CHAPITRE X
troisième bouclé , lorsque la courbe ou l’enroulement n’est manifeste qu’à l’extrémité ; le quatrième frisé, lorsque les tours de spire sont bien accusés, forment des anneaux successifs, assez larges, d’un centimètre de diamètre ou plus ; et le cinquième crépu ou laineux , lorsque les anneaux sont nombreux, étroits, bien roulés et s’accrochent les uns aux autres, formant des touffes ou rouleaux, le tout rappelant un peu la laine de mouton.
Mais ces divisions vraies et excellentes, lorsqu’on s’arrête aux types qui les représentent, s’affaiblissent en présence des faits. Du cheveu rectiligne parfait au cheveu le plus laineux, à tours de spires très étroits, se présentent une foule de degrés qu’on réduit à volonté à 5, 10 ou 20 échantillons, comme une gamme de couleur dans laquelle, s’il est facile de détacher de distance en distance des types contrastant suffisamment, on ne voit pas de différence sensible entre deux échantillons voisins. En cela le cheveu est comme tous les organes du corps, comme tous les caractères morphologiques; les caractères qu’il donne passent de l’un à l’autre. Nos divisions de caractères, de types, de races sont dans notre esprit et non dans la nature. Le cheveu rigoureusement rectiligne est lui-même un idéal; la chevelure la plus droite offre quelques ondulations, comme les crins de la queue du cheval.
Les Instructions de la Société d’anthropologie de Londres étaient donc fondées à réduire les cinq groupes sans ligne de démarcation cidessus en trois : deux extrêmes, qui sont incontestables, et un intermédiaire. 11 m’a paru cependant qu’on doit en admettre un quatrième pour les cheveux frisés. De même qu’il y a le type ondé ou ondulé, qui se rapproche du type droit, il y a le type frisé qui se rapproche du type laineux; le trait est au milieu de la série des quatre. Ainsi l’Australien, en moyenne, a les cheveux non pas droits, comme on le répète, ni ondulés, il ne les a pas davantage laineux, c’est l’épithète de frisé qui lui convient (voir PL II, fig. 3 et 4). Cette impossibilité d’établir des lignes de démarcation absolues entre les quatre types que nous admettons pour les besoins de la pratique, se retrouve dans les caractères parallèles que donne l’examen microscopique, ce qui ne saurait étonner davantage.
Forme de chereu. — Heusinger, le premier, en 1822, examina les cheveux de nègre et reconnut que leur forme était elliptique. Weber, en 1826, soumit les differentes sortes de cheveux à une coupe transversale j méthodique et conclut que leur forme est ronde lorsqu’ils ne bouclent pas, } et elliptique dans ce cas ; il prétendait qu’alors le diamètre minimum peut j descendre à 33 et 16 pour 100 du plus grand. Henle, vers 1843, fait l’histoire très détaillée du poil, et soutient que la frisure dépend de sa forme ! et que plus les cheveux sont plats plus ils s’enroulent. En 1853, Brown, de Philadelphie, publie dans l’ouvrage de Schoolcraft la mesure de nombreux cheveux de toutes races, il admet aussi que l’enroulement en spirale résulte de la forme aplatie, et que chez l’homme les cheveux lisses sont