristique de la moelle est appelée médullocèle.
Vaisseaux, nerfs. — Dans le tissu osseux, il y a des vaisseaux et des nerfs qui passent dans les canaux de Havers.
Variétés. — Voilà la structure du tissu osseux en géné-
Fig. 3. — Cette figure d'ensemble représente une coupe traasuersate et une coupe suivant la longueur d"une portion d'os long. Sur la tranche on voit les orifices des canaux de Havers (6), et tout autour la disposition des couches en pelures d'oignon. Sur la coupe en long on aperçoit les canaux ouverts (a.) ressemblant aux galeries de vers dans du bois et qui aboutissent aux trous de la tranche. Les petits points noirs c) ressemblant sur la figure à de petites fourmis, sont les cellules osseuses disposées tout autour des canaux.
Kl
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rai. Mais il présente des modifications dans sa texture,
c'est-à-dire dans l'arrangement des différentes parties qui le composent.
Tissu à canaux de
Havers. — Dans un cas, tons les canaux de Ha-
O&teoplastes. . , , , .
vers viennent aboutir a un grand canal central, autour duquel ils sont rangés, de sorte que, lorsqu'on ouvre ce canal, on le trouve percé
Fi£Ç.
Fig. 5. — Corpuscules osseux.
Dans la figure 4 on voit les ostéoplastes au milieu de la substance osseuse avec leurs ramifications représentées par les petits traits noirs qui en rayonnent. Les lignes longitudinales indiquent les lamelles du tissu osseux.
Dans la figure 5, les corpuscules osseux ont été isolés, et on voit très nettement leur disposition avec les canaux qui en partent et les unissent entre eux.
d'une infinité de petits trous, orifices des canaux de Havers. Ce grand canal collecteur, qui reçoit tous les autres et qui
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joue, vis-à-vis des canaux de Havers, le rôle que ceux-ci jouaient vis-à-vis des canalicules osseux des ostéoplastes, est, comme ses affluents, rempli de moelle. Ce canal, véritable canal de Havers monstre, porte le nom de canal médullaire. C'est le tissu osseux à systèmes de Havers.
Tissu à aréoles ou spougienx. — Dans un autre cas, les canalicules de Havers n'aboutissent pas à un canal central, on ne voit que leurs canaux se croisant en tous sens, plus ou moins rapprochés les uns des autres, dilatés, formant des cavités aréolaires plus ou moins larges, c'est le tissu osseux spongieux (ressemblant à une éponge).
Les os considérés en particulier, sont tous formés des deux ou de l'une de ces deux variétés de tissus osseux : d'où, la division des os en deux grandes clasç
1° Os à canal 1K dlaire ou os longs : le fémur (os 9 la cuisse), l'humérus (os du bras), etc.
2° Os à cavités are o leur es ou à tissus spongieux subdivisés euxmêmes en os courts : os du pied, de la main, les vertèbres, etc., et os plats: les côtes, les os du crâne, les os iliaques, l'omoplate (fig. 7), etc.
Os médullaires ou lougs. — Les
06' longs ne sont pas exclusivement formés de tissu à systèmes de Havers. Le canal médullaire n'existe que dans la partie moyenne de l'os, nommée diapkyse. Les deux extrémités, nommées épiphyses, sont constituées par du tissu spongieux (fig. 6 et 9).
Fig. 6. — Humérus (type d'os long).
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Os aréolaires. — Dans les os à cavités aréolaires ou spongieux, il y a deux parties. La partie la plus superficielle de l'os est d'un tissu à aréoles plus petites, plus denses, qui forme comme une croûte à l'os. La croûte des os courts est mince relativement au volume de l'os; au contraire.
Fig. T. — Omoplate (type d'os plat).
dans les os plats, sa place est considérable et forme parfois presque toute l'épaisseur de l'os.
Trou nourriciero — Les os présentent sur une de leurs faces un trou assez gros pour l'entrée d'une artère dite artère nourricière; par là aussi pénètrent des nerfs. Ce trou porte le nom de trou nourricier.